vendredi 29 mai 2009

Attente


Je n'en peux plus d'attendre, c'est infernal, interminable...
17 jours, égrenés heure après heure sans aucune pitié.
Les pas du facteur dans la rue, le clapet de la boîte aux lettres qui retombe,
mes propres pas dans l'escalier, et mon coeur qui bat :
des pubs, un magazine télé, deux factures,
le courrier de la voisine, celui de mon fils.
Et rien pour moi.

Onze heures, la journée s'annonce longue et brûlante,
derrière mes volets fermés j'étire le temps.
J'attends.

Je ne sais plus rien faire d'autre,
Je me suis perdue dans cette attente,
j'ai disparu au reste des gens.

Demain, le facteur repassera,
derrière mes volets je l'entendrai,
et cette fois, il les aura.

Mes résultats.

samedi 23 mai 2009

Statistiques routières

Il paraît qu'un mort sur cinq, sur la route, n'avait pas bouclé sa ceinture de sécurité.

Est-ce à dire que les quatre autres tués l'avaient bouclée ?

Mais alors, la ceinture, ça sert à rien en fait....

mardi 19 mai 2009

Je n'aime pas les assistantes sociales

Il y a dix ans, je suis venue passer deux semaines dans un bungalow près de Portiragnes, dans l'Hérault. Vacances de Pâques, avec mes deux filles, une amie collègue, et ses deux garçons. Mon fils était à cette époque aux Antilles, avec son père.
Vacances très chouettes, le soleil commençait à pointer, en tout cas on le voyait bien plus que dans notre triste banlieue parisienne.
Au retour, m'attendait un courrier de l'Inspection Académique, ma demande de mise en disponibilité m'était accordée...
Ça faisait quatre ans que je participais à toutes les commissions de mutation et permutation, sans succès, à cause de mon tout petit barême et de mon peu d'ancienneté. Pas de conjoint à suivre, pas d'enfants malades à éloigner de la ville, pas de vieux parents à soigner... Aucune chance de passer avant de longues années.
J'étais alors "juste" institutrice. Mon projet était de passer le concours de prof des écoles, je pensais pouvoir ainsi entrer à l'IUFM de Montpellier.
Autre illusion : j'imaginais que, comme tant d'autres autour de moi, je toucherais des allocs et autres RMI, pour survive à cette année sans salaire. En se serrant un peu la ceinture, c'était jouable, les enfants auraient été boursiers, et hop ! A nous le soleil et la plage !

Las ! Ma directrice de l'époque, qui m'avait il est vrai beaucoup aidée à sortir de la tempête du divorce, a considéré que j'avais perdu la tête. Après plusieurs semaines de pressions et manoeuvres diverses pour me faire renoncer à mon projet, elle a cru bon de prévenir les services sociaux de l'Académie.
Une première assistante sociale a débarqué à l'école, pour "s'entretenir" avec moi. Innocente, j'ai exposé mon plan, qu'elle a méthodiquement détruit point par point. Les bourses ? les demandes étaient bouclées depuis trois mois déjà. Les allocations ? pas avant plusieurs semaines, le temps de transférer le dossier. Le RMI ? pas accordé à ceux qui délaissent volontairement un emploi salarié. Le concours ? interdit à ceux qui sont déjà enseignants.
Et le coup de grâce ... "Saviez-vous que votre ex-mari peut s'opposer à votre déménagement ?" Mais... ça fait deux ans qu'il s'est barré aux Antilles et qu'il ne paie pas la pension, au nom de quoi il aurait son mot à dire ? "Au nom de l'autorité parentale, madame, tout simplement !"

Là, c'en était trop. Je me suis levée si brusquement que la table s'est renversée, et je me suis enfuie, laissant - grave erreur - la directrice et l'assistante sociale ensemble.
Deux semaines après, nouvelle attaque, nouvelle assistante, chez moi cette fois. Bêtement je l'ai invitée à rentrer : si j'avais su...

Un mercredi ordinaire avec trois enfants de 8 à 13 ans. La vaisselle de la veille accompagnait celle du petit déj, pris à midi. Le linge sale d'une semaine s'entassait devant la machine, celui propre de la semaine d'avant dormait dans le panier. Les jouets et accessoires divers recouvraient chaque centimètre carré dans les chambres, les couettes-cabanes avaient déserté les lits. Les cahiers de la grande se battaient avec les livres éparpillés par terre.
Elle a regardé tout autour d'elle, avec un air pincé. Les trois gamins, encore en pyjama, ont débarqué dans le salon en se disputant.
Vous avez remarqué ce curieux phénomène ? C'est toujours quand vous êtes au téléphone qu'ils se mettent à hurler en se poursuivant tout autour de vous. Ça marche aussi avec les visites.

"Hum. Ils ne sont pas allés au collège ce matin ?"
Euh non. Leurs profs avaient des conseils, je ne voyais pas l'intérêt de les réveiller pour les envoyer en salle de permanence.
Nouveau regard circulaire, nouveau toussotement. Elle s'est levée, m'a tendu la main, est partie. Dix jours après, j'ai reçu le double d'un rapport recommandant de confier mes enfants à leur père, car je me montrais "totalement incapable de leur assurer la sécurité et le cadre de vie adapté à leurs besoins les plus essentiels." En vrac, ils étaient sales, mal nourris, déscolarisés, et visiblement très malpolis. Et risquaient de finir sous les ponts l'année suivante, si je ne renonçais pas à mon "projet stupide autant qu'irresponsable".

J'ai dû renoncer à ma dispo. Annuler mon préavis. Reprendre une classe. M'engager à suivre une psychothérapie. Accepter les visites de contrôle de mon domicile, à l'improviste.
Les enfants ont été inscrits dans un collège privé, près de chez ma mère, qui les nourrissait le midi. Avec une heure de métro par jour. La petite a dû manger à la cantine.
Pendant six mois, la rage au coeur, je me suis battue pour que la dépression, cette vieille amie, ne reprenne pas le dessus, leur donnant raison, livrant mes enfants à leur père.
En décembre, j'ai découvert que je pouvais présenter le concours interne dans l'académie de mon choix. Mes insomnies se sont peuplées de cours et de révisions, et je l'ai décroché en juin 2000. Nous avons déménagé, et refait notre vie tranquillement ici.

Ce soir je suis retournée sur la plage de mes belles vacances, il y a dix ans. Mes souvenirs sont là, intacts. Ma rage aussi.

vendredi 15 mai 2009

"On vous fera un myélogramme..."

Trocart : Instrument chirurgical composé d'un poinçon cylindrique à bord tranchant, monté sur un manche et contenu dans une canule. (Larousse Médical)

Vu de près, ça ressemble à un tire-bouchon design, pas méchant du tout. Le sourire du toubib va bien aussi, pour un peu je m'attends presque à voir débarquer l'infirmière avec une bonne bouteille et du saucisson...
Quand il m'allonge la tête à plat, les bras écartés, les jambes un peu relevées, il m'explique vaguement : "Je vous mets à l'aise, pour éviter le malaise." Je réprime un début de fou-rire devant la rime vaseuse. C'est sûrement nerveux.
Désinfection, badigeonnage, il déplie le champ, l'installe. Attrape une seringue avec une longue aiguille fine. "On y va ?" Euh... oui. A ce stade, je me vois mal prendre la poudre d'escampette hein.
C'est l'anesthésie. L'aiguille pique, le produit brûle. Je suis une grande fille : je souris bravement. Un peu plus crispée quand il bouge l'aiguille : aïe. "Ça fait mal ?" Ben oui, un peu. On attend. Le produit s'écoule lentement, ça brûle de plus en plus, puis enfin les sensations s'estompent.
Mais qu'est-ce qu'il fabrique maintenant ? Il se met à taper A L'INTÉRIEUR, sur l'os, il tape à droite, à gauche, fort, de plus en plus FORT ! Eh oh, ça va pas non ? C'est pas un peu fini ton cirque ? Non. Ça dure, ça dure, ça y est, c'est malin, les larmes me montent aux yeux... "Vous sentez encore quelque chose ?" Mais oui je sens ! Abruti !
Il attrape enfin son tire-bouchon sophistiqué, et entreprend de me visser le machin dans le thorax. Il appuie fort, visse, appuie : mais je vais finir par traverser le lit si tu continues mon gars, oh !
Je crois qu'il ne m'entend pas. Je crois que je ne dis rien en fait. Alors il continue à appuyer comme un malade, je le vois s'arc-bouter et j'entends le lit grincer sous son poids. Au secours ! Mes larmes coulent maintenant. J'étouffe, je n'ose pas respirer ou le repousser. Et soudain, un craquement horrible, un sourire victorieux sur ses lèvres : mon os a cédé, le poinçon l'a pénétré.
Vite, il sépare la poignée en deux, introduit dans la partie fichée en moi une grosse seringue en plastique. Tout se passe là, juste sous mon nez, et je sens venir le trou noir. Les yeux au plafond, pour ne plus voir, je me concentre de toutes mes forces sur cette drôle de trace là-haut. 
Je sens couler mes larmes derrière mes oreilles, sur le drap, je renifle, je ne veux plus entendre ou voir ses manipulations. Le temps ne passe plus, seul le médecin s'agite dans cette chambre figée, je suis clouée sur le lit par un énorme pieu qui pointe sous mon menton. 
Enfin, il s'approche, retire d'un geste sec tout cet attirail qui me plombe la respiration, nettoie, panse, s'éloigne.
"C'est terminé." Tant mieux. 
"Vous pouvez vous rhabiller." Ah non je ne peux pas : mes bras battent l'air, ils ne m'obéissent plus. J'ai un mal fou à viser les trous de mes manches. C'est pitoyable.
Il me salue, roule son chariot dans le couloir, referme la porte. Je n'ai rien dit. Assise sur le bord du lit, à moitié engoncée dans mon tee-shirt de travers, j'ai le menton qui tremble et une boule au ventre.
L'infirmière qui arrive me rallonge, me rassure, m'enveloppe de mots que je ne comprends pas. "Ça va aller, ça va passer..." J'ai froid, j'essaie de me recroqueviller mais tout mon corps est endolori, et dans le bas de mon dos monte une brûlure que je reconnais.
Une minisieste cahotique plus tard, entrecoupée de prises de sang et d'un électrocardiogramme, j'ai enfin le droit de manger, et surtout de boire ! Il est 13h, je n'ai rien avalé depuis la veille au soir.
Mon fils vient me chercher, je rentre à petits pas, cassée. "Pas d'efforts pendant au moins 24h, prenez du paracétamol si vous avez mal." J'ai mal. De plus en plus, au fur et à mesure que la soirée avance.
J'ai avalé un cintre, et sa poignée est restée coincée dans mon gosier. Je suis Dark Vador et mon armure a été glissée sous ma peau. Un GrosMinet m'a repérée, ma cage de Titi déplumé a remplacé mes côtes. 
Je ne peux plus respirer. Je n'arrête plus de pleurer. Je gémis, et cette mélopée finira par m'endormir. Quelques heures hachées par mes réveils terrifiés, mes combats désespérés pour repousser l'éléphant bleu qui me piétine, arrêter cette perceuse infernale, éviter le camion qui me percute, encore et encore, au rythme des battements de mon coeur. 
Cet enfer durera presque deux jours. Ce matin, pour la première fois depuis l'examen de mardi, je me suis réveillée sans mon armure, presqu'étonnée de mon aisance retrouvée.

A quel moment m'a-t-on prévenue que ce serait si douloureux ? Hum.

mardi 12 mai 2009

Dormir comme un bébé

Dorian, 9 mois

C'te bonne blague...

Dehors l'orage et ses craquements sinistres.

Dedans l'angoisse.

Dans quatre heures rendez-vous à l'hôpital, encore, enfin.

Pour en finir avec les questions, les complications... ? Je n'en peux plus d'interroger ce corps qui me lâche, qui me porte, ce coeur qui tremble au bord du doute, ces larmes qui noient chaque seconde d'inattention, tenir bon, et sourire...

A quoi bon ?


vendredi 8 mai 2009

Hier, journée de l'écrivain


Non non, je n'ai pas encore rajouté de pages à mes oeuvres inachevées.
Je me suis juste attelée à écrire les courriers nécessaires pour récupérer mon argent qui dort ici et là.
A commencer donc par mon ex-mari. J'ai enfin finalisé le dossier qui devrait me permettre de le coincer. A ce jour, il me doit un arriéré conséquent de pension alimentaire, des dommages et intérêts pour ce retard, et la moitié de deux crédits importants contractés pendant notre mariage, que j'ai remboursée seule à l'insu de mon plein gré. Comprenez : en voyant chaque mois mon salaire amputé d'un tiers, par saisie à la source.
Il faut savoir qu'il s'est remarié avec une riche héritière créole : c'est son coffre-fort que j'ai bien l'intention de piller !
Mais comme je sais à quel point la justice peut prendre son temps, j'ai posté hier un e-mail lui dressant le tableau de ce qui l'attendait. Qui sait ? Ça va peut-être le motiver pour me régler au plus vite...

De : lorys03@xxx
A : s.pxxx97@xxx
Objet : Patiente... ou trop conne ?

Je crois que la question ne se pose plus.
J'aurai vraiment tout essayé, je t'aurai donné je ne sais combien de fois l'occasion de me prouver que tu étais digne de la confiance que tu réclames.

Cette fois c'est terminé. J'ai préparé un dossier pour que la CAF prenne le relais dans ma demande de versement de la pension alimentaire. J'y ai indiqué tous les renseignements que j'ai pu rassembler, étant donné l'opacité qui entoure (volontairement ou non) ta vie actuelle.
Je ne sais pas où tu travailles, quels sont tes revenus et tes charges, ou la domiciliation de tes comptes bancaires.
Mais j'ai bien peur que les mails échangés avec ton fils sur les 3 voitures, les 2 motos, les bateaux, la piscine ne passent pas trop bien auprès du contrôleur.

Je ne sais pas comment tu as échappé à l'huissier en 2003.
Mais il me semble que le juge n'appréciera pas plus que ça que les deux ans de mise à l'épreuve qu'il t'a - je me demande encore pourquoi - généreusement acccordé à l'époque, aient servi en fait à payer ton remariage.
Ah parce qu'évidemment, je ne manque pas de lui signaler au passage que tu as maintenant (et depuis 5 ans) deux revenus dans ton ménage..
J'espère juste pour Jxxx qu'elle a pris la précaution de signer un contrat de mariage pour se protéger.
Non, en réalité, je souhaite juste le contraire ! Car l'agent CAF qui m'a reçue m'a bien expliqué : au vu des pièces que je fournis, tu as peu de chances d'échapper à la saisie de tout ce qui a un peu de valeur chez vous.

Sache que parallèlement je dépose une seconde plainte, dans la mesure où tu menais la grande vie pendant que j'accumulais les chèques sans provisions, les loyers payés avec retard, le frigo vide, les kilomètres à pied puisque pas d'argent pour réparer ma vieille voiture.
Il me semble que cette fois-ci, le juge ne se laissera pas abuser par une jolie lettre où tu pleurnicheras sur tes faux problèmes.

Inutile de rajouter que je demande à ce qu'on te flanque en prison sans sursis cette fois : c'est pour moi la garantie que tu n'essaieras pas d'amadouer les huissiers qui viendront vider ta maison et ton garage.

Ah, un dernier détail, au cas où tu t'imaginerais pouvoir cette fois encore passer au travers des mailles du filet : en sortant de la CAF lundi je passerai au commissariat (c'est pratique il est juste en face) signaler que tu t'es soustrait à ta condamnation, en reportant indéfiniment le paiement alors que tu en as largement les moyens.
C'est juste pour le plaisir de t'empêcher de quitter désormais la Guadeloupe, sans courir le risque d'être arrêté à l'aéroport.

Disons que je tiens absolument à ce que tu me verses au plus vite ce que tu me dois, et que cette fois-ci je ne serai ni patiente, ni trop conne.

Et braver le silence

"Mais tu n'es jamais chez toi ?"
Bah non.

La semaine dernière,  aller-retour (presque) express en Vendée pour régler la paperasserie du fiston : ça y est, il va mieux, après une deuxième alerte il y a dix jours, le moral commence à revenir, avec les projets. Il a donné sa démission, et trouvé un nouveau boulot ici, dans le Sud, près de nous et de ses copains. Il grossit, rit, me fait la cuisine, veut s'acheter un vélo.

Ce week-end, du coup, grosse fatigue. Samedi après-midi au lit, et j'ai à peine bougé le petit orteil droit dimanche. A peine.

Lundi, hop ! rebelote ! Je dépose le fiston sur le bateau d'un copain et continue la route : cette fois c'est la paperasse des filles qu'il faut expédier, ouverture d'un compte-chèques pour la toute  nouvelle majeure, carte d'identité pour la jeune maman...  

Il fait abominablement chaud, et mon petit-fils a décidé que la nuit, c'est plus rigolo de pleurer toutes les deux heures.
Sa mère craque à nouveau, sa mémère (c'est moi...) prend le relais.
Blanche est la nuit. Aussi blanche que la dent qui est enfin sortie, petite pointe de nacre à peine visible au détour d'un grand sourire.
Zoomez sur la photo et vous pourrez vous aussi l'apercevoir, bande de veinards, sans vous faire mordre ni baver dessus.

Mais le lendemain, il faut assurer entre les micro-siestes de la crapouille. Ça c'est rude... il faut à nouveau batailler pour qu'il lâche prise et accepte de s'endormir.
Finalement je reste un soir de plus : l'occasion pour les jeunes parents de fêter au restaurant l'anniversaire de Monsieur. 

Et de tondre Mademoiselle N° 3.
Oui oui, c'est son coup de folie, sa lubie des dix-huit ans. Elle veut changer de tête.
Le changement est... hum... étonnant. Mais craquant.
Elle a un joli crâne ma fille.

Mercredi...
Le petit homme semble retrouver un peu de sérénité, sa mère aussi. Ils dorment tous les deux. Pas moi !

Pas motivée pour deux sous, je reprends le volant à 18h, soleil de plomb, file ininterrompue de camions sur l'autoroute, j'ai chaud, j'ai soif, j'ai sommeil...
Bon, pensée positive : je n'ai pas faim.
Bah oui, quand je manque de sommeil à ce point, j'ai la nausée !

C'est un peu difficile à comprendre pour mon fils, qui m'a préparé depuis la veille des spaghetti bolognese. Légèrement déçu le fiston, quand je fonce d'abord à la douche, puis dans mon lit. Bon, je lui expliquerai. Demain.

Et après, on s'étonne que je débranche le téléphone...
"Mais, t'es jamais chez toi ?"
Euh, des fois si.
 

jeudi 7 mai 2009

T'as le bonjour de Schlorenn !


Le titre de ce billet est une blague qui me fait beaucoup rire, mais surtout parce qu'elle ne marche jamais... Avouez : lequel d'entre vous s'est posé la question, en lisant : "Mais c'est qui, Schlorenn ?" Nan, personne ne me l'a jamais demandé, même en insistant lourdement. Alors évidemment, c'est beaucoup moins drôle.
Voilà. C'est l'histoire de ma vie. Je ris plus que n'importe qui à mes propres blagues. Ou alors (pire) je dois les expliquer.

Bon ces derniers jours je n'ai pas trop rigolé. Mais on s'en fout un peu, hein ?

samedi 25 avril 2009

A mon tour !

Je suis une rêveuse. 
Je rêve que je gagne au Loto, ou à Euromillions. 
Alors vite, vite je me réveille, et j'écris les numéros que j'ai vus.

Quand je joue, je joue ces numéros-là.
Deux euros. Pas cher le rêve.
Si je me débrouille bien, j'en prends pour 24h : suffit que je m'endorme avant le tirage.
Alors je rêve que je dépense tous les millions que j'ai gagnés au Loto ou à Euromillions.
Bon là, je ne me dépêche pas trop de me réveiller.

D'une manière générale je gagne entre deux et six euros chaque semaine. C'est la mise que je ne joue pas. 
Comme mes numéros ne sortent pas, c'est bien aussi.

Sinon des fois je gagne pour de bon. 
Avec les numéros de mes rêves.
Mais je n'ai pas encore trouvé le moyen qu'ils soient là tous en même temps, sur le même tirage.

Bon hier j'ai joué 6 euros, avec mes filles. Eh bien on a gagné 8.80 euros. Un seul numéro. Cool.
Mais qu'est-ce que ce sera quand on aura les cinq d'un coup ? Ha ha.

Cette nuit je vais rêver qu'on empoche les 98 millions de la semaine prochaine.
Je vous laisse, j'ai quelques chèques à signer.

vendredi 24 avril 2009

Who are you ?

Question : qui sait ce qu'est un médecin interniste ? A moins d'en avoir consulté un, difficile de savoir que c'est un spécialiste de la médecine interne.
Une sorte de Gil Grissom des maladies : il examine à la loupe tous les symptômes les plus éparpillés que vous pouvez lui apporter, et cherche le coupable.
Donc nous avons un corps, mal en point, et une question : qui a fait ça ?
Des examens du sang : carence martiale, formule inversée, VGM élevé et protéine C réactive, thrombocytose mais électrophorèse normale...
Des inflammations qui se baladent  : foie, estomac, pancréas, disque lombaire, bouche, oeil...
Cheveux qui tombent, bouffées de chaleur, cycles irréguliers : aha, problème gynéco ?
Remontées acides, douleurs abdominales, selles décolorées : tiens tiens, atteinte du tube digestif ?
Mal au dos, phlébite, spasmes musculaires, fièvre, dépression... ah bah là, évidemment... euh...
Début janvier, premier rendez-vous, ça ne se passe pas très bien : je suis épuisée, angoissée, désemparée. Je ne sais pas répondre à ses questions, n'arrive pas à établir de liens, fonds en larmes toutes les trois minutes.
Il m'examine sommairement, ne parle presque pas, écrit quelques mots sur son bloc. Puis il termine la consultation par une ordonnance pour des examens de laboratoire - encore ?!
Deux jours après, je reçois par la Poste le double de la lettre qu'il a adressée à mon médecin. Je n'y comprends pas grand-chose, c'est une période où je ne suis pas vraiment présente au monde. J'ai l'impression de traverser le miroir en permanence, mais je ne retrouve pas le bon côté.
Le soir, mon toubib m'appelle et insiste sur les examens à faire. Il y rajoute une radio de la thyroïde, et parle d'une hospitalisation d'un jour ou deux pour "des investigations plus poussées". Fibroscopie, coloscopie, scanner, scintigraphie, biopsie, surveillance filée... Moi je vois défiler les euros que je n'ai pas.
Je cherche sur Internet : "maladie coeliaque, dysthyroïdie, anomalie de l'axe gonadotrope." Ce que je trouve est terrifiant, c'est un régime et un traitement à vie, et la liste des atteintes et symptômes est interminable. J'oscille entre le soulagement de mettre enfin un nom sur ma souffrance, et le désespoir du bouleversement total que cela implique.
 
Fin janvier, je me résous à reprendre rendez-vous : 27 février, 16h30. Mais je n'y vais pas : je me replie de plus en plus sur moi-même, mes seules dépenses d'énergie sont pour mes enfants, et il me faut plusieurs jours, ensuite, pour reconstituer mes réserves épuisées. Cette fois la dépression est tenace, le docteur augmente les doses de médicaments, fixe lui-même un nouveau rendez-vous avec l'interniste : 27 mars, 16h30. Ha ha.
J'y vais sans avoir fait les analyses demandées : si je ne suis pas diagnostiquée, peut-être que je ne suis pas malade ? Comme un enfant qui ferme les yeux pour se cacher, je ne veux pas de cette putain d'intolérance, ma thyroïde marche nickel, touche pas à mes ovaires...
Cinq minutes : il feuillette son dossier, toussote, prend son téléphone, se ravise. Silence. 
L'enquête piétine, faute de témoins...

Je passe le samedi à tout briquer chez moi. Besoin de faire le vide, de jeter toutes ces vieilles peurs qui me paralysent. Puisque je dois changer de vie, allons-y, commençons par nous débarrasser de celle-ci !
Le mardi soir, mon fils fonçait droit dans un arbre. 

lundi 20 avril 2009

En douce


C'est une émission sur France 2. Un écrivain vient présenter son bouquin, pourquoi il l'a écrit, qu'est-ce qu'il en attend. Avant ça s'appelait Un livre, un jour, ça me faisait rêver ! Je me disais "Oui oui, un jour mon livre..."

J'en ai commencé trois, des livres. Un roman très sérieux, très triste, avec plein de personnages et une intrigue sur une feuille, parce que même moi je m'y perdais un peu. Mais l'ordi où j'écrivais a planté, et maintenant mon livre est bloqué dedans.

Et j'en ai écrit un autre plus léger : un répertoire, 26 chapitres comme 26 rencontres, du sexe, de l'Amour, du rire et des grosses larmes des fois. J'ai rempli 12 chapitres pour l'instant. Ça m'amusait beaucoup de l'écrire, je mélangeais la vérité, et quelques fantasmes. Panne d'inspiration, il faudrait que je m'y remette.

Et le dernier, je l'ai commencé pendant ma formation d'auxiliaire de puériculture. J'ai été emportée par la force de certaines émotions parfois, et j'écrivais sur un forum, pour me libérer, pour ne pas y laisser trop de plumes. Il faut dire que je commençais à souffrir sérieusement, voir mes billets précédents où je raconte ça. Les naissances à la maternité, la douleur à l'hôpital, l'impuissance au centre d'enfants handicapés, le profond ennui dans les crèches : pour ne pas craquer je les racontais aux autres élèves, presque chaque soir, comme Beaumarchais qui se pressait de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer.

Beaucoup m'ont dit : "Tu devrais écrire un bouquin je t'assure !"
Bon, ok, je vais essayer.

Quand je passerai à la télé, assise sur le fauteuil de Dans quelle éta-gère, je porterai ma perruque, ouaip, et je m'appellerai *** ***, ouaip : c'est mon nom de scène, huhu. Et les rares lecteurs de ce blog, vous me verrez, et vous vous direz "Hey mais ... ??!?"
Ouaip.

dimanche 19 avril 2009

Au bûcher la vanité

Ma fille aînée voudrait bien voir son fils en couches lavables. 
Après avoir commandé pas mal de modèles d'occase, on s'est fait une petite idée de la chose, et maintenant on attaque la mise en application.
Vous avez donc devant les yeux la première couche entièrement terminée, les autres essais ayant lamentablement échoué...
Intérieur en polaire rayée, extérieur en vinyle blanc (un peu trop brillant mais c'était le seul tissu imperméable dispo assez souple..), scratches sur les côtés, trempeur intégré et poche pour rajout éventuel,  goussets anti-fuite aux cuisses élastiquées.
C'est là que ça a dérapé.
Il faut dire que j'étais assez fière de moi, au fur et à mesure que l'après-midi avançait, je slalomais entre les erreurs et maxi-dégâts des fois d'avant : du genre entasser les piles de tissus et flinguer mon aiguille, ou coudre les scratches sur le mauvais côté. Ou carrément oublier  qu'un élastique, ça claque s'il n'est pas solidement maintenu... Ne riez pas.
Donc, l'après-midi avançait, la belle ouvrage aussi. Dernière étape : les goussets. Ce sont les espèces de petits sacs à la cuisse, qui remontent sur un élastique pour fermer au max et coller au jambonneau de l'enfançon bien nourri.
Normalement, ils se fixent à l'intérieur, c'est très logique, et jusque-là j'avais bien compris le truc. Mais voilà. Allez savoir pourquoi, aujourd'hui je les ai fixés à l'extérieur.
Non non, ne cherchez pas à me consoler : ça se voit. Beaucoup. On dirait que la couche vomit son dedans dehors. Ha ha, dit comme ça c'est beaucoup plus parlant hein !
Bref. Je n'ai pas eu le courage de défaire, tant pis, même si niveau étanchéité je me demande ce que ça va donner... 
Mais cette couche aux tripes pendantes m'attristait. Je lui ai donc brodé une petite tortue*  derrière, pour faire croire que c'était voulu, cette débauche de rayures au balcon. 
Hé hé...
*Petit clin d'oeil à une MM laveuse qui se reconnaîtra

vendredi 17 avril 2009

C'est ton anniversaire...

"Qu'est-ce que tu veux pour ton repas d'anniversaire ? des lasagnes ?
- Mouais..
- Ou une salade piémontaise plutôt ?
- Ouaiiis !
- Et des petites saucisses piquantes ?
- Ah ouais !
 - Et puis un gâteau poires-amandes...
- Ouuuh oui !!
- Et tu veux des pêches au thon ?
- Rhoh la la que oui oui oui !"

Ma fille a des goûts simples en matière de cuisine.

Prendre des pêches au sirop. Mélanger du thon en boîte avec de la mayonnaise en pot. Remplir les pêches avec le mélange. C'est fait.

"Oh y'a 17 pêches ! T'as pas la dix-huitième ?"
Ah non. 
Ça sera tomate au thon. C'est bon aussi !

Bon ça y est, ma fille est majeure, elle a soufflé sur (l'écusson de) sa bougie d'anniversaire sur ses pêches au thon. La vraie flamme était dans ses yeux.

mercredi 15 avril 2009

Paperasse


Pffff, ça n'en finit plus ces montagnes de papiers qui s'accumulent !

Plusieurs dossiers en cours :
      - ma situation vis-à-vis de l'Éducation Nationale : ça y est, ma décision est prise, à la rentrée 2009 je serai mise à la retraite. Comme j'ai enseigné plus de 15 ans, et que j'ai élevé 3 enfants pendant plus de 9 ans, je pourrai avoir la jouissance immédiate de ma pension (l'expression me fait encore sourire). Elle a été calculée à mille euros mensuels brut : ça me paiera le loyer et les charges courantes.

      - l'arriéré de pension alimentaire non versée depuis .... 1997 : je sais, ça paraît invraisemblable. Mais je ne suis pas restée les bras croisés pendant douze ans ! Ma première plainte pour non-paiement date de 1998, et il a fallu que je tombe sur un (ou une) fonctionnaire qui a pété les plombs : il (ou elle !) jetait les dossiers à la poubelle, les déchiquetait, les réexpédiait n'importe où, les barbouillait d'un tas de substances genre confiture ou boue. Les plus chanceux ont eu droit à l'impression de photos pornos sur leurs originaux... Une année entière de silence plus tard ("c'est normal vous savez la justice est très longue à se manifester, patientez..") deux collègues hilares du fonctionnaire fou m'ont conseillé de tout recommencer.
Ma plainte de 1999 a abouti en 2002 à une condamnation pour abandon de famille.... et ce pourri a obtenu une mise à l'épreuve de deux années ! Quand l'huissier a enfin réussi à retrouver sa trace il a carrément DÉMISSIONNÉ pour ne pas être saisi.. Fin 2006, une oasis, 12 mois de virements bancaires sans accrocs. Et de nouveau, depuis 16 mois, plus rien. 
Le problème est que l'avocate et les huissiers, ça ne travaille pas pour la gloire : chaque démarche me coûte, qu'elle aboutisse ou non. Et ces derniers temps, avec mes dépenses de santé, je ne pouvais vraiment pas me permettre de sortir cet argent.
C'est aberrant, quand on sait qu'il me doit plus de 18.000 euros !

      - les impôts : j'ai déménagé en juillet 2006, et la Trésorerie me réclame la taxe d'habitation 2007 et 2008 de mon ancienne adresse. Ce qui ne les empêche pas d'encaisser les mêmes taxes pour ma nouvelle adresse. 
Un mic-mac qui se retrouve dans mes impositions sur le revenu : mes enfants majeurs sont rattachés à mon foyer fiscal, mais les déclarations pré-remplies ne les connaissent pas bien sûr. D'où des montants astronomiques, qu'il faut régler avant de pouvoir les contester.
Rajoutons donc un congé parental à cheval sur deux années, et hop ! vous avez une tonne de courriers contradictoires, des remboursements qui sont saisis avant même d'être versés, des heures au guichet sans jamais revoir la même personne, et une légère oh très légère envie de distribuer des coups de boule un peu partout : quitte à avoir mal à la tête, autant se faire plaisir...

Bon alors je ne vous rajoute pas les démêlés avec la Mutuelle, les courriers de ma banque, le dossier Assedic pour ma fille aînée, le remboursement-assurance pour mon fils, la majorité (demain !) de Numéro 3...

Vous reprendrez bien une aspirine ?

lundi 13 avril 2009

Un auto-tag



Une idée que j'ai attrapée au vol sur le Net : 101 choses à faire en 1001 jours.

Je commence le jour des 18 ans de ma pépette, le 16 avril.
En plus, ça donne une date-arrivée comme je les aime, le 12 janvier 2012 !

Alors voilà, j'aimerais vraiment réussir à :

Aller en Toscane

Mettre des lustres et appliques partout dans la maison

Acheter au moins 3 paires de chaussures

Reprendre des cours de dessin

Récupérer tous les sous qu’on me doit

Accrocher des rideaux à toutes mes fenêtres

Bronzer

Acheter un robot Kitchen Aid

Vendre mes couffins et berceaux

Repeindre ma salle de bains

Jeter les vieux vêtements que je traîne depuis 20 ans

Graver des compilations de musique

Aller voir le Sahara en vrai

Retenter la pâte à choux

Installer un bureau et un atelier dignes de ce nom

Apprendre l’italien

Me remettre à la pâte Fimo

Aller voir Marie-Pierre, mon amie d’enfance

Acheter un lecteur MP3

Terminer l’installation de ma cuisine

Aller chez le coiffeur (me tondre la tête ? ça me tente vraiment …)

Réparer ma voiture-vache

Retourner en Guadeloupe (en vacances seulement)

Fabriquer mon lit des mille et une nuits

Acheter un décodeur TNT

Publier mon (mes ?) roman(s)

Terminer la chambre de la Zazounette

Jouer au dîner presque parfait avec les copines (pas à la télé hein)

Me vernir les ongles

Accrocher mes deux salamandres porte-CD

Visiter Pompéi

Acheter de nouveaux vêtements

Apprendre l’aquarelle

Me procurer une machine à pain

Commencer une psychanalyse

Terminer le meuble de rangement du salon

Acheter un réveil lecteur de CD

Planter des fraisiers

Classer toute la paperasse de la maison

Me remettre à cuisiner

Suivre la formation Échelle de Brazelton en Suisse

Fabriquer un meuble en carton

Acheter un poupon de collection (reborn)

Apprendre à lire à mon petit-fils

Déplacer le frigo

Acheter une perruque

Vider la petite pièce de tous ses cartons

Demander une carte d’identité

Retourner au Futuroscope

Acheter un nouvel ordinateur (avec écran plat)

Aller nager dans la mer régulièrement

Archiver tous mes documents école

Faire de l’aviron

Photographier mes enfants

Coller la frise bleue étoiles dans la chambre rouge

Faire un bilan santé complet

Organiser des soirées Jeux de société

Rempoter le cerisier de mon petit-fils

Épargner

Décorer la chambre Nounours

Aller au Planétarium

Faire un tableau au point compté

Installer le Home Cinema offert par mon fils

Dégivrer mon congélateur

Fabriquer une table de salle à manger et son banc

Tricoter (n’importe quoi, mais le finir)

Essayer le métal repoussé

Me faire refaire les dents

Faire un [peux pas dévoiler la surprise] pour la 1e Fête des Mères de ma fille

Accrocher des tableaux sur mes murs

Aller au resto indien

Prendre une mutuelle-santé

Repeindre mes volets

Ouvrir une ou deux micro-crèches

Emmener la Zazounette à la neige

M’offrir des boucles d’oreilles et des bracelets

Passer trois jours à Port Aventura

Me débarrasser des vieux meubles qui m’encombrent

Essayer la peinture en chocolat

Accrocher l’étagère pour les outils

Perdre au moins 10 kilos

Changer le verrou de la porte d’entrée

Acheter une clé USB

Faire un don de plaquettes et/ou de moelle osseuse (si je peux)

Remonter le Canal du Midi depuis Toulouse en vélo avec Monique

Construire et meubler une deuxième maison de poupées

Poser les adhésifs (offerts en 2006) dans mes toilettes

Me fabriquer un sac à main (et l’utiliser !)

Me tatouer le creux de la nuque

Essayer de faire des œufs à la neige

Acheter un appareil photo numérique

Customiser mes 4 chaises

Faire des pique-niques avec ma famille

Réparer le trou du plafond de ma chambre

Visiter l’abbaye de Moissac (et retourner à Fontfroide)

Coudre les couches lavables de mon petit-fils

Faire établir les plans de « ma grande maison » par un architecte

Offrir son voyage en Écosse à ma grande

Trouver (et manger !) des pralines roses

M’offrir une séance de massage ou même carrément un séjour en thalasso

Me lancer dans le belly casting : moulage de ventres de femmes enceintes

dimanche 12 avril 2009

Dimanche de Pâques


Un dimanche sous la pluie.

Le téléphone sonne et je n'ai pas envie de répondre.

Rien à la télé.

Des fenêtres MSN, régulièrement, chacun de mes enfants, à tour de rôle.

Des blogs que j'explore, lentement, des liens qui m'emmènent loin, au hasard des pages.

La glande.

Totale.

Ça y est il fait nuit.

samedi 11 avril 2009

Mère au foyer

Mon petit-fils a cinq mois et demi, et une dent qui le travaille. Depuis Noël. Ça commence à bien faire.

Ma fille aînée a débarqué avec le paquet bavant, hurlant et épuisé, mardi matin. Oui oui, le même matin de mon retour de Vendée dans la nuit, dans des circonstances que je raconterai un peu plus tard (là rien que d'y penser je pourrais hurler...)

Mon petit-fils, donc, épuisé car réveil toutes les deux heures la nuit, et 3 micro-siestes de vingt minutes la journée.

Ma fille, épuisée, car 7 kilos de chair gigotante et hurlante à maîtriser quasiment 24h/24.

Et moi, épuisée (merci fiston) mais victime consentante : "Tu les voulais tes gosses hein ? tu assumes !"

Bon.

Nous avons donc recadré tout ça, nuits complètes et siestes réglementées, non mais qui c'est-y qui commande ici ?! Avec une bonne cure de sommeil et des repas tout prêts pour la nouvelle maman, toute contente de pouvoir en profiter sans culpabiliser.

Elle vient de repartir, requinquée et motivée pour continuer chez elle.

Je lui donne une semaine.

Faut bien ça pour que je récupère...


Petit enfant, petits soucis...

Le coup de téléphone qu'aucune maman n'a envie de recevoir, même si elle s'y attend chaque nuit... "Votre fils a eu un accident, il est à l'hôpital."

Et voilà. Ça devait arriver, déjà le mois dernier on avait remarqué avec ses soeurs qu'il ne faisait plus autant attention quand il conduisait. Les disputes avec sa copine, les horaires de dingue au boulot, la solitude, là-bas, à 800 km de nous... "Mais ça va aller maman je t'assure. Ne t'inquiète pas."

Et puis la séparation, les soirées seul dans la maison vide, la souffrance de la trahison. Il pleure, serre les dents, déraille, se jette dans le travail. Il cherche un nouvel appart, la surveille aux jumelles, explose son score à Guitar Héro, boit tous les soirs, passe des heures sur Internet. Il a mal, et je ne peux pas le consoler.

La voiture a continué tout droit dans le virage, c'est un arbre qui l'a arrêté. Heureusement, petite vitesse et airbags aidant, il n'a pratiquement rien. Mais le choc ... !

C'en est trop. Il a beau avoir 21 ans, c'est mon garçon, je ne peux pas le laisser comme ça. Le temps de signer les papiers de l'appartement en bas de chez moi, libre depuis plus d'un an, et je file les chercher, ses meubles, ses cartons, ses pauvres ailes cassées et lui.

Semaine de folie, près de 4000 km en 5 jours, 1800 euros pour le bail, le camion, l'essence, le péage ... et mon propre loyer qui passe à la trappe.
Des mots, des larmes ; des fous-rires nerveux, des discussions interminables. Des nuits si courtes, des tas de rendez-vous partout. Il faut signer, pour tout : louer le camion, céder l'épave, relever les compteurs, fermer la maison, signaler le congé au boulot, rediriger le courrier...

C'est terrible de tout quitter comme ça. Le plus vite possible, "comme un pansement qu'on arrache", ne pas penser, surtout. Je souffre de lui imposer ça, mais il faut tenir bon, c'est la meilleure solution.