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vendredi 6 septembre 2013

Une histoire de roue


Au début je n'ai pas compris.
Une longue lettre, des phrases tarabiscotées. Des dates, plein.

J'étais passée en coup de vent chez moi : Zazoune s'en va à Londres, depuis lundi chacun de ses pas laisse une poussière d'étoiles derrière elle. Ça illumine son déménagement express.
Donc, partie tôt ce matin, une journée sans pause. Même pas le temps de passer aux toilettes. 19h24, je quitte le supermarché, non vraiment, j'ai trop mal au ventre, je m'arrête. Boîte aux lettres, la banque, une pub, encore la banque, et l'Inspection.
Arf, j'ai oublié : au début de l'été, ils m'ont ordonné de renvoyer une montagne de papiers pour calculer ma retraite... ça doit être un nouveau rappel.

Le Recteur de l'académie de Montpellier, Chancellier des Universités.
Mazette.
Mme Skrzypczak... avec un nom pareil, pas étonnant d'ignorer qu'il n'y a qu'un L à chancelier...
Objet : remboursement indemnité départ volontaire
Ils doivent payer une taxe sur les mots de liaison...
Je lis. Je ne ris plus.
Je relis.
Ça n'a pas l'air d'être une plaisanterie.

Ma première réaction, c'est mon ventre qui la livre, et ça soulage.
Ensuite, c'est la rage.
Mais ça ne s'arrête donc jamais ?

Depuis 21h, monte la détresse. Celle qui m'empêchera de me lever demain. 
Qui me roulera en boule, qui m'étouffera.

Pas d'issue en vue, ce soir.
Juste quelques mots.
"A ce titre, je vous informe que je demande à Madame la Directrice des Finances Publiques de l'Hérault de procéder à la récupération des 45 648.00 euros, somme dont vous êtes redevable envers l'État suite au non-respect des dispositions de l'article 8 du décret 2008-368."


dimanche 30 décembre 2012

Théorie de la relativité


On m'a cramé ma voiture ? Oui mais Nathalie a perdu sa maman.

Toujours pas de rappel du chômage ? Oui mais le beau-père de Thierry a un cancer.

Alors hein, le petit ruisseau dans les wc, la salle de bains inondée, les murs qui gondolent, l'eau qui coule du plafond, franchement, qu'est-ce qu'on en a à foutre ?

Je te l'demande.

samedi 15 décembre 2012

Plus que 16 jours...


... et l'année 2012 sera derrière moi.
Bon, faudra quand même me méfier, elle pourrait encore m'entu...rlupiner, on ne sait jamais, hein.
Mais là, franchement, je ne sais plus trop, à part m'enlever un de mes gamins... ou m'enlever, moi, à mes gamins...

Ce joli magma noirâtre et filandreux, en haut, est tout ce qui reste de mon rétroviseur gauche. Évidemment, le reste de la voiture est à l'avenant.
Ça commence hier soir, 22h,  par "Tiens, la voiture n'est plus là ?!?"
Ça continue ce matin, au commissariat, "Oui, votre voiture est effectivement à la fourrière, elle a été incendiée"
Ça se poursuit avec l'assurance, justement suspendue, pendant le temps de la panne, "mais de toute façon Madame, votre franchise est de 730 euros !"
Et on en remet une couche avec le commissariat-bis, qui ne prend pas de plaintes parce que "des voitures qui brûlent, vous savez, y en a tous les 4 matins..."

Ma psy me conseillait de faire les choses dans ma tête, pour ne pas les faire en vrai. Les vilaines choses.
Je me suis donc appliquée, tout le long du retour chez moi, à sauter à pieds joints sur le crâne épilé de cet abruti du commissariat.
Et j'étais en train de choper un par un ces petits crétins qui se sont amusés à arroser ma voiture, MA voiture !! quand je suis arrivée, finalement en larmes, devant la neige carbonique, les débris, le goudron fondu.

C'est dégueulasse. C'est injuste. C'est trop.

C'est trop.


lundi 12 novembre 2012

"Jamais tu décroches ?"



Voilà EXACTEMENT pourquoi, lorsque j'entends le téléphone sonner, là-bas, au fond du couloir, je ne quitte pas ma couette et/ou ce que je suis en train de faire.
Surtout le soir.

dimanche 11 novembre 2012

1 km à pied...

Depuis que mes nouveaux voisins sont arrivés, je gare souvent ma voiture devant chez ma fille, pour la nuit. Pas envie de manoeuvrer pour me garer.
Ce samedi, 9h, je me dirige donc à pied vers son immeuble (500m) pour filer acheter un bout de velours rouge pour son Chaperon Rouge - ceci est une autre histoire, vous l'avez deviné hein...
Clé de contact, clic-clic-clic, les lumières au tableau de bord clignotent en rythme. Bon.
Retour chez moi : 500m.
Je devais déposer ma fille à la gare pour 11h30, nous partons au pas de course (il est déjà 10h45... toujours l'autre histoire), nous nous séparons sur les Allées, et nous retrouvons à la gare, 4 km plus loin.
Je rentre. Pas très vite, hein : ça monte. Deux fois. D'ailleurs, je fais un détour pour éviter la volée d'escaliers... je serais bien incapable de les monter. 4 nouveaux kilomètres. Plus 500, car je vais déjeuner chez ma fille.
Il est 13h. Coupine doit venir me chercher, chez moi, dans 1/4h : j'y retourne donc, 500m. Je grimpe avec bonheur dans sa voiture, j'ai les pieds en feu, j'ai dû changer de chaussures.
On récupère Nanette à la gare, on la dépose, avec son fils, une vingtaine de kilomètres plus loin (encore la même autre histoire...), ils doivent prendre le train pour rentrer, à 17h.
18h, toujours aucune nouvelle, et répondeur sur son portable. En bonne mère poule, je retourne à ma voiture (500m) vérifier qu'elle ne démarre toujours pas, puis reviens (500m) chez moi téléphoner à nouveau : ils sont dans le bus, près de l'hôpital, devraient arriver Place de Gaulle dans pas longtemps, et prendre le 3 pour arriver très vite... mais plus de batterie sur le portable, ça coupe.
18h30, je file les attendre à l'arrêt de bus : ils ne sont pas dedans ! Elle a dû le rater de peu, le petit doit être crevé, il ne va pas vouloir marcher... Bah, je ne suis plus à ça près, je descends les chercher en ville : 2 km.
Oh, ils sont bien là (mais ils ont passé 50 minutes dans ce p*%$tain de bus pris dans le mauvais sens...) et le bus de 18h50 est en retard, ça tombe bien : on l'attend.
Hum. C'est vrai que tu n'as pas 50 centimes pour me payer un ticket ? C'est vrai aussi que ta soeur ne t'a donné qu'un seul  ticket ? Tu veux dire que... je dois rentrer à pied ?? Tu rigoles ???
Non.
2 km.
Plus les 500m pour récupérer mon ordi chez elle. Et les 500m retour.

16 kilomètres à pied.
Ça use, ça use...

Bonus track : bien sûr, il était inconcevable que je laisse la Zazoune rentrer seule ce soir dans son quartier pas très bien famé.... elle habite... près de la gare. 
3 km à pied ... - et retour - ... ça use les souliers.

jeudi 8 novembre 2012

A ma façon


- Mais t'avais promis !
Ouais ben j'ai menti. T'avais qu'à pas me croire, aussi.
- Mais t'as plus rien à boire, chez toi !
Ah oui, merde, c'est vrai... Attends, je vais trouver... Whisky ? vide. Vodka ? vide. Pas de rhum ? on dirait que non... Boh j'ai trois bouteilles de champ'... même si j'aime pas ça. Ah tiens, eau de vie de marc de raisin !!
- Mais c'est bon ça ?
Non, c'est vraiment dégueulasse. Mais ça titre à 40°.
- Mais tu déconnes à fond là !
Ouaip. 
- Mais t'as une raison, au moins, de te mettre la tête à l'envers ?
J'te raconterai demain, quand je me serai remise à l'endroit. En attendant, rends-moi un petit service : ferme-la ! 

samedi 15 septembre 2012

Un dernier pour la route ?


Elle sort de son immeuble en courant, Maxence sur ses talons, les yeux pleins de larme.
"L'école a appelé, elle est tombée sur la tête, elle est consciente mais ne répond pas, ils ont appelé les secours ..."
Dans la ruelle, l'ambulance est ouverte. Elle saute hors de la voiture que je vais garer.
Je cours aussi vite que possible, ma canne martèle, le petit agrippe ma main.
"Doucement ! Ne vous en faites pas, rien de grave, attendez là, on va vous la chercher !"
Elle sort enfin entre deux pompiers, pâle, tremblante. Je note les taches de sang, le genou gonflé.
Les urgences, encore garer la voiture. Le docteur, blagueur. 
De la colle pour la coupure au front, 3 cm, elle ne s'est pas ratée.
Les réflexes : tout est ok, elle n'est pas plus dingue qu'avant.
L'arcade sourcilière a morflé, la cheville, le genou. Mais rien de cassé.
Une grosse peur. Un tour en ambulance, avec sirène et gyrophare, pour la faire rire.

Allez, c'est bon, les gars, là. On arrête, hein ?

mercredi 12 septembre 2012

"Un soleil illumine chaque ombre"



Pensée positive ?
Quelqu'un veut acheter ma voiture.

Tire le fil :
Copine explose sa voiture mercredi
jeudi et vendredi je l'emmène à l'école et la ramène chez elle
dimanche je m'explose, 
c'est elle qui m'emmène à la pharmacie de garde
garde la voiture, bien sûr,
pour aller à l'école le lendemain
lundi
soir
la voiture ne démarre pas
passe la nuit là-bas
mardi, un papa dépanneur
les dépanne
et propose d'acheter la voiture
en l'état.

Brille, brille, petit soleil triste
et que chaque ombre révèle un trésor

A force

dimanche 9 septembre 2012

Agrafer de l'eau à un arbre


Combien de temps faut-il pour laisser tomber ?
Est-ce qu'un jour, il devient évident que c'en est trop ?

Je ne sais pas trop pourquoi, ni comment, je reste debout.
Je crois que je suis K.O debout.
Je continue.
J'encaisse.
J'avance.
Je n'y suis plus.

C'est incroyable,
c'est irréel : quand je le raconte autour de moi, 
je suis la première à ne pas me croire.
Des exemples ? La liste est longue. Les derniers...
La scie sauteuse trop vieille pour les nouvelles lames, qui ne vont pas sur la nouvelle, qui ne scie pas..."Revenez avec le ticket !"... Celui qu'on a oublié dans la voiture du fiston, reparti à 700 bornes d'ici ?
La CAF qui compte me faire vivre jusqu'en janvier 2013 sur mes revenus 2010... 
L'extinction de voix le jour du casting, la veille du karaoké...
La virée joyeuse en voiture avec la copine, qui casse l'embrayage ET explose la pompe à eau...
La banque qui bloque le montant du loyer du 10 septembre.... le 23 août... "paiement futur"...
L'incendie monstrueux du magasin de pneus, qui paralyse juste les rues à prendre pour déposer à temps ma fille et son collègue... ils devaient y aller à pied... "Je vous dépose ça ira plus vite !"
Le radar qui me flashe (encore une fois) à tort, parce que je tourne et attends que les véhicules en face passent... Ma dernière contestation a mis près de deux ans à aboutir.

Jour après jour.
Dans tous les domaines.
A se demander, désormais, où est la réalité.

Je ne sais plus où j'en suis.
Quand ça arrive,
quand ça m'explose à la figure,
comme ça, bam !
je regarde autour de moi,
je cherche comment me réveiller.
J'éclate de rire
ou en sanglots
ou les deux en même temps.
Je vais finir par éclater
tout court.
Juste ça
BAM !

Édit de 20h40
Quand y'en a plus y'en a encore
Il y a 4 h, j'ai explosé ma cheville, mes deux genoux
et accessoirement le meuble que je portais.

samedi 9 juin 2012

Du stress, des strass, détresse, pas de tresses



A tout problème, il y a une solution.

Chaque fois que tu as envie de pleurer, essaie plutôt de sourire. Essaie !

Oublie que ton bus est en retard, attends le prochain... pas grave si tu y perds une heure entière, et qu'en fait, tu n'as pas le temps de rentrer chez toi avant de partir travailler. Et le même soir, tant qu'à faire, rate-le de quelques minutes. Voilà, tu commences à apprécier, je le sens, allez, attends une nouvelle heure, c'est tellement le fun !

Ne tue pas tout de suite le garagiste qui t'apporte la mauvaise taille de roue, reviens juste le lendemain. Il ne sait pas que ta voiture t'a lâchée au pire moment, entre trois déménagements, un oral de concours, un spectacle de danse de fin d'année, tu sais, celui avec répèt en plus le matin, le dimanche : le jour où il n'y a pas de bus. Quand tous ceux que tu connais en ville, avec une voiture, sont partis en week-end.

Écris et réécris et recommence, encore, cette lettre pour expliquer à EDF qu'il doit y avoir erreur, qu'on ne peut PAS prélever 400 euros en janvier, ET en avril, sur un compte bancaire à l'agonie, ET éditer deux nouvelles factures de 379 euros/653 euros à ce même client - non compris les frais de déplacement pour coupure ET rétablissement dans la même journée, "en effet au vu du relevé de consommation réelle nous vous devons 440 euros".

Retourne à l'hypermarché qui ne t'a pas décompté les promotions comme il faut, 12 euros ça compte quand même. Mais n'étrangle pas l'hôtesse d'accueil qui te réclame les marchandises achetées la veille : fais juste un troisième voyage, le soir même. Avec les marchandises. Qu'elle vérifie. Après tout c'est le week-end, t'as que ça à faire.

Et puis, allez, imagine cette assistante sociale abjecte, ligotée, bâillonnée, embrochée au-dessus d'un feu géant, et tourne, tourne, tu oublieras plus facilement son mépris et son incompétence évidente, une fois de plus - encore ?! mais tu les attires ou quoi ??

Respire.
Regarde ce champ de blé magnifique, et tant pis si le ciel est gris.
Raconte des c*nneries. C'est un éclat de rire qui te protégera.
Demain il fera beau.
Des traces.
Ta race !

jeudi 31 mai 2012

Quand ça veut pas...


Il y a dix jours, ma fille a perdu la CB : la seule qu'on peut utiliser même quand il n'y a plus rien et moins encore que rien dessus. Hier, aux courses encore, elle a perdu la clé de la voiture. Une demi-heure à la chercher partout, de la caisse au parking, jusqu'à la retrouver coincée dans la grille du 3e caddie (qui a 3 pièces pour les dégager ?) Je rentre épuisée, le matin on s'était levé à 5h du mat (elle pour coudre, moi pour ranger), bossé toute la matinée, puis au tél l'après-midi la mauvaise nouvelle qui tombe vraiment bien : "ah non on ne pourra pas vous payer ce mois-ci, ni vous faire une avance, parce que le chômage, ce n'est pas un salaire..." Mange ta déception, toute façon t'as rien d'autre en attendant fin juin.
Bref, je prends 30 minutes pour me calmer les nerfs devant le Petit Journal, et je monte terminer ce *%$tain de ménage, état des lieux reporté au jeudi.
Sauf qu'en passant devant la voiture, je la trouve bizarrement penchée. Sauf que pour changer ce pneu crevé, je n'ai pas de roue de secours. Sauf que ce n'est vraiment, VRAIMENT pas le moment de mettre 150 euros dans des pneus !!!
Réfléchis à toute allure. Demain, je fais l'ouverture à 7h30 avec M, pas moyen de la lâcher, elle n'a pas le droit d'être seule avec les petits. Impossible de prévenir, je n'ai aucun numéro de téléphone. Les bus, ça n'a pas changé, départ à 6h obligatoire sinon j'ai 25 minutes de retard avec le suivant... Et pour rentrer, même galère : en partant à 11h, je n'arrive pas à la maison avant midi et quelques, et je suis convoquée à 13h30. Bonjour la détente !
Je passe donc environ la moitié de la nuit à pleurer, et l'autre à regarder avancer l'heure, toutes les 15 minutes. Sympa comme nuit. SuperCopine passe me chercher, je serre les dents et assure les premières arrivées des bébés. Mais je sais déjà que je ne tiendrai pas.
Je vous ai déjà parlé de l'équipe assez géniale dans laquelle j'ai la chance de travailler ? Elles me laissent partir à 9h, galère de bus (ben tiens, tu croyais pas que j'avais déménagé chez les Bisounours ??) j'arrive à bout de forces à la maison à 10 heures et demie... pour tomber sur la proprio et son jardinier (tronçonneuse, le jardinier, tronço à fond...). Adieu la sieste, bonjour l'état des lieux.
Il est 11h30, avant de m'allonger je vérifie ma convocation, mon passeport et ma tenue, ah tiens, où est ma convoc ? Voilà, petite mine désolée au secrétariat à 13h, "j'ai perdu ma convocation, je peux passer l'oral quand même ?"
Avec l'angoisse qu'elle me réponde non.

Quand y en a plus y en a encore hein ? Ce soir, je suis chez les B, au lieu du creux confortable et familier de MON lit. "Tu peux me garder les garçons exceptionnellement ce soir ?" 
Bah...


Heureusement que l'oral s'est super bien passé ! Un grand merci à tous les Z'ondeurs Z'associés, ça a marché ! Enfin, je crois...
J'vous raconte demain. Quand je serai rentrée chez moi.
Edit avant de sombrer dans les bras de Morphée, le sujet : "Qu'est-ce que soigner pour vous ?" Cool. J'ai assuré.

samedi 11 février 2012

Dominos



Chaque pas vers un but doit être un but en lui-même.

Impuissance.

Tranquillité, impassibilité d'une âme devenue maîtresse d'elle-même au prix de la sagesse acquise, soit par la modération dans la recherche des plaisirs, soit par l'appréciation de la valeur exacte des choses, soit par la suspension du jugement.

Hakuna Matata,
Quel chant fantastique !

Ataraxie.

Peu importe la hauteur du sommet :
pour déplacer une montagne
commence par soulever un caillou. 

Ces mots signifient
Que tu vivras ta vie,
Sans aucun souci

Quiétude absolue de l'esprit.

Ils ne savaient pas que c'était impossible alors ils l'ont fait.

État d'indifférence caractéristique de certaines névropathies, obtenu sans l'influence de neuroleptiques supprimant toute réponse réactionnelle.

Apathie.

Ce qui me bouleverse, ce n'est pas que tu m'aies menti,
c'est que désormais je ne pourrai plus te croire.

Philosophie
Hakuna Matata

Osef

Usure.

vendredi 27 janvier 2012

Attendre

Saga indemnisation chômage, saison 2, épisode 4 (déjà ?) : "J'ai demandé à Pôle Emploi le relevé de vos actualisations depuis septembre, j'attends le document pour mettre en paiement, fin février, votre rappel."

Vous voulez dire, celui que vous m'avez annoncé pour la fin janvier ? Le paiement que j'attends pour régler mes loyers en retard ? Et aussi pour rembourser ceux qui m'ont donné des sous pour survivre en attendant ? Attendez... Laissez-moi le temps de bien comprendre. 

Dans le fond, je me trouve bien futile : tous mes prélèvements rejetés depuis le mois d'octobre (avec au passage 900 euros de frais bancaires, normal), les coupures diverses et variées commencent. On gère. 
Loyers qui s'accumulent  : novembre, décembre, janvier... On a dû manger celui de Nanette aussi ce mois-ci...
La MAAF est très claire : plus de prélèvements, plus de garanties, et payez-moi immédiatement toute l'année 2012 puisque vous ne pouvez plus payer petit à petit. Roule sans assurance ?
EDF gronde et menace, on en est au maintien d'urgence, tant pis si le chauffage est électrique, mets ta doudoune et dors sous 5 couvertures. 
Plus d'eau depuis lundi : on descend chez Nanette pour les WC, la vaisselle, se laver à l'évier (la douche n'est toujours pas installée), remplir la bouteille.
Le découvert augmente tranquillement, à coups de 6.30 euros pour chaque rejet, opérations comptabilisées 3 fois chaque fois, pour bien faire. Et les agios comme les intérêts adorent ce régime agrossissant.
Le réservoir de la voiture, lui, nous fait une bonne crise de boulimie. C'est juste le bon moment, quand le prix du litre de gazole fait la fête avec les nuages, et que 15 kilomètres me séparent de mon boulot :  certes, le bus passe toutes les heures, il y a juste 1h30 de décalage entre mon départ de la maison et le début de mes journées à la crèche. Plus le retour.
Pas évident de faire les courses. On en a un peu marre des pâtes-saucisses et des patates. Du coup on mange moins : c'est tout bénèf.

Mais tout ceci n'est rien. Bof, on a connu pire, ce n'est qu'une question d'habitude.
Non, le plus dur, c'est SFR qui nous l'a fait vivre. Ils ont coupé Internet. Et la télé. Et le téléphone. Mais surtout Internet.
Non, ça, ce n'est pas supportable.
48h et j'ai craqué : j'ai creusé le découvert de la Nanette de 41 euros. Ils ont maintenu la sentence. J'ai rajouté 50 euros sur la table. Ils ont brandi la facture de janvier, sortie la veille. J'ai tenu bon. Ils ont cédé. Cette nuit ils ont remis Internet.
Je vais pouvoir récupérer le mail du Rectorat, le faire remplir par Pôle Emploi, le renvoyer. Et attendre d'être payée.
Attendre ? Encore ? 
Ben... 

mercredi 11 janvier 2012

Marcher dedans


Quelquefois on ne sait pas si on doit rire ou pleurer.

Quelquefois l'émotion est si forte qu'elle paralyse avant de dynamiser.

Quelquefois on attend si longtemps que quand l'issue se présente, on n'arrive pas à réaliser et on continue à attendre.

Depuis hier matin, j'enchaîne les (mini)catastrophes. Rien de grave, quand on sait de quoi je suis capable ! Mais ça agace. La capuche montée impeccablement mais à l'envers, le paquet de céréales qui se renverse sur la table mais pas dans le bol, les 5 boutons cousus péniblement (je déteste ça...) en décalé par rapport aux boutonnières... et les embouteillages qui me font arriver en retard alors que je suis partie avec 10 minutes d'avance... et la sangle de ma capuche qui se prend dans la portière, manquant de m'étrangler quand je m'élance pour ne pas rater la levée du courrier de 16h, et le guichetier qui prend mon colis à 16h04...

Le soir, détente : projection d'un film à la médiathèque, une copine, une Zazoune, il est 21h, il fait froid sur ce trottoir, "maman ne me dis pas que tu as laissé tes phares allumés..." Course folle, comme si 30 secondes de moins pouvaient éviter la panne. Hhhhhh..... Hhhhhhh..... toussette lamentable et déchirante de la batterie à plat. Copine est partie. La tête et les jambes : la côte, ça muscle. Je t'ai dit qu'il faisait froid ?

Hier matin, permanence téléphonique de la Cellule Chômage du Rectorat. "On étudie votre dossier, pouvez-vous rappeler demain ?" Hum. Mercredi dernier, tu m'as dit que tu m'appelais en fin de semaine. J'ai déjà dû attendre jusqu'à mardi, mais soit. Attendons. Rappelons.
"Mme Hôtels-et-Cie-Famous-Game est absente, je peux vous renseigner ?"
Gloups. 
Ça commence mal.
"Ah oui, j'ai calculé votre dossier hier, nous arrivons à un total de 674  // *note à moi-même : la prochaine fois, m'asseoir avant d'appeler*//   jours d'indemnisation    // *note à moi-même : arrête de te faire peur toute seule bordel !*  //     d'un montant journalier de 30 euros" et des cacahouètes conséquentes mais pas assez pour faire 31 quand même.

Blanc.
Mon cerveau n'imprime pas.
Je suis restée bloquée sur les 674 jours qui font environ deux ans de sérénité. 

"Bruts."
Très bien merci Madame, oui oui j'attends la notification partie à la signature, au revoir bonne journée au revoir. Bonne journée. 
La Nanette est d'abord très contente pour moi, elle calcule à la louche un petit millier d'euros mensuels. Calculatrice. Ah ben finalement ça fait 900 chaque mois, oui. Mais bruts.

C'est déjà ça.

Bon je vous laisse, je dois aller récupérer ma voiture devant la Médiathèque. J'espère que je n'aurai pas de contravention...


mardi 6 décembre 2011

Et l'on pendouilla Pierre


Lundi 28, mail de mon ancienne gestionnaire.

Bien sûr, il a fallu que les seuls courriers passés au travers de la réexpédition soient ceux de l'Inspection. Et repartis direct à Montpellier. D'où, bien sûr, ils doivent repartir à nouveau. 

Bien sûr, il a fallu aussi que ce jeudi, celui-là justement, le facteur passe à midi et pas avant. Parce que jeudi, Pôle Emploi ferme, à midi. Bien sûr.

Et bien sûr, à l'accueil le lendemain, il a fallu que je tombe sur la seule qui-n'a-pas-le-droit-de-prendre-les-documents-mettez-les-dans-la-boîte-devant-merci-au-revoir-au-suivant !

Évidemment, évidemment, qui peut croire un seul instant les mots jolis inscrits en grand sur la dite-boîte : "Le courrier déposé ici est relevé deux fois par jour." ? Ils doivent observer un calendrier local. Ou ils ne savent pas compter. Quoi qu'il en soit, bien sûr, il m'a fallu attendre hier pour lire enfin : "Nous avons reçu vos documents le 28 novembre 2011. Votre dossier est en cours d'étude."

Mardi 6 décembre. Rendez-vous avec mon conseiller pour l'emploi. J'en profite, bien sûr, pour demander où en est mon dossier.

Et bien sûr, il a fallu qu'elle m'explique, parce qu'à ce stade, j'avoue, j'ai un peu de mal à comprendre : " Oui oui, bien sûr, on étudie vot'dossier, oui, mais il manque les bulletins de salaire de l'année 2008... Vous n'avez pas reçu le courrier ? On vous l'a envoyé le 29 novembre..."

Là, il a fallu que je me retienne très fort. Vraiment très fort.
Bien sûr.

vendredi 25 novembre 2011

Y a du courrier ?

Voilà.
Le soleil est revenu.
Je ne me suis pas transformée en météorologiste avertie, ou en présentatrice pour Vivolta, mais ces dernières semaines, sous la pluie et la grisaille, ont été très difficiles pour moi.
Tenir le coup.
Ne pas craquer.
Ne pas perdre, pour quelques nuages, le bénéfice de plusieurs mois de mieux-aller.

Je me suis - encore, encore, et toujours - fourrée dans un combat titanesque avec l'Administration. Cette fois-ci, pour régulariser ma position au niveau des indemnités chômage. 3 mois depuis la fin de mon dernier contrat, 3 offres d'emploi, 3 refus. Ça plombe l'ambiance, tout de suite. Et la motivation.
Or donc, dans la mesure où j'ai retravaillé plus de 91 jours depuis ma démission, je peux prétendre à une indemnisation. Sur la base des 28 mois écoulés avant mon inscription à Pôle Emploi. Fin août 2011, oui, vous suivez c'est bien. 
Accrochez-vous, ça ne va pas durer. Inscription à Pôle Emploi - check. Dossier de 25 documents différents, dont les 13 derniers bulletins de salaire - check. Demande des dits-documents auprès de divers interlocuteurs (RSI, Mairie, et surtout Éducation Nationale), aïe, ça commence à riper - pas check. Et pas chèque.
Je rassemble tout de même les diverses attestations et photocopies demandées, fin septembre il ne me manque plus que la partie EN. Attestations employeur, arrêtés de congé longue durée et de démission, fiches de liaison complétées. Coups de téléphone. E-mails. Silence. Vide sidéral.
Début octobre, courrier de la CAF : "Nous vous demandons les pièces suivantes pour étudier vos droits..." Suit la liste de 9 des 25 documents de Pôle Emploi. Ha ha. ET ... un justificatif des droits Pôle Emploi. Je ne veux pas pleurer.
Allers-retours entre les guichets. Prise d'assaut du standard de l'Inspection Académique. Boîtes aux lettres (mails et papier) inspectées plusieurs fois par jour. Tentation forte de tout faire péter. Zen.
Fin octobre, j'obtiens enfin les coordonnées du service spécial au Rectorat : ah oui, tiens, personne ne me l'avait dit au fait, qu'une cellule SPÉCIALE existait ! Passons. Permanence uniquement le mardi et le mercredi. Attendons donc le 2 novembre. Le déluge a commencé sur l'Hérault. Quelqu'un me répond. Han ! 

Alors, je récapitule, pour voir si j'ai bien tout compris Maâme... Je dois déposer un dossier auprès de l'Éducation Nationale, dossier comprenant un rejet de prise en charge par Pôle Emploi - rejet de Pôle Emploi obtenu grâce à l'étude d'un dossier, comprenant un rejet antérieur de prise en charge par l'Éducation Nationale - rejet de l'EN établi sur ma demande antérieure d'indemnisation à Pôle Emploi - demande à Pôle Emploi accompagnée des attestations employeur - attestation employeur fournie par l'Éducation Nationale

"Ce document doit vous être établi par votre ancienne gestionnaire... - Mais je n'arrive pas à la joindre ! - Oui, elle a changé de bureau et de n° de téléphone." 
Je vais bien, tout va bien.
"Je vous envoie ça immédiatement par la Poste.." (au téléphone le 2 novembre) "Je vous ai envoyé ce courrier ce jour.." (mail du 8 novembre) "Je vous ai envoyé l'original, je ne peux vous donner qu'une photocopie..." (visite à son bureau le 16 novembre) 
Je suis gaie, tout est gai.


Retour à Pôle Emploi.
"Il nous faut l'original pour traiter votre dossier..."

Ne pleure pas, il y a assez d'eau dehors comme ça, va.

Ce 25 novembre, une quatrième interlocutrice à Pôle Emploi a accepté de prendre mon dossier avec une photocopie.
"... comme de toute façon on va leur envoyer tout le dossier..."

Ce 25 novembre, j'ai dû descendre le pare-soleil et mettre mes lunettes pour conduire, tellement il faisait beau.

Ah, au fait : 
"On vous écrira quand on aura transmis votre dossier."

lundi 21 novembre 2011

MAAAAAAAAAAARRE !

Un mois que ça dure !
Un mois de pluie, pratiquement non-stop, soit il pleut pendant des heures, et ça s'arrête 30 mn pour recommencer illico, soit on a une demi-heure de répit, entre des heures et des heures de pluie.
Oui mon alternative n'en est pas une, mais bordel c'est quand que ça s'arrête ???
Depuis le 21 octobre, il pleut.
Non-stop.

Attention je vais hurler.

mercredi 16 mars 2011

La fête à la grenouille

Je dois déjà me faire violence le matin pour me préparer et partir bosser. Seule l'idée du salaire qui va m'être versé me motive suffisamment...
Voilà maintenant que la météo s'y met !
Ce matin, mon trajet habituel de 15 mn et 15 km s'est heurté à des barrières "Route Inondée", puis à de grands gestes explicites "Passez pas ! L'eau ! L'eau ! Beaucoup !", pour finir par un détour conséquent (+ 20 km) et une heure de retard (qui me sera retenue, dixit la directrice).
Autant dire qu'à 14h30, en quittant les 5 bébés présents, je n'étais pas spécialement de bonne humeur en envisageant mon trajet retour. Je tente quand même de reprendre la voie rapide : peine perdue, demi-tour au bout de quelques kilomètres, route fermée.
OK. Va pour le détour. Cette fois je vais plus vite, puisque je sais où je suis. Trente km plus loin, dernier rond-point avant l'entrée de ville, je tourne... et je dois passer la première : début d'un embouteillage morne, rue après rue le même panneau, les mêmes barrières, et l'aiguille du compteur qui ne dépasse pas le 20 à l'heure.
40 minutes. J'ai mis 40 minutes pour faire les 3 derniers kilomètres qui me séparaient de la maison. Et les temps de trajet ne sont pas payés, eux !
Grrrr....

vendredi 4 mars 2011

Un petit garçon

La nouvelle est tombée vers 14h, elle a fait le tour des sections : "C'est fini, il est parti..."
Le silence qui s'installe soudain en maître, un froid intense qui glisse sur et sous la peau, un sursaut de révolte, et ce réflexe absurde, cette envie irrépressible de courir chez soi et d'attraper son propre enfant très fort, pour ne plus jamais le lâcher.

Il avait 4 ans, mercredi soir il a avalé une petite vis, s'en est étouffé, a glissé dans le coma. Caroline, je m'associe à ta douleur et à celle de tes proches : puisse-t-elle être ainsi moins lourde à porter.

lundi 28 février 2011

"Tu me déçois..."

Combien de fois je l'ai entendue, cette phrase, combien de fois j'ai pensé : "Ben fallait pas compter sur moi, c'est tout..."

Aujourd'hui, quand je te vois te replier derrière ta couette et ton écran, j'ai le même pincement au coeur, la même ritournelle en tête, t'avais qu'à pas...

Qu'est-ce qui t'arrive ? Où est passé ton sourire, ta fierté, ta rage d'y arriver ? Si tu te couches à la première difficulté (bon ok, sur ce dossier c'est la dixième...) tu n'es pas près de voir tes rêves devenir réalité : je croyais que de le voir gravé sur ton i-Pod, jour après jour, ça te garderait cette force d'avancer, qui ne t'a jamais lâchée depuis que je te connais !

J'ai galéré pour t'avoir. Je me suis battue plusieurs mois, chaque test négatif me faisait pleurer : je te voulais avec une rage indicible, inégalée. A 3 semaines de vie, tu t'es jointe à mon combat, tu t'es accrochée et tu as relevé ton premier défi : survivre, repousser tes premières limites, redresser cet utérus qui s'était replié sur toi.

Je ne t'ai pas toujours facilité les choses, pourtant tu m'as toujours poussée en avant, même quand mes forces m'abandonnaient. Je n'ai pas vu toutes les tempêtes que tu as traversées. Mais bon sang, que t'arrive-t-il, où vas-tu ? Où es-tu ?

C'est sûr, le monde que je te propose n'est pas rose bonbon. La vie est dure, l'hypocrisie règne, les espoirs s'effondrent souvent avant même qu'on ait le temps de s'y accrocher. Pas le choix : tu serres les dents et tu fonces !

Et t'arrêtes de m'envoyer balader...