vendredi 17 juillet 2009

Il est minuit Docteur Machin



Premier bilan de l'auto-tag.

Aller chez le coiffeur (me tondre la tête ? ça me tente vraiment …)
Je me suis tondue. Dès que j'ai pu lever les bras, en sortant de l'hôpital. Soit le vendredi 15 mai.
Tondue rasée net brillant. Plus un poil sur le caillou.
A noter : la sensation du vent sur le crâne. Frissonnant.
Et celle de porter un bonnet en scratch Velcro. Étonnant sur la taie d'oreiller. Ahurissant en enfilant les tee-shirts. Trop marrant pour choper les peluches et les pulls sans les mains. Très énervant pour se sécher en sortant de la douche.
Mais ça repousse trop vite.

Acheter un décodeur TNT
"Allô bonjour service qualité de IlyArrive, je voulais savoir comment s'était passé le transfert de vos services internet depuis le rachat de PouleTélécom..." Ben moi surtout ce qui m'embête c'est que je paie pour la télé et j'ai pas la télé madame. Ah oui c'est embêtant, vous vous rendez pas compte en vrai, cinq chaînes quand on paie pour 59, euh, voilà quoi !...
Trois ans que j'habite à cette adresse, trois ans qu'on me répète : "Nos services techniques arrivent Madame, vous allez bientôt bénéficier de la télé numérique, oui oui oui..."
Et là, oh miracle, mon nouveau décodeur va m'être livré, avec la nouvelle box qui va bien !
59 chaînes... Je bave.

Acheter de nouveaux vêtements
Bon, ok, je triche un peu : UN vêtement. Un tee-shirt. Uni, bleu marine, en nid d'abeilles, taille 42.
Mauvaise surprise : je pensais qu'il serait un peu lâche, il me boudine.
Aie.
On va attendre pour les autres achats.

Commencer une psychanalyse
J'ai pris rendez-vous, ce sera pour le 12 août, 11h. Appeler une semaine avant pour confirmer.
Frisson.

Déplacer le frigo
Il a fait la moitié du chemin. Je l'ai extirpé du fin fond de la réserve où il végétait (je n'y allais plus...), débranché, vidé, lavé.
Il est dans le couloir, en face de la porte d'entrée, il ronronne quand je passe devant pour aller à la salle de bains.
Il lui reste 3 mètres à faire, pour arriver dans la salle à manger, près de la future table et des futurs bancs.

Photographier mes enfants
Avec mon appareil photo numérique tout nouveau (voir plus bas), le jour du pique-nique de la Fête des Mères (voir plus bas... bis)
Ça m'a plu, pas à eux. M'en fous, je recommencerai.

Rempoter le cerisier de mon petit-fils
On a investi dans une mini-pelle, six euros, mouillé le bout de terrain compact, plus proche de la terre glaise que du gazon anglais. On a réussi à creuser un gros trou, qu'on a rempli avec du terreau, mélangé à la boue. On y avait mis le placenta, congelé, dans le fond, et les racines du cerisier par-dessus, avant de remplir. On a arrosé tout ça, fièrement, tous les jours pendant dix jours. Et ça y est, il fait de jolies feuilles bien vertes, bien larges ! Fierté...

Prendre une mutuelle-santé
Je suis d'abord allée faire des devis un peu partout, et puis finalement j'ai pris la Maaf. C'est celle qui couvre le mieux mes futures dépenses, dents et examens de contrôle cheeeers....

Acheter un appareil photo numérique
Mon fils m'a donné le sien, le "vieux". Sans piles, sans carte, et sans câble. J'ai acheté des rechargeables, un chargeur, une carte SD, et j'ai dégoté un vieux câble Kodak. Mais c'est mon ordi qui ne reconnaît pas le Plug-and-Play. Snif.

Faire des pique-niques avec ma famille
Le dimanche de la Fêtes des Mères. Je les avais sous la main, tous les 4, allez hop ! à la plage ! Avec un détour par Marché Plus, pour prendre de quoi faire des sandwiches, et à boire, et des fruits.
Bon ils ont acheté des panini et des pan bagnats à la plage mais l'intention y était non ?

Coudre les couches lavables de mon petit-fils
Pour l'instant, j'en suis à 3 seulement. Une flemme immense, c'est nul, j'ai absolument tout le matériel sous la main, faut juste que je m'y mette. Je vais m'y mettre.

Trouver (et manger !) des pralines roses
Bon, dans la perspective du régime sans gluten qui s'annonçait, celui-là, fallait que je me dépêche de le réaliser... Ok, ça ne justifie pas que je me sois enfilé le sachet de 500 g en 24h. C'est vrai.

Douze. Sur cent un.
Trois mois. Sur trente-deux.
Mouais.

jeudi 16 juillet 2009

Où suis-je ? Où cours-je ?

Dans quel état j'erre ?

Il faut que je sorte de mon trou.

Hop hop !

Dorénavant je réponds quand mon téléphone sonne, je rappelle ceux qui me laissent un message (ou pas).
Je laisse des commentaires sur les blogs que je lis.
Je prends des rendez-vous et je vais voir les gens dehors, les vivants, je leur parle, je leur souris.
Je me connecte en ligne sur MSN et je réponds aux coucous que je reçois.

Respire.
Tu peux le faire.

mercredi 15 juillet 2009

Je t'avais prévenu

Nouvel épisode de la saga paperasse.
Mon beau-frère.

Il y a 20 ans, mon ex-mari s'est mis en tête de vendre des voitures. Mandataire européen, ça s'appelait à l'époque, ça démarrait fort : il achetait des voitures neuves suréquipées moins chères en Belgique ou en Espagne, et il les revendait en France, en se prenant un pourcentage.
En 90, son frère (mon beau-frère donc) vient le chercher en Avignon pour le ramener en Bretagne, il a un superplan, un dépôt-vente de voitures d'occase, superbien placé, superbien fréquenté, un superchiffre d'affaires, super super tout est super. Avec les voitures neuves, ça va être d'enfer, tu vas voir on va s'en mettre plein les poches... et faire vivre au passage la belle-famille, 2 parents qui foutent rien, 9 enfants de 23 à 1 an, 2 conjoints en pièces rapportées, et déjà 4 petits-enfants.
Mais avant de prendre, il faut donner : pas de problème, on va faire des prêts perso, en établissant des fiches de paie (un peu) gonflées, ça passe comme une lettre à la poste.

Bon je vous entends d'ici : oui, on a triché, oui je me suis déclarée célibataire, sans enfants, et directrice commerciale avec un revenu confortable de 10.000 francs mensuels. Mon beau-frère aussi. Résultat : deux prêts de 80.000 francs, en caution solidaire croisée (j'ai signé pour lui, il a signé pour moi), virés en moins de dix jours sur nos comptes respectifs, et aussitôt reversés à mon ex-mari qui les a engloutis dans la "super-super-bonne-affaire"...

Il l'a coulée en six mois top chrono. Entre les contrôles techniques offerts, les pneus remplacés gratos, les garanties rajoutées à l'oeil, nos commissions qu'il partageait allègrement entre le vendeur et l'acheteur : l'adresse a été très vite repérée par les escrocs en tous genres, le parc est devenu un dépotoir de carcasses invendables, on déshabillait Pierre pour habiller Paul, et à la première plainte pour escroquerie la gendarmerie a fermé sans se poser de question.

Évidemment les prêts n'allaient pas se rembourser tous seuls. Le Crédit Municipal a sauté sur mon premier salaire d'instit, en 91, et depuis il saisit scrupuleusement tout ce qu'il peut.......... pour les deux prêts !
Bien sûr : mon beau-frère s'était bien gardé de retrouver du boulot, et se retrouvait donc insolvable. Pas moi. Moi j'étais la bonne affaire bien juteuse, la fonctionnaire, inratable ! Au point que lorsqu'il a fini par ouvrir sa propre boîte de carrosserie, en 98, et que je l'ai signalé au CM, ils m'ont répondu qu'à leurs yeux, le dossier n'était pas en contentieux, qu'ils n'ouvriraient donc pas de poursuites supplémentaires car les deux prêts étaient payés régulièrement. L'avocat saisi à cette époque m'a confirmé que je pourrai me retourner contre mon beau-frère..... lorsque la totalité de la dette serait payée !

J'ai donc payé. Aujourd'hui, il reste 1.000 euros sur mon prêt, et 2.000 sur le sien. Mais mais mais ... la bonne nouvelle c'est que comme il s'agit d'intérêts, je peux dès à présent lui réclamer le principal versé, à savoir 12.000 euros. Ça va faire du bien quand ça tombera, miam.

Depuis un mois je me suis transformée en détective : ça occupe. J'ai retrouvé sa boîte, et aussi une SCI avec ses frères et soeurs, une adresse perso. J'ai appelé et c'était sa voix sur le répondeur.
Il y a deux semaines j'ai expédié deux lettres recommandées avec AR, adresse perso et adresse du boulot, en croisant les doigts pour qu'il en prenne au moins une. Bingo ! Le délai que je lui donnais pour me répondre est maintenant expiré.
Ce matin, j'ai vu mon avocate, et elle prend le relais : courrier, tribunal, titre exécutoire, huissier... Dans quelques semaines je vais être riiiiiche !

J'espère....

mardi 14 juillet 2009

Il faudrait ne jamais devenir grand

CRÉON
Ne m'oblige pas à payer avec toi encore. J'ai assez payé.

ANTIGONE
Non. Vous avez dit "oui". Vous ne vous arrêterez jamais de payer maintenant !

CRÉON la secoue soudain, hors de lui
Mais, bon Dieu ! Essaie de comprendre une minute, toi aussi, petite idiote ! J'ai bien essayé de te comprendre, moi. Il faut pourtant qu'il y en ait qui disent oui. Il faut pourtant qu'il y en ait qui mènent la barque. Cela prend l'eau de toutes parts, c'est plein de crimes, de bêtises, de misère... Et le gouvernail est là qui ballote. L'équipage ne veut plus rien faire, il ne pense qu'à piller la cale et les officiers sont déjà en train de se construire un petit radeau confortable, rien que pour eux, avec toute la provision d'eau douce pour tirer au moins leurs os de là. Et le mât craque, et le vent siffle, et les voiles vont se déchirer, et toutes ces brutes vont crever toutes ensemble, parce qu'elles ne pensent qu'à leur peau, à leur précieuse peau et à leurs petites affaires. Crois-tu, alors, qu'on a le temps de faire le raffiné, de savoir s'il faut dire "oui" ou "non", de se demander s'il ne faudra pas payer trop cher un jour et si on pourra encore être un homme après ? On prend le bout de bois, on redresse devant la montagne d'eau, on gueule un ordre et on tire dans le tas, sur le premier qui s'avance. Dans le tas ! Cela n'a pas de nom. C'est comme la vague qui vient de s'abattre sur le pont devant vous ; le vent qui vous gifle, et la chose qui tombe dans le groupe n'a pas de nom. C'était peut-être celui qui t'avait donné du feu en souriant la veille. Il n'a plus de nom. Et toi non plus, tu n'as plus de nom, cramponné à la barre. Il n'y a plus que le bateau qui a un nom et la tempête. Est-ce que tu le comprends, cela ?

ANTIGONE secoue la tête
Je ne veux pas comprendre. C'est bon pour vous. Moi je suis là pour autre chose que pour comprendre. Je suis là pour vous dire non et pour mourir.

CRÉON
C'est facile de dire non !

ANTIGONE
Pas toujours.

CRÉON
Pour dire oui, il faut suer et retrousser ses manches, empoigner la vie à pleines mains et s'en mettre jusqu'aux coudes. C'est facile de dire non, même si on doit en mourir. Il n'y a qu'à ne pas bouger et attendre. Attendre pour vivre, attendre même pour qu'on vous tue. C'est trop lâche. C'est une invention des hommes. (...)
La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la. Tu verras, ça deviendra une petite chose simple et dure qu'on grignote, assis au soleil. Ils te diront tous le contraire parce qu'ils ont besoin de ta force et de ton élan. Ne les écoute pas. Ne m'écoute pas quand je ferai mon prochain discours devant le tombeau d'Étéocle. Ce ne sera pas vrai. Rien n'est vrai que ce qu'on ne dit pas... Tu l'apprendras toi aussi, trop tard, la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. Tu vas me mépriser encore, mais de découvrir cela, tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir, la vie, ce n'est peut-être tout de même que le bonheur.

ANTIGONE murmure, le regard perdu
Le bonheur...

CRÉON a un peu honte soudain
Un pauvre mot, hein ?

ANTIGONE doucement
Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse elle aussi, jour après jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ?
Jean ANOUILH

Toujours recommencer

La cathédrale - RODIN
"Et je vis Sisyphe qui souffrait de grandes douleurs et poussait un énorme rocher avec ses deux mains.
Et il s'efforçait, poussant ce rocher des mains et des pieds jusqu'au sommet d'une montagne.
Et quand il était près d'en atteindre le faîte, alors la masse l'entraînait, et l'immense rocher roulait jusqu'au bas.
Et il recommençait de nouveau, et la sueur coulait de ses membres, et la poussière s'élevait au-dessus de sa tête."
Homère

J'essaie vraiment. De toutes mes forces.
Tous les matins, toutes les nuits, je me dis : secoue-toi bon sang, ça devient ridicule à la fin !
De temps en temps j'ai un sursaut d'énergie, j'ai envie, je réagis...
Je remplis une poubelle, je la descends.
Je fais la vaisselle.
Je fais tourner une machine, je l'étends.
Je trie quelques papiers.

Je fais semblant.

Je n'y arrive pas.
Je n'en sors pas.
Je suis embourbée dans une sorte de sables mouvants, qui me paralysent, lentement, je descends.

Pourtant j'essaie.
Vraiment.

vendredi 3 juillet 2009

Ici la Voix

La porte claque derrière moi.
Le couloir étend sa peinture crasseuse, il me prend l'envie soudaine d'acheter un pot de laque pour recouvrir cet orange glauque et visqueux qui m'accueille à chaque entrée.
Mais j'entends déjà les piaillements haut-perchés de la proprio : "Aucun changement sans mon accord !"...
Qu'importe ! J'avance dans la cuisine dévastée, la vaisselle sale a envahi l'espace et semble surgir au fur et à mesure que mon regard balaie la pièce. Dans le fond, j'aperçois la longue table où s'attardent les invités.
J'installe le bébé sur son trotteur gonflable, il empoigne gaiement la grosse tête bleue et rouge de son canard et s'éloigne vers le jardin.
Il fait chaud, ma chemise légère en flottant autour de moi crée un courant d'air si agréable... Michel se lève en me voyant, il prend ma main et m'attire à l'écart, mon dos s'appuie contre le mur du coin, nos visages sont délicieusement proches, le souffle court, les lèvres entr'ouvertes, je frissonne et ferme les yeux.
Mais il tombe à genoux sur le carrelage, sa tête faiblit et se plie, il rampe vers le seuil en râlant : "J'ai froid, j'ai si froid tout à coup ! je ne sais pas si le soleil reviendra demain..." Dehors, le ciel s'est assombri, de lourds nuages noirs se déchirent autour de la lune tremblante.
Je hurle qu'il faut ramener le petit, l'appeler encore et encore de tout notre amour pour qu'il revienne : "Bébédou ! Bébédou !"
La Voix me réplique qu'il est trop tard, j'aurais dû mieux choisir, et j'aperçois la chemise rouge sang de Nagui. Il s'approche, prend ma main, m'enlace fiévreusement mais je me débats, supplie la Voix, m'aggrippe aux nuages sombres en pleurant : "S'il te plaît, s'il te plaît, je veux bien l'aimer mais mets-le dans le corps de Michel !"
Mes cris ont fait surgir le bébé, à cheval sur son canard il jaillit des nuages et je l'appelle, mes cajôleries se fondent dans le doux sifflement du plastique qui se dégonfle, bébédou mon amour, nous ne t'abandonnerons jamais, dors, dors.
Je l'emporte au creux de mes bras vers la véranda octogonale, aux stores de bois exotiques, avec son splendide lit blanc à baldaquin dont le haut fait mezzanine : un bureau y est installé, j'inspecte les chaises blanches, les larges plans brillants, mon regard se porte loin vers la forêt d'un vert sombre.
Émerveillée, je demande à mon fils : "Mais comment as-tu fait pour l'emporter sans qu'elle le voie ?"

Hum. Faut que j'arrête de m'endormir devant la télé moi.

mercredi 24 juin 2009

Audimat


Qu'est-ce que je fais de mes journées ?

Rien.

Je suis allongée sur mon lit et je regarde la télé.

Je regarde Secret Story. Les trois fois. A 11h, à 18h et à 2h du mat.
Et des documentaires aussi. Les chats des ruines de Rome. Les routes de l'impossible.

Et les feuilletons du matin sur la 2. En fait je suis sur la 2 à partir de 6h et demie le matin. William Leymergie.
A 7h30 je passe sur Canal. Maitena. Le Zapping, les infos. Beaugrand.
En général je m'endors toutes les trois minutes. Pas facile à suivre.

Avant à 9h je passais sur la Cinq. Les Maternelles. Mais là ils repassent des vieilles émissions.
Du coup je regarde Amour Gloire et Beauté jusqu'au bout.
Non mais là y avait un suspense terrible ! Stéphanie, la vieille méchante, elle étranglait Brooke, la blonde méchante, avec ... tu le croiras pas .... le fil du téléphone ! Le truc trop crédible, en 2009 un téléphone AVEC UN FIL, un vrai, à l'ancienne, tout en tire-bouchon...
Le plus terrible, c'est qu'elle s'est jetée sur la pôôôvre Brooke juste à la dernière minute de l'épisode de mardi. J'étais o-bli-gée de regarder ce matin.
Pff, à 8 minutes du début, Brooke s'est libérée, trop facile. Mais là, attention, Stéphanie l'a enfermée à CLÉ ! Dernière minute de l'épisode encore. Je dois regarder demain matin. Obligée.

Ah et aussi à 10h c'est la Une. Le Mag je crois. Ça va, ce sont des sujets ultra courts. Ils ont un zapping eux aussi, un peu avant 11h. Entre leurs deux horoscopes dans le désordre. Je ne sais pas pourquoi ils font ça : ils donnent l'horoscope en mélangeant tous les signes. Du coup tu ne sais jamais quand est-ce que ce sera le tien.
C'est un peu déstabilisant. Avec les années, je connais par coeur la succesion des signes... Ça me trouble d'entendre Verseau juste après Balance. Vraiment.
Alors je file me faire chauffer un bol de chocolat.

Midi : Nagui.
"Tout le monde veut prendre ..? SA PLAAACE !!" Je gueule avec le public, je montre "la place du champion" avec lui.
J'adore quand les candidats racontent leurs anecdotes. En général, Nagui les met en boîte, il est trop con des fois. Ça me fait rire.

Au générique de fin je zappe sur la Une, je tombe sur la question finale d'Attention à la marche. Je déteste ce jeu. Je ne trouve JAMAIS la bonne réponse. Soit les Fançais sont des menteurs, soit je ne les comprends pas du tout. Ou les deux.

13h, Jean-Pierre Pernaut et ses villages du fin fond de la Fance profonde. Il sourit quand le reportage parle de gamins. Je m'endors toujours vers et quart. Son "mot de la Bourse qui plonge aujpourd'hui" me réveille, sinon c'est le jingle de la météo, toujours plus fort.

Je passe sur la Cinq, le Magazine de la Santé. Ah, j'aime bien Michel Cymes, dès qu'il y a un sous-entendu sexe à faire, il est là. Un peu comme Nagui.
Je les ai beaucoup regardés pour préparer mon concours AP, en 2004. C'est super bien fait comme émission, les gamins n'aiment pas parce qu'il y a des opérations filmées en gros plan bien gore. Je me souviens encore de la femme à qui ils ont retourné le vagin à l'envers, dehors, pour lui retirer une tumeur sans l'ouvrir. Brrr...

Si je ne me secoue pas je m'endors. Encore. Ou alors je regarde le film débile sur la 6. Il y en a deux ces temps-ci, vers 2h et vers 3h et demie. Mais aussi sur la Une, à 3h. Des bébés échangés à la naissance, des femmes trompées qui font suivre leur mari, des meurtriers qui cachent trop trop bien leur jeu qu'on dirait jamais que la deuxième femme elle va se faire tuer aussi si elle n'arrête pas immédiatement d'avoir des soupçons non mais !
Quand c'est allemand autant zapper de suite, c'est archi nul. Après si c'est canadien faut voir, souvent c'est très cucul la praline, des jeunes étudiantes, des joueurs de hockey, tout ça. Et puis les vieux téléfilms américains des années 90, ouais bof. Ce qui m'éclate le plus c'est que je me suis habillée comme ça, je me suis coiffée comme ça, ouh la honte...

17h30, Des chiffres et des lettres : je deviens super forte au Compte est bon, et je ne trouve plus rien au Mot le plus long. L'âge. Le son est dégueulasse, faut que j'augmente aux deux tiers, et forcément ça hurle à la coupure au milieu. Ça m'énerve. Comme leurs commentaires débiles.

18h, la 6, le Dîner presque parfait. Maintenant je ne regarde plus que le premier quart d'heure : ça me donne faim chaque fois, et envie de faire la cuisine.
Quand je regardais jusqu'au bout j'étais stupéfaite par les commentaires faux-cul des convives. Ils portent bien leur nom des fois, de vrais cons. Vives. "Et la glace c'est toi qui l'as faite ? Et le foie gras c'est toi qui l'as fait ? Et la pâte de la tarte c'est toi qui l'as faite ? Ah." Systématiquement il y en a un ou plusieurs qui dé-tes-tent ce qu'on leur sert : poisson, moules, roquefort, agneau... Chais pas moi, si tu t'inscris à une émission où tu dois manger chez les autres, laisse tomber les "je ne bois pas d'alcool - je ne mange pas de fromage / de porc / de viande pas hallal /de fruits de mer" !

Bref. Non mais là, le summum de la débilité est ENFIN revenu sur les écrans : Secret Story ! Incroyable... Tous les soirs je reste scotchée par autant de crétinisme en concentré. Tout y est : le fric, le sexe, l'hypocrisie, les bastons. La connerie. C 'est tellement exagéré que ça en devient drôle, vraiment.

J'enchaîne sur la Famille en or. Les infos sur la 6. Malcolm. En général je mange. Ou pas. Si j'ai la flemme je ne bouge pas. J'attends le film ou le doc de la 1ère partie de soirée. Je continue sur le doc ou la série de la deuxième partie de soirée. Tout ça nous amenant en douceur vers les minuit. Ou plus.

Je pique du nez, je programme la minuterie pour 45 minutes. Quand la télé s'éteint ça me réveille, alors je la rallume. Je tombe sur des policiers allemands ou italiens, des rediffusions, des documentaires barbants. Je me rendors, en reprogrammant la minuterie. Me re-réveille.

Des fois c'est intéressant, je regarde, et ça me réveille tout à fait. Sauf qu'après, ça redevient très nul, et je n'ai plus sommeil.
D'autres fois c'est très intéressant mais je n'arrive pas à rester réveillée. Alors je m'endors et je me réveille en sursaut au générique de fin, et je ne sais pas qui a tué, ou pourquoi les mères porteuses c'est le mal, ou comment la BAC de Versailles a fini par choper le grand méchant caïd qu'ils traquaient depuis le début de l'émission.
Là en général j'ai mal au crâne, je bave, j'ai faim et trop envie de faire pipi. Du coup je ne me rendors pas de suite, et je zappe sans rien trouver : en même temps, je n'ai que 5 chaînes, le choix est limité. Ma télécommande a les boutons 7, 8 et 9 qui n'ont jamais servi.

Je lâche prise régulièrement vers 3h du mat. Sommeil agité, plein de rêves et de cauchemars.
A 5h et demi, j'ai déjà rallumé, Yves Calvi sur la Cinq et le ronron de ses invités me berce pour une heure supplémentaire, à moitié réveillée, dans un coma sirupeux.

La journée commence.

Y a rien à la télé...

dimanche 21 juin 2009

Au boulot


C'est bien joli de passer son temps à pleurnicher sur son pauvre petit nombril mais ça ne fait pas avancer le schilmiblik.

Je n'ai pas vraiment le choix : soit je baisse les bras, je laisse tomber, et je détruis à jamais la vie de mes enfants en supprimant la mienne. Soit je serre les dents, une fois de plus, et je fonce sans me poser de questions, et sans laisser d'autres me dicter ma conduite.

Donc je ressors mes projets, je me force à y croire, y a pas de raisons, ça va marcher. On dit que l'appétit vient en mangeant. A table...

La semaine dernière, j'ai cousu un porte-bébé pour ma fille : elle avait envie d'essayer le système du mei tai, sorte de sac à dos à bébé.
Essai peu concluant : les noeuds ça la gonfle, en plus au fur et à mesure de la balade il descend (alors que sur les démos il semble rester bien en haut ?!?), et je trouve que les bretelles, à plis pour bien répartir la charge sur les épaules, sont trop couvrantes, du coup elle a chaud très vite.
Point positif : Mister Monster adore, il a vite compris que ça voulait dire "balade" ! Il danse et saute dans le truc, et gratouille le dos de sa mère... mais la position lui permet de tout scruter sans rien perdre du spectacle autour : dans l'écharpe, son champ de vision était beaucoup plus limité.
Petite fierté pour moi : à la première sortie, une maman est venue demander à ma fille où elle l'avait acheté, parce qu'elle le trouvait très joli !

Bon, je vais y apporter quelques modifs, et hop ! production en chaîne !
Objectif numéro 8 bis : en vendre plein pour gagner plein de sous...

samedi 20 juin 2009

Travelling arrière

Il est 21h.
Je comate devant la télé, des rires enregistrés, Arthur et ses éternels invités s'amusent.
J'ai fait la vaisselle pendant que les frites doraient, passé la serpillière, mangé pendant que ça séchait.

Il est 18h.
Les voisins dans la rue parlent fort et rient sous mes fenêtres ouvertes, mon mal de crâne s'est définitivement installé.
J'ai lu la moitié d'un bouquin que j'aurais dû rapporter il y a une semaine à la bibliothèque.

Il est 15h.
Mes larmes coulent en silence sur mon oreiller, j'ai du mal à respirer.
Les filles viennent de partir, dans un dernier éclat de rire. J'ai fermé la porte et je me suis allongée.

Il est midi.
L'ombre de la cuisine après la balade au soleil, dans les rues sales. La télé en fond sonore, les jingles familiers, encore des rires : complicité des heures calmes avant la sieste.
Je fais chauffer les légumes, nourris la tribu et le bébé affamé, fatigué. Pas envie de manger, j'ai un peu mal à la tête.

Il est 9h.
La salle d'attente est vide, les magazines bien empilés. Derrière la porte un petit se fait vacciner, hurlements.
Énième visite chez mon médecin, on tourne en rond, il n'a rien, ne sait rien, me prescrit encore des cachets et des sirops en rafale, remplit des papiers.

Il est 6h.
Le bébé s'agite dans son lit, il grogne et gémit, mes filles dorment de l'autre côté.
Depuis sa dernière tétée, je n'ai pas pu me rendormir, dans ma tête un ballet fou danse une ronde infernale : est-ce que j'ai vraiment tout imaginé ?

Il est 3h.
La télé ronronne, ma fille a éteint l'ordinateur et s'est endormie à son tour.
Dans son lit près de moi, le bébé digère, un sourire aux lèvres. Sa mère sursaute de temps en temps, se retourne et se rendort.
Dehors le vent s'est levé, le rideau s'agite aux rythmes des bourrasques, ses ombres légères enlacent mes idées sombres. Je ne sais pas quoi faire.

Il est minuit.
Petit à petit le sommeil a eu raison de la plupart d'entre nous, seule ma fille fait face à son écran bleu, le bruit léger des touches du clavier accompagne mes battements de paupière.
L'hôpital, la voiture, mes cachets, des tonnes de papiers, une bouteille, l'autoroute, des portes qui claquent... mes enfants. Tout s'emmêle, et le docteur hurle : "Vous n'avez rien...Vous n'avez rien !" Je me réveille le coeur battant.

Jeudi après-midi, le médecin-conseil a lourdement insisté pour que j'accepte un séjour en unité psychiatrique. Ensuite l'assistante sociale a écrit à ma place la lettre demandant un congé longue durée. Et quand nous avons passé le péage de l'autoroute, contrôle de gendarmerie, "soyez prudente.. n'ayez pas d'accident... allez-y madame faites attention !"
J'ai cette impression étrange que je me suis perdue. Je ne sais plus où j'en suis, quelle route prendre, quelle direction doit être la mienne maintenant.

Je vais m'arrêter.

Le monde est stone

Je cherche le soleil
Au milieu de ma nuit
J' sais pas si c'est la Terre
Qui tourne à l'envers
Ou bien si c'est moi
Qui m'fait du cinéma
Qui m'fait mon cinéma...

J'ai plus envie de m'battre
J'ai plus envie d'courir...

jeudi 18 juin 2009

Fatiguée

Hier, de 11h à 13h, j'ai subi la visite de l'assistante sociale de l'Inspection.
Elle a passé deux heures à éplucher ma situation, et surtout à tenter de me convaincre de ne pas démissionner. Chaque fois que je prononçais le mot, elle s'énervait, et me vantait les mérites de la dispo plutôt : "Comme ça vous aurez le temps de réfléchir, et surtout vous pourrez retrouver un poste...."
Pas moyen d'argumenter, impossible de libérer l'avenir, MON avenir ! Je suis remontée chez moi épuisée, la tête en vrac, juste sûre d'une chose : ce n'est pas à moi de choisir.

J'ai ensuite pris de plein fouet, le soir, le discours suffisant et péremptoire d'un toubib déjà parti en vacances, qui ne connaît ni mon dossier, ni les souffrances qui m'ont amenée dans son bureau. Je suis rentrée chez moi abasourdie, incapable de rassembler les milliers de morceaux de moi qu'il avait éparpillés en quelques phrases bien senties.

J'ai passé la nuit à attendre que le jour revienne.
Je me suis plongée dans les photos de mes enfants, de mon petit-fils, leurs sourires, leurs délires, pour rester là, avec eux, ne pas faire de conneries, ne pas me foutre en l'air.
Et parfois je m'enfuyais, je descendais en courant, l'air de la rue pour balayer mes souvenirs, les images de cette journée, des jours d'avant. Je courais et m'arrêtais, essoufflée, à bout de forces, vidée. Je rentrais à petits pas. Et tout recommençait.

Il est huit heures du matin. J'ai rendez-vous cet après-midi à Montpellier, avec le Médecin-Conseil de l'Inspection. Et je dois passer voir ensuite l'assistante sociale, pour préparer mon passage en commission, cet été.
Ma fille m'attend, je dois l'emmener voir son conseiller ANPE, pour le financement de son école, l'année prochaine. Demain elle a sa journée d'inscription, ici, donc elle dort chez moi ce soir, avec son bébé.

Il est huit heures du matin. Je suis face à une longue journée, une de plus. Avant celle de demain. Et puis le WE. La dernière semaine de juin. L'été.
Je ne sais plus à quoi ça sert, tout ça.
Je suis fatiguée.

mercredi 17 juin 2009

Discrète

"Bonjour.. Mme TrucMachin ? Allons-y..."
J'avance, je ne dis rien.
"Fermez la porte, asseyez-vous."
Je ferme, m'asseois, je ne dis rien.
"Voyons... je relis un peu votre dossier pour me le remettre en mémoire n'est-ce pas ?"
Je ne dis rien.
"Hum, oui, huhum, oui, oui, je n'ai pas... Hum... Je n'ai pas le résultat de votre myélogramme..."
Je ne dis rien.
"Bonjour ici le Dr 9DC, je vous appelle parce que je n'ai pas le résultat d'un myélogramme que j'ai envoyé il y a un moment..."
Je lève les yeux pour ne pas pleurer, je ne dis rien.
"Hahan... oui... hum... oui... oui oui, je vois ça... han han... oui... ok... oui... Bien... Vous m'envoyez tout ça ? Ok."
Je ne dis rien.
"Donc en fait, voyez-vous, je viens juste de prendre connaissance de vos résultats. Bien, effectivement, on a donc confirmation des différentes anomalies de votre formule sanguine..."
Je ne dis rien.
"Personnellement j'aurais tendance à ne pas m'y attacher, voyez-vous ce sont des anomalies discrètes, multiples il est vrai *tapote les feuilles du dossier sur son bureau*... on retrouve des anomalies à différents stades de formation de l'hémoglobine... huhum... mais discrètes... *se renverse sur son fauteuil les mains croisées sur son ventre* donc je dirais... que vous n'êtes pas malade."
Je ne dis rien.
"Bien... Disons qu'actuellement, seule l'anémie * se penche vers moi en me transperçant du regard* im-por-tan-te ! cette anémie. Étonnante !... Vous en êtes à moins de 9 grammes d'hémoglobine ! Vous ne POU-VEZ-PAS vous balader avec 9 grammes d'hémoglobine !!"
Je ne dis rien.
"Alors voilà, moi je pense qu'on va s'attaquer à cette anémie, à ce qui la cause, et puis le reste, eh bien, comme je vous l'ai dit, on ne s'y attarde pas *me jette un coup d'oeil* parce qu'effectivement, vous avez des anticorps anti-ADN, et d'autres.. hum... marqueurs... hum... qui... mais voyez-vous, ils ne sont là qu'en tant que ... comment dire ?... témoins !"
Je baisse les yeux, ne dis rien.
"Donc voilà ! vous allez prendre du fer, et puis... et bien... euh... *feuillète le dossier devant lui* je vois que vous prenez du Ferrostrane ?"
Mon menton plonge pour dire oui.
"Vous allez continuer, hein... et puis retournez voir votre gynéco, reprenez une contraception hormonale, n'est-ce pas. A votre âge, la première cause d'anémie chez...les...*moue légèrement méprisante*...femmes est gynécologique. Donc ..."

Voilà. Il est renversé sur son fauteuil, se balançant légèrement, les doigts en triangle devant son menton. Il ne dit plus rien.
Alors je fais passer mon trousseau de clés dans l'autre main, serre mon classeur bleu contre moi, je me lève et me dirige vers la porte.
Sans rien dire.
Il me suit, me tend la main. Je la serre à peine, je m'enfuis, courant presque dans le long couloir étroit.

discrète : qui agit avec réserve. - qui sait garder un secret. - qui n'attire pas l'attention.
Ça a duré 18 minutes. Je n'ai rien pu dire. Comme mes anomalies.

Lentement, mais toujours en avant


"Encyclopédie du savoir relatif et absolu, Edmond Wells

Vaut-il mieux avoir le squelette à l'intérieur ou à l'extérieur du corps ?

Lorsque le squelette est à l'extérieur, il forme une carrosserie protectrice. La chair est à l'abri des dangers extérieurs mais elle devient flasque et presque liquide. Et lorsqu'une pointe arrive à passer malgré toute la carapace, les dégâts sont irrémédiables.

Lorsque le squelette ne forme qu'une barre mince et rigide à l'intérieur de la masse, la chair palpitante est exposée à toutes les agressions. Les blessures sont multiples et permanentes. Mais justement, cette faiblesse apparente force le muscle à durcir et la fibre à résister. La chair évolue.

J'ai vu des humains qui avaient forgé grâce à leur esprit des carapaces intellectuelles les protégeant des contrariétés. Ils semblaient plus solides que la moyenne. Ils disaient : "Je m'en fous" et riaient de tout. Mais lorsqu'une contrariété arrivait à passer leur carapace les dégâts étaient terribles.
J'ai vu des humains souffrir de la moindre contrariété, du moindre effleurement, mais leur esprit ne se fermait pas pour autant, ils restaient sensibles à tout et apprenaient de chaque agression."

Bernard Werber - Les fourmis

J'ai rendez-vous ce soir, à 17 heures.



dimanche 7 juin 2009

Le travail c'est la santé


Fin janvier j'ai vu mon Inspectrice (oui on est comme ça dans l'Éducation Nationale, très possessif avec tout et n'importe quoi, MON Inspectrice, MES parents d'élèves, MON Conseil de cycle..) et je lui ai dit que je voulais démissionner.
Alors déjà, elle ne connaissait absolument pas la procédure à suivre - "vous comprenez, c'est la première fois en 20 ans que j'ai une telle demande !" Ah bon ? Je pensais que les pétages de plomb étaient plus courants pourtant.
Donc, on a découvert ensemble que la letttre - brillante et un peu désespérée - qui exposait mon projet devait effectivement passer par elle avant d'atterrir à l'Inspection Académique : ça a pris 5 semaines.
Ensuite, l'Inspection m'a répondu (encore 4 semaines de plus) "d'user de préférence de tous mes droits à congé maladie"... J'ai trouvé ça stupéfiant : je croyais que la Sécu avait un trou énooormissime, et qu'il fallait se battre contre les arrêts abusifs, et tous ces fainéants qui profitent du système ?
J'appelle l'Inspectrice, pour lui rappeler que je veux avant tout me libérer, pour passer à autre chose. Elle enregistre ma décision, essaie encore un peu de me convaincre de réfléchir, d'attendre (mais attendre quoi ?)
Huit jours plus tard - nous en sommes début avril - nouveau courrier : cette fois on me propose de prendre ma retraite. J'ai 4 enfants, et plus de 15 ans de Fonction Publique, donc j'ai accès à la "jouissance immédiate".
Non non, calmez-vous, rien de cochon dans cette drôle d'expression ! Ça veut simplement dire que si j'accepte la mise à la retraite, je toucherai ma pension dès le premier mois, sans attendre l'âge respectable de 60 ans ( ou plus, vu comme c'est parti...) Montant faramineux : 1000 euros bruts mensuels...
A l'époque je suis en plein dans mes démarches pour faire autre chose. C'est aussi le mois où je porte mon fils à bout de bras pour ne pas qu'il coule. J'ignore donc ce courrier.
Fin avril, rendez-vous avec l'interniste, je suis à cran. C'est l'entrée en scène de l'assistante sociale : plus crampon tu meurs ! Coups de téléphone, messages interminables sur le répondeur, visites... Elle appelle mes collègues, mon docteur, elle s'incruste chez ma propriétaire et interroge mes voisins.
Je déteste les assistantes sociales. Celle-là ne me réconcilie pas avec la profession.
Quinze jours de harcèlement plus tard, visite de contrôle à mon domicile par un médecin-conseil : évidemment, il faut que ce soit le jour de mon hospitalisation ! Évidemment, il ne me trouve pas, et en réfère à l'Inspection...
Très logiquement, lettre recommandée, injonction de me présenter à son cabinet le 29 mai à 10h, "suite à ma visite infructueuse du 12 mai à 15h30 à votre domicile".
Tout aussi logiquement, qui se présente au cabinet du bon docteur à 15h30 le vendredi 29 mai ?
La grosse pouffiasse blonde à l'accueil me gratifie d'un merveilleux "Et vous êtes instit ? vous leur apprenez à lire comment à vos élèves ?". Sans aucun égard pour les larmes qui me montent aux yeux, elle me fixe un nouveau rendez-vous pour le mardi suivant.
Sauf que..
Le mardi suivant, j'ai fui, et j'ai complètement oublié ce rendez-vous. Je suis chez ma fille. Nouvelle lettre recommandée. Nouvelle injonction de me présenter.
J'y suis allée hier matin. L'haleine un peu chargée...
Je suis officiellement placée en congé prolongé pour Affection de Longue Durée.
Quelqu'un peut s'occuper de récupérer mes résultats ?

samedi 6 juin 2009

Vivre

Il était une fois une histoire sans fin.

Vendredi 29 mai, pas de courrier, je vais voir mon toubib et lui demande d'intervenir, peut-être pourrait-il en savoir plus...
Pas de résultats, il faut attendre, attendre.
Je passe le WE en tête-à-tête avec ma bouteille, que je vide. Mardi je m'enfuis chez mes filles, j'y reste toute la semaine, à m'étourdir des rires de mon petit-fils. Je m'active, range, fais la cuisine, bricole, pour ne plus penser, pour oublier. Pour ne pas hurler.

Vendredi 5 juin, je suis rentrée. Pas de courrier, je vais voir mon toubib et lui demande d'intervenir, peut-être pourrait-il en savoir plus...
Pas de résultats, il faut attendre, attendre.
Je suis passée m'acheter une autre bouteille. Pour ne plus hurler.