lundi 31 octobre 2011

Ça se rapproche !



Vous vous souvenez de mon auto-tag ? Allez, un petit bilan avant l'échéance... Et des commentaires !

En rouge, ce qui risque fort de ne pas être réalisé // En vert, ce que j'ai fait
Aller en Toscane
Comme tous les voyages de la liste en fait...
Mettre des lustres et appliques partout dans la maison
Déménagement oblige, ici tout est équipé.
Acheter au moins 3 paires de chaussures
En fait, j'en ai acheté deux seulement, mais j'ai retrouvé 4 paires impeccables, presque pas portées. C'est pareil non ?
Reprendre des cours de dessin
Faut y croire, ouaip, mais avant février 2012... hum....
Accrocher des rideaux à toutes mes fenêtres
Là encore, petit arrangement : il en manque à la cuisine, et dans la chambre de la zazoune
Bronzer
Yep ! J'étais trop belle !! Arf, c'est juste que ça part vite, quand même !
Acheter un robot Kitchen Aid
A moins de gagner au Loto... Et un Thermomix aussi, au fait !
Vendre mes couffins et berceaux
Repeindre ma salle de bains
Jeter les vieux vêtements que je traîne depuis 20 ans
Graver des compilations de musique
Aller voir le Sahara en vrai
Voir commentaire 6 lignes plus haut : commence par Lo et finit par to
Retenter la pâte à choux
Installer un bureau et un atelier dignes de ce nom
Bureau dans le couloir de l'entrée, fonctionnel en plus, et atelier de 9 m², youpi !
Apprendre l’italien
Me remettre à la pâte Fimo
Aller voir Marie-Pierre, mon amie d’enfance
Acheter un lecteur MP3
Terminer l’installation de ma cuisine
Aller chez le coiffeur (me tondre la tête ? ça me tente vraiment …)
Bon, la tête rasée, c'était le fun, surtout pour moi, les autres n'ont pas du tout apprécié ! Là, faut que je coupe tout, question de survie du tif. Et de mon moral.
Tout cassée la Marguerite, apu, morte et enterrée... Marguerite est morte, vive Lili ! A réparer aussi d'ailleurs... Décidément !
Retourner en Guadeloupe (en vacances seulement)
Euh... Lo ? To ?
Fabriquer mon lit des mille et une nuits
Acheter un décodeur TNT
Et vive l'ADSL !! Manque plus que l'écran plat géant, irait parfaitement sur ce mur, là, tu vois ?
Publier mon (mes ?) roman(s)
Yououhouhou !!! Triple danse de l'orteil droit ! Suis en train de continuer le number Two.
Terminer la chambre de la Zazounette
Jouer au dîner presque parfait avec les copines (pas à la télé hein)
Me vernir les ongles
Accrocher mes deux salamandres porte-CD
Visiter Pompéi
T... L....O....O....
Acheter de nouveaux vêtements
Et même m'en fabriquer ! Ben tiens !!
Apprendre l’aquarelle
Me procurer une machine à pain
Commencer une psychanalyse
La poursuivre surtout : bon, bientôt je reprends rendez-vous.
Terminer le meuble de rangement du salon
Acheter un réveil lecteur de CD
Planter des fraisiers
Classer toute la paperasse de la maison
Et hop : nouvelle danse de l'orteil (à gauche ce coup-ci). Sept sacs pleins, vidés, triés...
Me remettre à cuisiner
Miaoum : j'ai faim !
Suivre la formation Échelle de Brazelton en Suisse
Plus possible apparemment, snif. Dommage.
Fabriquer un meuble en carton
Acheter un poupon de collection (reborn)
Trop cher pour l'instant. Mais plus tard...
Apprendre à lire à mon petit-fils
Déplacer le frigo
Et le monter par l'escalier. Ouf !
Acheter une perruque
Vider la petite pièce de tous ses cartons
Ça a été le plus long du déménagement. A la fin, on a tout entassé à la chaîne sous l'escalier derrière. Reste à faire les navettes à la déchetterie...
Demander une carte d’identité
Grâce à Soeurette, j'ai renouvelé mon passeport au début de cette année.
Retourner au Futuroscope
Visite un peu décevante, toutes les attractions étaient si bondées qu'on n'a pu en faire que très peu. Mais tant pis : moment extra avec les enfants !
Acheter un nouvel ordinateur (avec écran plat)
Avec la prime en avril dernier, j'ai acheté mon nouvel ami, Abdel-Aziz : un portable dernier cri de la marque Asus. Moi qui étais anti-portable !!
Aller nager dans la mer régulièrement
Défi débile de ce mois d'août : se baigner tous les jours avant le 22 ! On y est allé 15 fois quand même....
Archiver tous mes documents école
Faire de l’aviron
Trop d'investissement financier encore. L'année prochaine ..?!
Photographier mes enfants
Aaah *soupir* : de magnifiques souvenirs. J'aime !!
Coller la frise bleue étoiles dans la chambre rouge
Faire un bilan santé complet
Organiser des soirées Jeux de société
Le Scrabble n'a pas chômé depuis Noël dernier ! On y a converti plein de gensss, en plus.
Rempoter le cerisier de mon petit-fils
Épargner
Décorer la chambre Nounours
Aller au Planétarium
Faire un tableau au point compté
Installer le Home Cinema offert par mon fils
Dégivrer mon congélateur
Ah, encore un fidèle ami tombé en route... Dégivré et donné dans la foulée. Avec le vieux lave-linge qui n'essorait plus.
Fabriquer une table de salle à manger et son banc
La table est là, solide, massive, achetée 50 euros à la brocante. Manquent les bancs...
Tricoter (n’importe quoi, mais le finir)
Alors, nous avons : un bonnet turquoise-chocolat trop petit, un plaid de 6 carrés sur 24, un autre de 1 carré sur 30, et une écharpe en maille anglaise aux 2/3. Mais j'ai fini le bonnet !
Essayer le métal repoussé
Un chouette éléphant à coller sur une carte, pas mal, très joli même. A refaire.
Me faire refaire les dents
Humpfff..... Voyons.... Bah non.
Faire un [peux pas dévoiler la surprise] pour la 1e Fête des Mères de ma fille
Pas tout à fait fini, en réalité, mais c'est l'intention qui compte, non ?
Accrocher des tableaux sur mes murs
Aller au resto indien
Hmmm, miam, je VEUX y retourner !
Prendre une mutuelle-santé
Oulà, sacrée étape ! la suivante : réclamer une carte Vitale...
Repeindre mes volets
Les nouveaux sont très bien comme ça !
Ouvrir une ou deux micro-crèches
Emmener la Zazounette à la neige
M’offrir des boucles d’oreilles et des bracelets
Passer trois jours à Port Aventura
Toute façon, fait pas assez beau !
Me débarrasser des vieux meubles qui m’encombrent
Et zou, vive Emmaüs !
Accrocher l’étagère pour les outils
Perdre au moins 10 kilos
Voici le raisonnement : ça fait 5 ans maintenant que je fais ce poids, à 3/4 kilos près (merci les hormones-yoyo chaque mois...) c'est que ça doit être mon poids de forme non ? Non ??
Changer le verrou de la porte d’entrée
Et changer de porte d'entrée, carrément.
Acheter une clé USB
Faire un don de plaquettes et/ou de moelle osseuse (si je peux)
Remonter le Canal du Midi depuis Toulouse en vélo avec Monique
Hum. C'est pû la saison tfasson...
Construire et meubler une deuxième maison de poupées
Poser les adhésifs (offerts en 2006) dans mes toilettes
Me fabriquer un sac à main (et l’utiliser !)
Me tatouer le creux de la nuque
Aïe. Toujours aussi peur d'avoir mal.
Essayer de faire des œufs à la neige
Acheter un appareil photo numérique
Fiston m'a donné le sien, et je l'utilise chaque semaine. Bonheur !
Customiser mes 4 chaises
Faire des pique-niques avec ma famille
Plaisir simple, bonheur retrouvé.
Réparer le trou du plafond de ma chambre
Ben l'a qu'à se le mettre où je pense, son trou ! Avec ce qu'elle m'a retenu sur la caution... Vieille bique !
Visiter l’abbaye de Moissac (et retourner à Fontfroide)
Essai peu concluant. Et celles du commerce ne sont pas si mal après tout...
Faire établir les plans de « ma grande maison » par un architecte
Allez. Bientôt. Hum.
Offrir son voyage en Écosse à ma grande
Finalement, on attend qu'elle puisse y emmener son fils avec elle. Ça m'arrange !
Trouver (et manger !) des pralines roses
Mioum. Trop bon !
M’offrir une séance de massage ou même carrément un séjour en thalasso
Me lancer dans le belly casting : moulage de ventres de femmes enceintes

La flemme de compter. Mais il me reste encore un bon paquet de lignes à mettre en vert, il me semble.
C'est fou comme ça passe vite !

samedi 22 octobre 2011

Pispasse ?*


Lili (NDLR : le machin blanc tout cabossé et à bout de souffle euh de cardan qui est garé devant la maison) Lili donc, malgré tous ses défauts, est un carrosse équipé des dernières fonctionnalités disponibles sur le marché. A savoir :
- un auto-radio..... l'antenne n'est pas très bien branchée je suppose, car on ne capte pas très bien, une seule station dispo (comptines enfantines, by the fact) et audible seulement certains jours
- un GPS..... fonction unique, il se contente de répéter : "Mais ?? C'est quoi cette route ?? c'est pas la bonne route !!? Mais ??"  Pendant deux mois j'ai essayé la version gratuite d'évaluation, qui disait : "Hey ! On va à la plage ?" quand on passait par un certain rond-point (qui, il est vrai, POUVAIT mener à la plage...) mais depuis qu'on a remis les pulls, c'est une version expirée.
- un détecteur de ceinture non bouclée..... Gadget très fun, une petite voix flûtée qui dit très innocemment : "Et Tatys elle s'attache pas ?" Effet immédiat.
- un régulateur de vitesse.... Pas très bien réglé je pense, il se déclenche lorsque le vent s'engouffre un peu fort par la vitre cassée (non, je ne l'ai pas encore fait remplacer) et on entend : "On roule vite un peu, là ?? Hein ? C'est vite !"
- un programme d'entraînement intellectuel innovant, qui débute par "On joue aux animaux ?" et vous oblige à citer environ un milliard de noms d'animaux pour gagner contre l'ordi, qui en connaît environ deux milliards, de la méduse à l'abeille, en passant par l'ours et le requin - existe aussi en version "On joue à FlashMcQueen ?", mais là, j'ai jamais dépassé les 5 sur 40...

Toutes ces fonctionnalités s'ajoutent à un lecteur DVD (Dans Votre Devant !) performant, sous-titrage compris, qui nomme tous (oui, TOUS !) les véhicules urbains qu'on peut croiser : "Les pompiers ! La police ! L'ambulance ! Le taxi ! L'auto-école ! Le bus ! Le camion ! Le tracteur !" (liste exhaustive, depuis qu'il ignore royalement les motos, les vélos, et les voitures - surtout les voitures bleues) ainsi qu'à la fonction censure automatique des gros mots, sous peine de répétition instantanée et illimitée. Et que dire du coach sportif personnalisé, "Non, on va à l'école A PIED Mémène !!". 

Chaque voyage nous permet de découvrir un peu plus ces merveilles de technologies embarquées. Je m'éclate ! Ha ha !

*Traduction d'un titre un peu mystérieux pour l'estranger : Qu'est-ce qui se passe ??

mardi 18 octobre 2011

Bout de ficelle

Tout au-dessus de la grand ville
Je me balade sur un fil
Moi funambule promeneur du ciel

Comment on sait, quand on se retourne dans son lit tout endormi, que là tout au bord on pourrait tomber si on y allait ?
Pourquoi la terreur fait battre mon coeur au même rythme qu'un coup d'amour ?
J'ai peur de tomber. J'ai peur d'aimer enfin ma vie.
Je vis.

Je suis bien là-haut
Sous le chapiteau
Des étoiles et du soleil

Je suis saisie tout à coup de ce sentiment vertigineux d'un bien-être, d'un bonheur intense et inouï, là, maintenant, juste ici et maintenant : je me sens bien.
Et la vie reprend son cours comme si de rien n'était, d'un battement d'aile le papillon s'envole, emportant plus loin son arc-en-ciel improbable, merveilleux, capricieux.

Je me fous du temps
Je me fous du vent
Qui bouscule mon sommeil

Plusieurs fois ce mois-ci, des gens "d'avant" m'ont demandé ce que je devenais.
J'ai dû répondre à de nombreuses reprises, dire que j'avais démissionné (et affronter leurs expressions horrifiées), que je me lançais dans la couture (et les bouches se tordent, n'importe quoi, elle est folle je l'ai toujours pensé) et que j'espérais bien finir par ouvrir une crèche (quelle pitié ! éloignons-nous c'est peut-être contagieux)
J'ai dû plusieurs fois serrer les poings en silence, me durcir, me protéger devant le flot de commisération et d'incrédulité qui noyait alors les visages, les sourires, jusqu'à ce petit pas en arrière, sur un hypocrite "Oh c'est bien, il faut oser, vous avez bien fait..."
Je l'ai fait.

Je sais depuis que je suis né
Que je vais me casser le nez
Je sais que seuls les fous et les oiseaux
Ont des ailes dans le dos

Pourquoi certaines personnes vous laissent cette sensation d'appartenir au même clan, à la même tribu farouche et spéciale ?
Je te reconnais, tu es comme moi, tes larmes et tes éclats de rire sont les miens, je suis comme une partie de toi, nos rêves sont les mêmes, ton courage, mon espoir, notre force.
Tu existes et je peux respirer.

Dis-moi comment tu fais pour voler
Toi le voisin du Paradis

Je sais que je vais y arriver, je suis sûre que j'ai pris la bonne décision, pour moi, à ce moment-là, c'était et ça reste la meilleure de toutes celles qui s'offraient à moi.
Et pourtant, c'est si dur, souvent, si lourd à porter, si encombrant !

Je voudrais tant m'évader
De cette peau qui n'est plus rien
Souvent qu'une peau de chagrin

J'ai choisi ma direction, les autres routes serpentent à côté ou disparaissent, peu m'importe en réalité.
Je me retourne et je pense : "Plus jamais ça !"
Les pierres du chemin s'entrechoquent sur ma paume, et je les regarde sauter les unes et les autres, et je les écoute se heurter, retomber, et je pense : "Non, plus jamais..."
J'avance.

vendredi 7 octobre 2011

Vu de la Province


Une bonne grosse dose de rire...
Ça peut pas faire de mal...

jeudi 6 octobre 2011

Alice

J'ai mes règles des yeux.
Comme celle d'en bas, elles reviennent régulièrement, et je coule, je coule, sans rien contrôler.
Voilà.
Des fois ça fait mal, des fois c'est juste embarrassant. 
Des fois ça dure des plombes, d'autres fois c'est à peine une larmichette, déjà évaporée.
Je pleure.
C'est une histoire d'hormones.
Sûrement. 

Et sinon ?
Ça va, toi ?
Oui.

J'ai des problèmes d'argent.
Le loyer.
Les impôts.

Des rentrées qui ne rentrent pas, ou alors juste le bout de l'orteil.
L'arnaque du contrat saisonnier de la crèche, censé être mieux payé. 
-450 euros
La proprio (l'ancienne) qui ne m'a rendu que 60% de la caution. 
-440 euros
Les allocs logement de la CAF, dossier toujours en cours d'étude. 
-960 euros
L'IA qui n'a toujours pas complété mon dossier chômage. Et donc pas de calcul possible de Pôle Emploi.

Et les clients qui veulent payer en plusieurs fois.
La séance de dédicace sans un seul lecteur.
Les petites annonces que personne ne consulte.
La brocante où personne ne vient.

J'ai fait une demande de crédit fin août.
"On ne sait jamais, m'étais-je dit, imagine que tu n'aies pas les sous que tu attends..."
Hin hin.
Étude du dossier, délai de rétractation, en comptant large, je passais mon anniversaire l'esprit zen.
MAIS.
Y a toujours un Mais.
Ne voyant pas le virement, j'appelle.
"On vous a renvoyé une offre préalable à signer, car la précédente ne l'est pas, et il nous faut votre acte de divorce. Et la photocopie du passeport est illisible."
Soit.
Si tu le dis.
Courrier joint : "Signature à apposer, conforme à celle de la pièce d'identité."
Je remplis.
Je relis.
Je signe.
A l'envers.
Par rapport à mon passeport, ma signature est tout bonnement inversée.
En miroir.

Bien sûr, j'appelle, catastrophée, et bien sûr, ils répondent : "On vous en fait parvenir une nouvelle..."

Hurlement de la bête traquée au fond du bois.
Et retour de mes règles de mes yeux.
Deux fois en un mois.
Comme celles d'en bas : détraquées par le stress ?

Mon père m'a envoyé un chèque pour mon anniversaire : merci Papa, ça tombe pile poil !
Ma soeur m'a avancé sur le crédit : merci petite soeur, c'est bon de te savoir près de moi.
Ma mère m'a avancé le reste : merci Maman, heureusement que tu es là !
J'ai remis la main sur le chèque de ma lectrice bretonne : merci nonole, là aussi timing parfait !
Et cet après-midi, j'ai passé un entretien d'embauche pour une crèche privée.
95% de chances qu'ils rappellent demain.
Début du remplacement : 24 octobre.

Tiens ?
Je me remets à pleurer.
Et sinon ?
Ça va, toi ?

samedi 24 septembre 2011

Comptine



- Toc toc toc, Monsieur Pouce, es-tu là ?
- Chut, je dors !

Un curieux mélange d'abattement, sombre et lourd, et de tornade infernale, infinie, inépuisable... jusqu'à l'épuisement.
Mes journées sont rythmées par cette alternance incompréhensible, je cours jusqu'à la pharmacie du coin de l'avenue, déjà fermée, je rebondis jusqu'à l'école, 800 mètres plus loin, et la croix verte me fait un clin d'oeil chaleureux, je rentre maintenant d'un pas tranquille, les quelques gouttes de cette averse qui traîne scintillent dans le crépuscule, c'est l'automne déjà, je souris à toutes ces familles qui ne me regardent pas, pressées, entraînées, toutes au repas qui s'annonce, moi je pense encore aux crêpes du goûter, les grains de sucre éparpillés sur la table, Mike Brant, les volets baissés : on venait juste de se lever... L'arbre du bout de ma rue, la forêt dit Maxence, les portières des visiteurs qui claquent sur les au-revoirs, à bientôt, merci d'être venus, rentrez bien, c'était bien, et voilà mon portail, une fenêtre s'ouvre là-haut, "c'était fermé ? - oui, j'ai dû aller à celle de l'école...", et tout à coup je suis incapable d'affronter l'escalier. Le temps de retrouver mon souffle, de calmer les battements irréguliers de mon coeur furieux, le temps d'éloigner le vertige qui monte, d'éteindre le sifflement à mes oreilles, juste le temps de m'asseoir, de m'allonger, écrasée en quelques secondes par une tornade hurlante qui s'éteint déjà, j'ai chaud, je tremble de froid, attends, ne pleure pas, ça va passer.
Les pas du petit bonhomme à ma recherche résonnent dans le couloir.

- Toc toc toc monsieur Pouce, es-tu là ?
- Oui, je sors !

jeudi 22 septembre 2011

Sortie Ouest

Il vous faudra peut-être le GPS pour m'y retrouver...

Ma première séance de dédicace tout public, brrr, c'est samedi 24 septembre, de 10h à 12h, dans le cadre des Chapiteaux du Livre à Bayssan (34).

Vous me reconnaîtrez, je suis derrière le Répertoire !


vendredi 16 septembre 2011

Mode Zzzzz enclenché

Nuit blanche, cernes noirs, idées brouillard.

C'est mon anniversaire, et ça fait bien cinq jours que je pense à un billet spécial, mais là........

Demain...

dimanche 11 septembre 2011

YouTube, Popov et toi

Me voilà désormais contrainte et forcée de l'admettre : l'hérédité familiale est lourde, très lourde, et chaque jour qui passe m'apporte la preuve qu'en donnant la vie, j'ai aussi, malheur, transmis les gènes de la Foldinguerie...

Or donc, nous voici face à un cas d'école : l'immobilisation forcée sur un lit toute la journée peut-elle donner lieu à une dégénérescence accélérée des neurones liés à l'intelligence ?
Je me pose la question.

Mardi, le Dr Popov découpera le plâtre de la Zazounette. Trouvera-t-il dessous sa Raison, qui semble l'avoir quittée ces derniers jours ?

YouTube est ton ami.

J'ai peur.


samedi 10 septembre 2011

Le sens de la vie...

... c'est aussi simple que ça !
Bah oui, finalement, c'est quoi le bonheur ?

A 3 ans, c'est de ne pas faire dans sa culotte.

A 6 ans, c'est d'avoir de nouvelles dents.

A 12 ans, c'est d'avoir plein d'amis.

A 18 ans, c'est d'avoir son permis de conduire.

A 25 ans, c'est de bien faire l'amour.

A 40 ans, c'est d'avoir de l'argent.

A 50 ans, c'est d'avoir de l'argent.

A 65 ans, c'est de faire l'amour encore.

A 75 ans, c'est de continuer à conduire.

A 80 ans, c'est d'avoir toujours des amis.

A 85 ans, c'est d'avoir gardé une dent.

A 90 ans, c'est de ne pas faire dans sa culotte.


C'est bientôt mon anniversaire. J'suis pile entre 40 et 50.
;o)

lundi 5 septembre 2011

On y est

Il a commencé l'école ce matin. Ne veut pas y retourner demain. Sauf si "Kéfani, la mékès", elle le laisse jouer encore avec le camion de pompiers. Et l'ambulance. Et les outils de Manny. Mais comment ça se fait qu'à la maison, il joue tout autant avec les bébés, la dînette, la poussette, son sac rose et les longs colliers qu'il enfile perle après perle, et dehors, pfiuuut, c'est juste un gars un vrai, un macho qui parle voiture et bricolage ?

Il parle de mieux en mieux. De plus en plus. Ce qui donne, dans une salle d'attente branchée sur ses bavardages "trop meugnons qu'il est meugnon ce petit !" :
- C'est à nous Maman ? Non ? C'est à la mamie alors ? Hein maman, c'est à la mamie là ? Là, regarde Maman, c'est à la mamie ? Non Maman, ne regarde pas tes pieds en rougissant, ne réponds pas "c'est à personne, chut", ne suis pas son petit doigt pointé sur la dame en face qui affiche à peine 45 ans au compteur avec sa petite de 10 ans, et son air crevé sous ses cheveux en vrac, presque gris c'est vrai mais bon...
Ou bien (même salle, même public, même joueur joue encore...) :
- Dessine-moi un clown... Dessine-moi un bébé... un camion de pompier... un caca... Oups ! Non mon coeur, les cacas ça ne se dessine pas, c'est dans les toilettes... Bon ben dessine-moi des toilettes... et là (plouf montre l'eau dans la cuvette) fais un caca !

Il utilise sans arrêt le Je, le Toi, le mien, le tien, le C'est à moi ça !, le C'est mon tour !... Surtout le C'est à moi ça ! et le D'abord c'est mon tour !, quand j'y réfléchis. Même quand ce n'est pas son tour. Surtout quand ce n'est pas à lui.

Il dessine des nom'édames, des kiounes, des bayeines, il commence à tracer des maisons aux chapeaux ronds, et il se dessine des bobos sur les jambes en pleurnichant Aïe... un bissou, iite !

Il invente des chansons qu'il accompagne avec sa petite guitare en plastique rouge, les yeux fermés, la tête qui balance. Il raconte aussi de terribles histoires de popomes qui l'attrapent, de payates qui habitent en face, dans le château, de monks qui grognent et de méssants qui lui courent après. Et d'entendre sa petite voix se transformer pour les inviter, tous ces fantômes, pirates, et monstres, ben franchement, des fois, ça file quand même un peu les chocottes....

Il enfile son slip avec la ceinture sur le côté, et dandine des fesses en hurlant "T'as vu mon zizi ?" Oui, effectivement, je l'ai bien vu ton zizi, disons qu'il dépasse un peu beaucoup par le mauvais trou...

Il me lance "Je suis content de te voir, toi !" quand il revient des quinze jours de vacances passées chez son père.

Et je fonds.

Bientôt 3 ans.

Ça promet !

mercredi 31 août 2011

Et le pout-pout est toujours bleu

La semaine dernière, nous sortons faire les courses en vitesse, entre deux averses. En levant la tête, merveilleuse surprise : un double arc-en-ciel enjambe le château des pirates (nos voisins d'en face, pour Maxence)
Pour faire un arc-en-ciel, il faut de la pluie et du soleil, en même temps. Pour traverser la vie il faut affronter les chagrins et les soucis, le sourire en bandoulière, et même si c'est vraiment débile, ne vous privez pas d'un bon fou-rire : c'est gratuit, ça fait du bien, il paraît que c'est bon pour la santé.

Festival Open de mes dernières trouvailles (mettez le mode vidéo-ON et le son à fond, regardez-moi m'étouffer de rire avant même la fin de la blague, c'est-ça-qui-est-bon !)

- C'est une feuille qui tombe dans la piscine, et elle crie : Au secours, j'ai pas pied !!

- Qu'est-ce qui est vert et qui fait Meuuuh ? Une vache Kiwi

- C'est un hérisson et une grenouille qui traversent devant une voiture, le hérisson crie Attention ! et la grenouille dit Quoi ?

- Le Petit Poucet, et rien ne sortait....

- Qu'est-ce qu'un cochon content ? Un porc tout gai !

Alors, évidemment, il faut un certain temps pour comprendre la blague, et ensuite vous pouvez secouer la tête de droite à gauche (ou inversement) tout en disant Pfff, n'importe quoi ! Mais surtout, surtout, ne cachez pas ce petit bout de sourire qui grimpe là au coin des lèvres, tout doucement, timidement.
On a des petits soucis, ces temps-ci, plein de corvées, et les aiguilles qui tournent vite. Haut-les-coeurs, on y arrivera ! Rien de bien méchant, après tout le soleil se lève chaque jour.

Mon fou-rire perso du moment : c'est un type, il rentre dans un bar en disant Bonjour ! C'est moi ! Et c'était pas lui !!!!

Cherchez pas, ça ne fait rire que moi.... et ceux qui me regardent, effarés.

mardi 23 août 2011

Encore ??!?

Vi.
Et en plus, cette fois-ci elle l'a fait exprès.
Programmé.

Bon, plus sérieusement : ça y est, c'est fait, elle n'a plus cette excroissance osseuse au pied qui la gênait de plus en plus pour se chausser. Une olive d'1cm sur 1.5cm, premier diagnostic "os naviculaire surnuméraire", puis finalement à l'ouverture, une ossification importante où se rattachait le tendon, direction le labo pour en avoir le coeur net.

Je passe sur les derniers jours à l'ambiance électrique, où l'angoisse de la demoiselle faisait vibrer nos cordes un peu trop sensibles, un peu trop pudiques pour dire simplement : "J'ai peur moi aussi pour toi, je ne veux pas te voir souffrir..."

Hôpital au petit jour, avec la copine d'amour fidèle au poste, et puis l'attente, lente, agaçante, les minutes, et les heures, et le bruit énervant de ces mots inutiles, désoeuvrés, qui ne recouvrent pas tout à fait le vide et l'angoisse.
Elle revient, elle sourit, elle est dans les vaps : un énorme plâtre au bout du lit pour une si petite ouverture ? Elle peine à rapporter ce qu'a dit le toubib, tendons, précaution, accroché ... Je la vois toute chiffonnée, pâle sous son sourire de battante. "Tu as mal ? - Oui..." C'est dit.
La perfusion est toute pliée, pleine de sang, où est la couverture, replace l'oreiller, les boutons pour redresser le lit... A nouveau des mots pour remplir l'espace, en rangs bien serrés, utiles, efficaces, barrière dérisoire, rempart pitoyable. Le petit flacon de paracétamol ne décrispe pas sa mâchoire, serrée sur sa souffrance solitaire. Je ne peux rien faire.

Voici le chirurgien. Son crâne chauve d'espion russe s'est adouci de quelques millimètres de cheveux bruns, ras, doux, qui m'hypnotisent autant que ses explications patientes, rassurantes. C'était plus compliqué que prévu, car le tendon était fermement rattaché à cet os à extraire. Il espère ne pas l'avoir trop malmené, a placé "la botte" par sécurité, pour éviter tout mouvement trop précoce. L'os est parti au labo pour analyse, mais pas d'inquiétude, "je suis confiant." Il la tutoie, mime l'opération sur le crochet du mur, la taquine sur ses prochains matches de basket. Et s'en va.

Une accalmie dans les yeux sombres, elle se détend un peu, va bientôt manger, dormir... J'en profite pour m'enfuir. Des coups de téléphone, la CAF et la sous-préfecture, une poignée de chips, les yeux qui piquent. Il faut y retourner.
Il est 13h, la douleur remonte comme la marée, recouvrant peu à peu la conversation, noyant les regards. Deux cachets et le silence, pesant, en attendant que reflue la vague immense.
Il est 15h et le couloir s'anime, la chambre résonne de rires fatigués, "je veux rentrer..." et mon coeur se serre devant sa résolution d'oisillon déplumé.

Les couloirs sont franchis allègrement, je file chercher la voiture, elles m'attendent à l'entrée, juste avant le four de la verrière. Évidemment, elle fait un sérieux malaise, est incapable d'avancer. La chaleur est terrible, la voiture semble inaccessible, nos mains entrecroisées sous ses fesses pour la porter glissent peu à peu, le dernier mètre est un effort surhumain.
Enfin la maison, et son dernier obstacle : l'escalier. Franchi lui aussi, il aura raison de mes dernières forces. Je sens les larmes qui me montent aux yeux. Tu ne vas pas craquer maintenant, dis ?

C'était une sacrée journée.

mercredi 3 août 2011

Babacar

Titre débile, air insipide qui me trotte dans la tête : "Où es-tu, où eees-tu ?"

Alors, pour de vrai, où es-tu ? Où en es-tu, plutôt ? Pourquoi tu réponds pas au téléphone ? Kestufous ?

Mois de juillet chargé.
Mais bouclé.

D'abord, la crèche. Tous les jours, plus de 7h de présence, effectifs lourds (la mairie accepte les gamins des vacanciers...) et un temps de trajet qui est passé de 20 mn à près d'une heure, toujours à cause des vacanciers. Deux fois par jour. Je termine le 27.

Ensuite, les apparts à rendre. Celui du bas, il y a 18 jours. Celui du haut, il y a 18 heures. 3 containers de 500L de poubelles, 2 voitures (5 m3) à la déchetterie, 3 locations de petit camion, et environ dix trillions de centaines de billiards d'heures de travail pour remplir, descendre, charger, décharger, repartir. Depuis une semaine j'ai arrêté de ranger au fur et à mesure. Erreur fatale.

Pour finir, le corps qui lâche. Relâche. Toujours discrètes, les anomalies ? Ouaip. Pas assez pour que je les ignore, trop pour mériter que j'en parle au toubib. Que je recommence à fréquenter, flûte. Disons que le gyrophare lance des éclairs furtifs, mais évidents, dans mes nuits de plus en plus courtes. On verra ça à la rentrée...

Donc, résumons : je suis là, je n'ai le temps de rien et c'est déjà demain. Même pour ce billet j'ai dû m'y prendre à deux fois, tsss.
Attendez un peu, j'arrive.

Note de bas de page : Mais pourquoi donc une photo de Pôle Emploi ? Parce que le projet microcrèche est au point mort, et qu'il faut quand même payer le loyer et les courses... So...

samedi 25 juin 2011

"Au revoir les Z'amis !"...

... dit-il en ouvrant la porte.
Il a mis ses chaussures (bon, ok, celles de Tatys...), enfilé une petite laine, quand même, il se fait tard, pris son fidèle compagnon sous le bras... il a fait un petit tour dans la cuisine, histoire de vérifier qu'il ne restait plus rien à manger vraiment, et puis il nous a saluées, grand seigneur, d'un vibrant au revoir qui résonne encore à nos oreilles.
La porte s'est refermée.

Dernières heures de liberté ce week-end : lundi, je reprends le chemin de la crèche, pour deux mois encore. Cette fois-ci, remplaçant les départs en vacances successifs, je naviguerai entre les trois sections (snif...), et je commence par les Moyens (re-snif...).
Haut les coeurs ! J'ai reçu il y a peu une sorte de Table des Dix Commandements pour rendre sa vie plus jolie. Elle commence par la P.P : pensée positive. Cherche chaque fois le bon côté des choses : il y en a toujours (toujours ??) un.
Bon côté des choses : je vais bosser avec Caroline chez les moyens, puis avec Thérèse chez les grands, deux collègues que j'apprécie.

Deux conclusions pour le prix d'une (ah ben on fait les soldes qu'on peut, m'dame...) :
- ma Table dit aussi Souris, même si tu n'en as pas envie, et la vie te sourira
- Petit Bonhomme est resté pétrifié en haut de l'escalier : la Grande Aventure, on verra ça plus tard, quand ses pieds auront suffisamment grandi pour ne pas perdre ses chaussures... (bon ok, ce sont celles de Tatys, mais c'est pareil !)

mardi 21 juin 2011

(Petit) regain de créativité

J'étais en panne depuis mon retour, lundi dernier.
Pas envie, pas le temps, pas l'énergie.
Que des excuses bidon.
Comme d'hab.

Un petit ensemble naissance, blouse et pantalon, en coton frais et bien de saison.
Mais c'est pas parce que c'est tout petit que c'est plus facile, au contraire !
Me manque plus que les ourlets à faire.
Un p'tit point de chausson ?

samedi 18 juin 2011

Ça y est ?

Le début ici
De retour à la maison le mardi, je plonge dans mes cours et autres pages web pour revoir le point de chausson, pour ourler ma jupe demain : drôle d'examen où on laisse rentrer les candidats chez eux, avec l'énoncé des prochaines épreuves...
Nouvelle nuit agitée, je regarde l'heure toutes les heures pour me dire que ce n'est pas l'heure, encore. Et puis ça y est, c'est l'heure ! Je retrouve ma table, mes bouts de tissu, mes épingles, mes compagnes de souffrance. Elles n'ont pas dormi beaucoup plus que moi on dirait.
Je m'y remets. Voyons, coudre la deuxième moitié de la fermeture invisible. Se triturer le neurone pour la placer du bon côté du tissu, déjà. Penser à la remonter, pour vérifier qu'elle ferme. Non. Elle ne ferme pas. Retirer le fil qui s'est pris dedans. Zen. Elle ferme. Mais pas jusqu'en haut. Zen. La décaler vers le bas. Elle ferme. Respire. Épingle. Ouvre. Pique. Referme. Étouffe : elle ne ferme plus ! Zen. Zen. ZEN ! Respire. Retourne le tissu du bon côté. Ferme. Lis la suite, et surtout cette ligne en caractère gras : Pas de décalage au niveau de l'empiècement. Il y a presque 3 cm de décalage. Pleure. Recommence tout.

Il est maintenant 11h. J'ai cousu les plis, les poches, l'empiècement, la fermeture éclair. Il faut rabattre à la main l'empiècement intérieur sur le haut de la jupe. Attends je ne l'ai pas souligné, je suis sûre que tu n'as pas bien lu : A LA MAIN... tout l'empiècement... devant et derrière... et les côtés de la fermeture aussi... soit environ 2.40m de long... Ah je savais bien que tu n'avais pas capté !
Bon ben j'enfile ma première aiguille hein...
Pause repas.
On y retourne.

13h30. Il ne reste plus qu'à fixer les coulisses sur les côtés, à y passer les élastiques, l'ourlet, repassage, et c'est fini.
Allons-y pour les élastiques. Les élastiques. Bon sang, où ils sont passés encore ??!? Sans blague, j'ai dû les perdre une bonne dizaine de fois depuis hier matin ! Allez, on rigole plus, c'est la dernière ligne droite, hop ! Je couds la première coulisse, je glisse l'épingle à nourrice, récupère le bout de l'élastoc, hop ! une couture, et c'est OK, je passe à l'autre : coulisse, épingle, couture, 7 minutes top chrono, Ah tiens c'est quoi ce... pourquoi ça ne... mais... je...
Bordel.
J'ai cousu l'élastique, ouaip, mais j'ai cousu aussi le bas de la jupe, et un bout du haut avec.
Zen.
Pute.

Un redémontage-remontage plus tard, me voilà à l'ourlet. Point de chausson, no soucy, merci les révisions d'hier soir. Je tourne et tourne, elle n'en finit pas cette jupe, les aiguilles de ma montre tournent aussi, il fait chaud, tourne la tête vers C. qui a fini, et l'aiguille pique et pique encore, tourne et pique, c'est le dernier point enfin.
Étape 28/28 : repasser la jupe, la présenter sur un cintre.
Je ne sais pas repasser. Bon, d'accord, j'adore passer le fer sur le tissu froissé et le voir s'aplatir, se lisser, se plisser, meeeerde ça part pas, un coup de vapeur peut-être, hum, écoute on va dire que c'est bon comme ça.
Je ne sais vraiment pas repasser. Surtout une jupe avec des plis pas piqués jusqu'au bout, des coulisses élastiquées et des fronces à l'empiècement. En lin. En plus.

14h30.
C'est en l'accrochant sur son cintre que je m'en suis aperçue. L'élastique. Celui de droite. Il a lâché.
Put&*$%n d'élastique.

mercredi 15 juin 2011

Devinette

Quel est le point commun entre un lycée plein de D'jeunes, un mariage plein de papillons, et une grande fille pleine de larmes ?
C'est un marteau, acheté en quatrième vitesse au Carrouf d'en face, pour ouvrir la voiture où j'avais enfermé les clés...
Trop de fatigue ? D'émotions ?
Et dire que dans douze jours je retourne à la crèche...

PS : pas fini de raconter l'exam, je sais, pas commencé à raconter le mariage, ça arrive, me reste plus qu'à terminer de vider l'ancien appart et alimenter le blog de Grignotte en photos, et je m'y mets.

mercredi 8 juin 2011

Put&*$%n d'élastique !


28 étapes.

14 heures.
7 pages d'instructions.

Une piqueuse, une surjeteuse, une centrale vapeur.
Et 4 candidates : une maman dans son fauteuil roulant, une jeune femme sourde, un bébé immature, et moi.

Une jupe. Taille 38.
Bon, déjà, je ne la porterai pas.

Du lin blanc. Qui brunit au repassage : je soupçonne le fer d'être une version miniature des volcans islandais à la mode ces temps-ci. Je me suis cramé les doigts une bonne dizaine de fois mais j'ai réussi à rester polie.

Des machines industrielles. Traduction : 6.000 points à la minute, coupe-fil automatique (qui désenfile systématiquement la bête...), des pédales grandes comme des livres de Claude Ponti - ceux que tu te couches par terre pour plonger dedans - des commandes extraterrestres : non, je ne sais pas relever le pied-de-biche avec mon talon, ni coudre avec mes deux pieds en même temps, ni faire marche arrière avec mon front ! Et si ma surjeteuse me fait ce point-là à la maison, je l'emporte illico chez le réparateur...

8h30 mardi matin. On y va. Ouvrez vos livrets, lisez jusqu'au bout, vérifiez votre matériel, pleurez un bon coup. Pas sur le lin ! Tssss...
On commence par le patron en papier, coupe, coupe, épingle, trace. Premier obstacle : "Nous vous demandons de réaliser un patronnage !" Gné ? Tracer autour du patron (papier ou tissu, comme ty veux ty choiz) l'espace qu'on va garder pour les coutures. Chez moi je coupe direct, à l'oeil. Ici on va mesurer mes 10 et 15 et 40 mm. "Tolérance 1mm." C'est une blague ou bien ... ? Ah non non : tolérance zéro sur une épreuve coeff 10, hum, comment dire, euh, je peux m'en aller de suite ?
Traçons. Coupons. Recomptons les morceaux. Où est mon élastique ? Par terre.

10h40. On attaque la préparation. C'est-à-dire les fuckin'bastar'ass'hol'shiit of motheur'fuckeur (en français : put*in) de plis. Plats. Piqués. Mais pas en entier. Ce serait trop facile. Nan, les plis, ils sont couchés vers le milieu (re-gné ? milieu c'est quoi, le côté ? C'est devant ? Derrière ?? DTC !), couchés donc, et piqués sur 13 mm. Tolérance zéro. Et pour bien faire : un point d'arrêt au départ (cherche pas la couture c'est un monde loufoque...) et des noeuds à la fin.
J'ai donc gentiment piqué 2 plis sur 4 à l'envers, puis je les ai tous repiqués en sandwich, et parce que jamais deux sans trois, j'ai fini par en piquer un avec le bas de la jupe qui traînait sous le pied-de-biche. Chaque montage-démontage nécessitant évidemment des allers-retours entre ma table, la machine et la table à repasser.

Nous arrivons pourtant tranquillement, sereinement, zènement, sans-gros-mots-ement à 11h55, j'achève enfin l'étape 1/28. Tiens donc, il faut aller manger ?! "Les candidates doivent aller se restaurer." Si, si, je vous assure qu'elle a prononcé très sérieusement ces mots, si, si. En appuyant bien sur le "doivent".
Restaurons-nous donc. C. a une quiche maison qui ne passe pas, O. disparaît sous son pain américain, S. grimace devant son mini-américain, aussi gros que mon avant-bras, V. et moi n'allons pas plus loin qu'un jambon de pays-beurre plutôt raisonnable. Échange autour de ces fameux plis. Ouf, je ne suis pas la seule à m'être pris la tête dessus.

13h. Die Hard part Two. Étape 2 : Prépiquer les plis à 3 mm du bord. Gné Gné Gné ? Heureusement que nous avons deux examinatrices du tonnerre, le conseil en bandoulière, la traduction aux lèvres, les doigts malins qui replacent l'air de rien la pièce 7 sur la pièce 2 près de la 4, en dessous de la 9. "Voilà, c'est très beau ce que vous faites. Très beau, vraiment."

Je passe sur les Assembler-Surpiquer-Repasser-Ouvrir-Rabattre et autres Surjeter, pas la peine de sauter des lignes pour lire la suite, va. Il est 15h30, j'en suis à l'étape 13 : Poser la fermeture à glissière invisible à 15mm du bord.Vi, vi, toujours tolérance blabla.
Petit aparté : la fermeture-éclair invisible, comme son nom l'indique, est ......... invisible, ouiii !! Elle se pose donc avec un pied spécial, qui ressemble au Tunnel sous la Manche (non, aucun jeu de mot stupide...) dans lequel elle est censée se glisser docilement et sans effort. En tout cas à la maison, ça le fait.
Mais pas là.
C. est partie rouler son fauteuil au frais, O s'arrache encore les cheveux sur ses plis, S. a déjà piqué et défait 4 fois sa fermeture : son tissu s'effiloche, ses yeux se mouillent, ses mains s'affolent... V. son interprète est parti depuis deux heures. Je m'acharne sur la bête. A 16h45, quand elles nous mettent dehors de force - "Vous êtes épuisées Mesdames, il faut partir !" - j'ai un éclair de génie, je déroule la fermeture pour la faire maigrir et miracle, elle passe, s'engouffre dans le tunnel, déroule sa belle ligne, oh que c'est beau, chantons notre joie frères et soeurs tous avec moi !!

Allez, on finira demain, je range mon matériel, mais où est passé cet enf*iré d'élastique encore ? sous ma convoc. Je rentre à moitié satisfaite, à moitié angoissée, je n'aurais jamais le temps de finir, à moitié soulagée, finalement, ce n'est pas si dur que ça.

Oui, moi j'ai trois moitiés si je veux.

La suite, là.