mercredi 31 août 2011

Et le pout-pout est toujours bleu

La semaine dernière, nous sortons faire les courses en vitesse, entre deux averses. En levant la tête, merveilleuse surprise : un double arc-en-ciel enjambe le château des pirates (nos voisins d'en face, pour Maxence)
Pour faire un arc-en-ciel, il faut de la pluie et du soleil, en même temps. Pour traverser la vie il faut affronter les chagrins et les soucis, le sourire en bandoulière, et même si c'est vraiment débile, ne vous privez pas d'un bon fou-rire : c'est gratuit, ça fait du bien, il paraît que c'est bon pour la santé.

Festival Open de mes dernières trouvailles (mettez le mode vidéo-ON et le son à fond, regardez-moi m'étouffer de rire avant même la fin de la blague, c'est-ça-qui-est-bon !)

- C'est une feuille qui tombe dans la piscine, et elle crie : Au secours, j'ai pas pied !!

- Qu'est-ce qui est vert et qui fait Meuuuh ? Une vache Kiwi

- C'est un hérisson et une grenouille qui traversent devant une voiture, le hérisson crie Attention ! et la grenouille dit Quoi ?

- Le Petit Poucet, et rien ne sortait....

- Qu'est-ce qu'un cochon content ? Un porc tout gai !

Alors, évidemment, il faut un certain temps pour comprendre la blague, et ensuite vous pouvez secouer la tête de droite à gauche (ou inversement) tout en disant Pfff, n'importe quoi ! Mais surtout, surtout, ne cachez pas ce petit bout de sourire qui grimpe là au coin des lèvres, tout doucement, timidement.
On a des petits soucis, ces temps-ci, plein de corvées, et les aiguilles qui tournent vite. Haut-les-coeurs, on y arrivera ! Rien de bien méchant, après tout le soleil se lève chaque jour.

Mon fou-rire perso du moment : c'est un type, il rentre dans un bar en disant Bonjour ! C'est moi ! Et c'était pas lui !!!!

Cherchez pas, ça ne fait rire que moi.... et ceux qui me regardent, effarés.

mardi 23 août 2011

Encore ??!?

Vi.
Et en plus, cette fois-ci elle l'a fait exprès.
Programmé.

Bon, plus sérieusement : ça y est, c'est fait, elle n'a plus cette excroissance osseuse au pied qui la gênait de plus en plus pour se chausser. Une olive d'1cm sur 1.5cm, premier diagnostic "os naviculaire surnuméraire", puis finalement à l'ouverture, une ossification importante où se rattachait le tendon, direction le labo pour en avoir le coeur net.

Je passe sur les derniers jours à l'ambiance électrique, où l'angoisse de la demoiselle faisait vibrer nos cordes un peu trop sensibles, un peu trop pudiques pour dire simplement : "J'ai peur moi aussi pour toi, je ne veux pas te voir souffrir..."

Hôpital au petit jour, avec la copine d'amour fidèle au poste, et puis l'attente, lente, agaçante, les minutes, et les heures, et le bruit énervant de ces mots inutiles, désoeuvrés, qui ne recouvrent pas tout à fait le vide et l'angoisse.
Elle revient, elle sourit, elle est dans les vaps : un énorme plâtre au bout du lit pour une si petite ouverture ? Elle peine à rapporter ce qu'a dit le toubib, tendons, précaution, accroché ... Je la vois toute chiffonnée, pâle sous son sourire de battante. "Tu as mal ? - Oui..." C'est dit.
La perfusion est toute pliée, pleine de sang, où est la couverture, replace l'oreiller, les boutons pour redresser le lit... A nouveau des mots pour remplir l'espace, en rangs bien serrés, utiles, efficaces, barrière dérisoire, rempart pitoyable. Le petit flacon de paracétamol ne décrispe pas sa mâchoire, serrée sur sa souffrance solitaire. Je ne peux rien faire.

Voici le chirurgien. Son crâne chauve d'espion russe s'est adouci de quelques millimètres de cheveux bruns, ras, doux, qui m'hypnotisent autant que ses explications patientes, rassurantes. C'était plus compliqué que prévu, car le tendon était fermement rattaché à cet os à extraire. Il espère ne pas l'avoir trop malmené, a placé "la botte" par sécurité, pour éviter tout mouvement trop précoce. L'os est parti au labo pour analyse, mais pas d'inquiétude, "je suis confiant." Il la tutoie, mime l'opération sur le crochet du mur, la taquine sur ses prochains matches de basket. Et s'en va.

Une accalmie dans les yeux sombres, elle se détend un peu, va bientôt manger, dormir... J'en profite pour m'enfuir. Des coups de téléphone, la CAF et la sous-préfecture, une poignée de chips, les yeux qui piquent. Il faut y retourner.
Il est 13h, la douleur remonte comme la marée, recouvrant peu à peu la conversation, noyant les regards. Deux cachets et le silence, pesant, en attendant que reflue la vague immense.
Il est 15h et le couloir s'anime, la chambre résonne de rires fatigués, "je veux rentrer..." et mon coeur se serre devant sa résolution d'oisillon déplumé.

Les couloirs sont franchis allègrement, je file chercher la voiture, elles m'attendent à l'entrée, juste avant le four de la verrière. Évidemment, elle fait un sérieux malaise, est incapable d'avancer. La chaleur est terrible, la voiture semble inaccessible, nos mains entrecroisées sous ses fesses pour la porter glissent peu à peu, le dernier mètre est un effort surhumain.
Enfin la maison, et son dernier obstacle : l'escalier. Franchi lui aussi, il aura raison de mes dernières forces. Je sens les larmes qui me montent aux yeux. Tu ne vas pas craquer maintenant, dis ?

C'était une sacrée journée.

mercredi 3 août 2011

Babacar

Titre débile, air insipide qui me trotte dans la tête : "Où es-tu, où eees-tu ?"

Alors, pour de vrai, où es-tu ? Où en es-tu, plutôt ? Pourquoi tu réponds pas au téléphone ? Kestufous ?

Mois de juillet chargé.
Mais bouclé.

D'abord, la crèche. Tous les jours, plus de 7h de présence, effectifs lourds (la mairie accepte les gamins des vacanciers...) et un temps de trajet qui est passé de 20 mn à près d'une heure, toujours à cause des vacanciers. Deux fois par jour. Je termine le 27.

Ensuite, les apparts à rendre. Celui du bas, il y a 18 jours. Celui du haut, il y a 18 heures. 3 containers de 500L de poubelles, 2 voitures (5 m3) à la déchetterie, 3 locations de petit camion, et environ dix trillions de centaines de billiards d'heures de travail pour remplir, descendre, charger, décharger, repartir. Depuis une semaine j'ai arrêté de ranger au fur et à mesure. Erreur fatale.

Pour finir, le corps qui lâche. Relâche. Toujours discrètes, les anomalies ? Ouaip. Pas assez pour que je les ignore, trop pour mériter que j'en parle au toubib. Que je recommence à fréquenter, flûte. Disons que le gyrophare lance des éclairs furtifs, mais évidents, dans mes nuits de plus en plus courtes. On verra ça à la rentrée...

Donc, résumons : je suis là, je n'ai le temps de rien et c'est déjà demain. Même pour ce billet j'ai dû m'y prendre à deux fois, tsss.
Attendez un peu, j'arrive.

Note de bas de page : Mais pourquoi donc une photo de Pôle Emploi ? Parce que le projet microcrèche est au point mort, et qu'il faut quand même payer le loyer et les courses... So...

samedi 25 juin 2011

"Au revoir les Z'amis !"...

... dit-il en ouvrant la porte.
Il a mis ses chaussures (bon, ok, celles de Tatys...), enfilé une petite laine, quand même, il se fait tard, pris son fidèle compagnon sous le bras... il a fait un petit tour dans la cuisine, histoire de vérifier qu'il ne restait plus rien à manger vraiment, et puis il nous a saluées, grand seigneur, d'un vibrant au revoir qui résonne encore à nos oreilles.
La porte s'est refermée.

Dernières heures de liberté ce week-end : lundi, je reprends le chemin de la crèche, pour deux mois encore. Cette fois-ci, remplaçant les départs en vacances successifs, je naviguerai entre les trois sections (snif...), et je commence par les Moyens (re-snif...).
Haut les coeurs ! J'ai reçu il y a peu une sorte de Table des Dix Commandements pour rendre sa vie plus jolie. Elle commence par la P.P : pensée positive. Cherche chaque fois le bon côté des choses : il y en a toujours (toujours ??) un.
Bon côté des choses : je vais bosser avec Caroline chez les moyens, puis avec Thérèse chez les grands, deux collègues que j'apprécie.

Deux conclusions pour le prix d'une (ah ben on fait les soldes qu'on peut, m'dame...) :
- ma Table dit aussi Souris, même si tu n'en as pas envie, et la vie te sourira
- Petit Bonhomme est resté pétrifié en haut de l'escalier : la Grande Aventure, on verra ça plus tard, quand ses pieds auront suffisamment grandi pour ne pas perdre ses chaussures... (bon ok, ce sont celles de Tatys, mais c'est pareil !)

mardi 21 juin 2011

(Petit) regain de créativité

J'étais en panne depuis mon retour, lundi dernier.
Pas envie, pas le temps, pas l'énergie.
Que des excuses bidon.
Comme d'hab.

Un petit ensemble naissance, blouse et pantalon, en coton frais et bien de saison.
Mais c'est pas parce que c'est tout petit que c'est plus facile, au contraire !
Me manque plus que les ourlets à faire.
Un p'tit point de chausson ?

samedi 18 juin 2011

Ça y est ?

Le début ici
De retour à la maison le mardi, je plonge dans mes cours et autres pages web pour revoir le point de chausson, pour ourler ma jupe demain : drôle d'examen où on laisse rentrer les candidats chez eux, avec l'énoncé des prochaines épreuves...
Nouvelle nuit agitée, je regarde l'heure toutes les heures pour me dire que ce n'est pas l'heure, encore. Et puis ça y est, c'est l'heure ! Je retrouve ma table, mes bouts de tissu, mes épingles, mes compagnes de souffrance. Elles n'ont pas dormi beaucoup plus que moi on dirait.
Je m'y remets. Voyons, coudre la deuxième moitié de la fermeture invisible. Se triturer le neurone pour la placer du bon côté du tissu, déjà. Penser à la remonter, pour vérifier qu'elle ferme. Non. Elle ne ferme pas. Retirer le fil qui s'est pris dedans. Zen. Elle ferme. Mais pas jusqu'en haut. Zen. La décaler vers le bas. Elle ferme. Respire. Épingle. Ouvre. Pique. Referme. Étouffe : elle ne ferme plus ! Zen. Zen. ZEN ! Respire. Retourne le tissu du bon côté. Ferme. Lis la suite, et surtout cette ligne en caractère gras : Pas de décalage au niveau de l'empiècement. Il y a presque 3 cm de décalage. Pleure. Recommence tout.

Il est maintenant 11h. J'ai cousu les plis, les poches, l'empiècement, la fermeture éclair. Il faut rabattre à la main l'empiècement intérieur sur le haut de la jupe. Attends je ne l'ai pas souligné, je suis sûre que tu n'as pas bien lu : A LA MAIN... tout l'empiècement... devant et derrière... et les côtés de la fermeture aussi... soit environ 2.40m de long... Ah je savais bien que tu n'avais pas capté !
Bon ben j'enfile ma première aiguille hein...
Pause repas.
On y retourne.

13h30. Il ne reste plus qu'à fixer les coulisses sur les côtés, à y passer les élastiques, l'ourlet, repassage, et c'est fini.
Allons-y pour les élastiques. Les élastiques. Bon sang, où ils sont passés encore ??!? Sans blague, j'ai dû les perdre une bonne dizaine de fois depuis hier matin ! Allez, on rigole plus, c'est la dernière ligne droite, hop ! Je couds la première coulisse, je glisse l'épingle à nourrice, récupère le bout de l'élastoc, hop ! une couture, et c'est OK, je passe à l'autre : coulisse, épingle, couture, 7 minutes top chrono, Ah tiens c'est quoi ce... pourquoi ça ne... mais... je...
Bordel.
J'ai cousu l'élastique, ouaip, mais j'ai cousu aussi le bas de la jupe, et un bout du haut avec.
Zen.
Pute.

Un redémontage-remontage plus tard, me voilà à l'ourlet. Point de chausson, no soucy, merci les révisions d'hier soir. Je tourne et tourne, elle n'en finit pas cette jupe, les aiguilles de ma montre tournent aussi, il fait chaud, tourne la tête vers C. qui a fini, et l'aiguille pique et pique encore, tourne et pique, c'est le dernier point enfin.
Étape 28/28 : repasser la jupe, la présenter sur un cintre.
Je ne sais pas repasser. Bon, d'accord, j'adore passer le fer sur le tissu froissé et le voir s'aplatir, se lisser, se plisser, meeeerde ça part pas, un coup de vapeur peut-être, hum, écoute on va dire que c'est bon comme ça.
Je ne sais vraiment pas repasser. Surtout une jupe avec des plis pas piqués jusqu'au bout, des coulisses élastiquées et des fronces à l'empiècement. En lin. En plus.

14h30.
C'est en l'accrochant sur son cintre que je m'en suis aperçue. L'élastique. Celui de droite. Il a lâché.
Put&*$%n d'élastique.

mercredi 15 juin 2011

Devinette

Quel est le point commun entre un lycée plein de D'jeunes, un mariage plein de papillons, et une grande fille pleine de larmes ?
C'est un marteau, acheté en quatrième vitesse au Carrouf d'en face, pour ouvrir la voiture où j'avais enfermé les clés...
Trop de fatigue ? D'émotions ?
Et dire que dans douze jours je retourne à la crèche...

PS : pas fini de raconter l'exam, je sais, pas commencé à raconter le mariage, ça arrive, me reste plus qu'à terminer de vider l'ancien appart et alimenter le blog de Grignotte en photos, et je m'y mets.

mercredi 8 juin 2011

Put&*$%n d'élastique !


28 étapes.

14 heures.
7 pages d'instructions.

Une piqueuse, une surjeteuse, une centrale vapeur.
Et 4 candidates : une maman dans son fauteuil roulant, une jeune femme sourde, un bébé immature, et moi.

Une jupe. Taille 38.
Bon, déjà, je ne la porterai pas.

Du lin blanc. Qui brunit au repassage : je soupçonne le fer d'être une version miniature des volcans islandais à la mode ces temps-ci. Je me suis cramé les doigts une bonne dizaine de fois mais j'ai réussi à rester polie.

Des machines industrielles. Traduction : 6.000 points à la minute, coupe-fil automatique (qui désenfile systématiquement la bête...), des pédales grandes comme des livres de Claude Ponti - ceux que tu te couches par terre pour plonger dedans - des commandes extraterrestres : non, je ne sais pas relever le pied-de-biche avec mon talon, ni coudre avec mes deux pieds en même temps, ni faire marche arrière avec mon front ! Et si ma surjeteuse me fait ce point-là à la maison, je l'emporte illico chez le réparateur...

8h30 mardi matin. On y va. Ouvrez vos livrets, lisez jusqu'au bout, vérifiez votre matériel, pleurez un bon coup. Pas sur le lin ! Tssss...
On commence par le patron en papier, coupe, coupe, épingle, trace. Premier obstacle : "Nous vous demandons de réaliser un patronnage !" Gné ? Tracer autour du patron (papier ou tissu, comme ty veux ty choiz) l'espace qu'on va garder pour les coutures. Chez moi je coupe direct, à l'oeil. Ici on va mesurer mes 10 et 15 et 40 mm. "Tolérance 1mm." C'est une blague ou bien ... ? Ah non non : tolérance zéro sur une épreuve coeff 10, hum, comment dire, euh, je peux m'en aller de suite ?
Traçons. Coupons. Recomptons les morceaux. Où est mon élastique ? Par terre.

10h40. On attaque la préparation. C'est-à-dire les fuckin'bastar'ass'hol'shiit of motheur'fuckeur (en français : put*in) de plis. Plats. Piqués. Mais pas en entier. Ce serait trop facile. Nan, les plis, ils sont couchés vers le milieu (re-gné ? milieu c'est quoi, le côté ? C'est devant ? Derrière ?? DTC !), couchés donc, et piqués sur 13 mm. Tolérance zéro. Et pour bien faire : un point d'arrêt au départ (cherche pas la couture c'est un monde loufoque...) et des noeuds à la fin.
J'ai donc gentiment piqué 2 plis sur 4 à l'envers, puis je les ai tous repiqués en sandwich, et parce que jamais deux sans trois, j'ai fini par en piquer un avec le bas de la jupe qui traînait sous le pied-de-biche. Chaque montage-démontage nécessitant évidemment des allers-retours entre ma table, la machine et la table à repasser.

Nous arrivons pourtant tranquillement, sereinement, zènement, sans-gros-mots-ement à 11h55, j'achève enfin l'étape 1/28. Tiens donc, il faut aller manger ?! "Les candidates doivent aller se restaurer." Si, si, je vous assure qu'elle a prononcé très sérieusement ces mots, si, si. En appuyant bien sur le "doivent".
Restaurons-nous donc. C. a une quiche maison qui ne passe pas, O. disparaît sous son pain américain, S. grimace devant son mini-américain, aussi gros que mon avant-bras, V. et moi n'allons pas plus loin qu'un jambon de pays-beurre plutôt raisonnable. Échange autour de ces fameux plis. Ouf, je ne suis pas la seule à m'être pris la tête dessus.

13h. Die Hard part Two. Étape 2 : Prépiquer les plis à 3 mm du bord. Gné Gné Gné ? Heureusement que nous avons deux examinatrices du tonnerre, le conseil en bandoulière, la traduction aux lèvres, les doigts malins qui replacent l'air de rien la pièce 7 sur la pièce 2 près de la 4, en dessous de la 9. "Voilà, c'est très beau ce que vous faites. Très beau, vraiment."

Je passe sur les Assembler-Surpiquer-Repasser-Ouvrir-Rabattre et autres Surjeter, pas la peine de sauter des lignes pour lire la suite, va. Il est 15h30, j'en suis à l'étape 13 : Poser la fermeture à glissière invisible à 15mm du bord.Vi, vi, toujours tolérance blabla.
Petit aparté : la fermeture-éclair invisible, comme son nom l'indique, est ......... invisible, ouiii !! Elle se pose donc avec un pied spécial, qui ressemble au Tunnel sous la Manche (non, aucun jeu de mot stupide...) dans lequel elle est censée se glisser docilement et sans effort. En tout cas à la maison, ça le fait.
Mais pas là.
C. est partie rouler son fauteuil au frais, O s'arrache encore les cheveux sur ses plis, S. a déjà piqué et défait 4 fois sa fermeture : son tissu s'effiloche, ses yeux se mouillent, ses mains s'affolent... V. son interprète est parti depuis deux heures. Je m'acharne sur la bête. A 16h45, quand elles nous mettent dehors de force - "Vous êtes épuisées Mesdames, il faut partir !" - j'ai un éclair de génie, je déroule la fermeture pour la faire maigrir et miracle, elle passe, s'engouffre dans le tunnel, déroule sa belle ligne, oh que c'est beau, chantons notre joie frères et soeurs tous avec moi !!

Allez, on finira demain, je range mon matériel, mais où est passé cet enf*iré d'élastique encore ? sous ma convoc. Je rentre à moitié satisfaite, à moitié angoissée, je n'aurais jamais le temps de finir, à moitié soulagée, finalement, ce n'est pas si dur que ça.

Oui, moi j'ai trois moitiés si je veux.

La suite, là.


dimanche 29 mai 2011

Perdre le contrôle


Il y a des éternuements qui vous raidissent la colonne vertébrale et vous font hérisser chaque poil comme des milliers de pointes de fil de fer barbelé...

Il y a des frissons de fièvre qui vous parcourent de la pointe des orteils aux racines des cheveux, soulevant chaque centimètre carré de votre peau en un séisme implacable...

Il y a des crampes qui vous clouent à vif tout un pan de mollet contre le matelas soudain transformé en brasier...

Il y a ces petites peaux au creux de l'ongle qui durcissent et s'enfoncent dans vos chairs en mini-scalpels impitoyables, à chaque geste, à chaque heure...

Il y a des migraines terribles qui vous plantent un pieu juste au-dessus de l'oeil, où grouillent des milliers de petits insectes opaques et phosphorescents...

Il y a des bleus qui surgissent tout à coup comme des mines anti-personnelles, créant à fleur de peau un no man's land multicolore et si sensible, oh si sensible...

Il y a les yeux qui pleurent, qui picotent et qui rougissent, au moindre rayon de soleil, aux courants d'air, aux nuits blanches, et les paupières en papier de verre, gonflées, bleutées, plombées...

Il y a cette veine sur la tempe, qui enfle et s'élance comme un fleuve à la crue, rythmant les heures au battement sourd du sang tout-puissant, inflexible tambour, carrousel obsédant...

Il y a des sifflements improbables, peuple d'oiseaux nichant soudain au creux de vos oreilles, avec leurs cris perçants, leurs roucoulements et leurs ailes bruissantes...

Il y a parfois un mal de dent à en pleurer de rage et d'impuissance, indescriptible douleur qui rend carrément dingue, et donnerait presque envie de mordre sauvagement tout et n'importe qui, si seulement vous pouviez vous servir de votre mâchoire en feu...

Il y a cette ceinture de braises qui vous brise les reins, carcan de métal chauffé à blanc qui vous enserre le bas du dos et vous paralyse...

Et puis, il y a la lame de fond d'un fou-rire qui vous étrangle et vous secoue de haut en bas, coupant le souffle, noyant les yeux, il y a cet élan de tendresse infinie qui vous jette sur l'autre sans que vous puissiez seulement résister, cette force qui vous pousse à refermer vos bras sur son corps, il y a aussi toutes ces pensées sucrées, tout à coup, qui coulent et fondent sur vos neurones, vous laissant sans voix, sans mot, et il y a des regards noyés d'amour et de souvenirs partagés, étoiles scintillantes, liens sacrés, il y a tant à dire que l'on se tait...

Secondes éternelles, où le bonheur d'être là vous inonde et vous aveugle comme un soleil d'été, intense, charnel, interminable.

Mes enfants sont près de moi.

vendredi 20 mai 2011

Sans blague ... ?!

Déjà un chouïa occupée ces derniers temps, je trouvais que mes journées n'étaient pas assez remplies...
Le facteur a bien voulu me rappeler que je m'étais inscrite, il y a quelques mois, au CAP Couture. Challenge perso.

Sauf que...

Les épreuves débutent le 30 mai, par le dossier vie professionnelle. -Bon ça va, ça je maîtrise encore...
Puis se poursuivent les 6 et 7 juin.
Lundi, entre cinq et sept heures de questions techniques, notamment dessiner un modèle et adapter un patron...
Puis mardi, de douze à dix-huit heures de fabrication.

Euh...

Mais qu'est-ce qui m'a pris ?

samedi 14 mai 2011

Bip-bip

(pinaise mon appareil photo est tout crade !)

Pas le temps, pas le temps, les journées sont remplies à 258% et 1/3 (en comptant les clignements de paupière) par :
- le désencombrement de l'appart rue pouet-pouet : j'avance à petits pas dans un peu toutes les pièces, pour l'instant salon d'en bas, couloir et salle de bains d'en haut sont astralement vides.... et ça fait du bien à l'oeil !
- l'emménagement dans la maison de l'académicien : se battre chaque jour pour éviter la coloc avec Mr Bazar et sa copine Mam'zelle Pagaille... pour l'instant, c'est moi qui gagne
- la rédaction du nouveau dossier pour la crèche : ça fera l'objet d'un billet à part entière mais en bref, la réunion au sommet du 4 mai repousse l'ouverture en 2012... évidemment je ne suis pas d'accord ! et je monte un dossier béton à déposer le 15 juin au plus tard
- les commandes en couture qui commencent sérieusement à arriver : ça tombe bien, on est en train d'installer un VRAI atelier dans la pièce juste en face de l'entrée, tout bien tout bien c'est trop chouette d'avoir de la place et des idées ! Sauf que désormais, nous REFUSONS catégoriquement de faire les coussins de bateau !
- les divers trajets et autres voyages pour récupérer les bureaux, lits, armoires, pots de peinture, fer à repasser, box et décodeur, vélo, parc à lapins, clé Allen (si si, ça s'écrit comme ça...) et plein d'autres trucs encore, à droite et à gauche et même au milieu, sachant que la nouvelle maison est coincée par des feux quelle que soit la direction qu'on veut prendre, et que ces feux passent systématiquement au ROUGE dès que j'arrive devant !

Bref, ça bouge, ça va bien, ça avance dans tous les sens en même temps, mais hum... je ne vais pas me plaindre !

dimanche 24 avril 2011

"Mémène, elle va faire la fée !"

1er acte
- Au fait, pour l'animation de samedi, faut s'habiller comment ? On met la blouse de la crèche, ou on vient habillé normal ?
- Ah mais on t'a pas dit ? y a une tenue spéciale !
- Ah bon ?
- Oui, c'est une sorte de justaucorps en haut, avec un tutu en bas...
- C'est une blague ?! Eh, on est le 18 avril, pas le 1er, les poissons, c'est fini hein !
- Non c'est pas une blague, va voir Flo elle va t'expliquer.

2e acte
- Bonjour Florence, il paraît qu'il y a une tenue spéciale, pour samedi...
- Oui oui, en fait, pour l'anniversaire de la Ville, on s'habille en bleu, il faudra des ballerines blanches par contre...
- Ah, c'est juste qu'on s'habille en bleu..
- Non non, la couturière est en train de finir les tenues, alors c'est un body décolleté en haut, enfin c'est une robe hein non tu viens de dire que c'est un body ! et puis une jupe en tulle, plusieurs voiles en plusieurs bleus ouais, un tutu quoi ! et puis dans les cheveux on a un diadème, avec du voile achevez-moi par pitié ! mais il faut venir à 13h30 par contre, pour le maquillage...

Si vous me cherchez je suis dehors. En train de vomir.

3e acte
Va falloir qu'on m'explique.

Dans mon miroir, j'ai visiblement maigri de 10 petits kilos.
Sur les photos, j'ai visiblement grossi de 10 bons kilos.

Je flotte dans mon jean 46 que j'ai dû retailler de 3 cm de chaque côté, et que je porte ceinture retournée pour ne pas le perdre quand même...
Je suis boudinée dans cette robe 44 dont les manches me cisaillent le gras du bras, et le bas n'arrête pas de remonter en rouleau sur la taille...

J'ai croisé sans problème la peluche géante dans l'escalier quand je suis montée me changer en arrivant.
J'ai dû me plaquer au mur de profil pour laisser passer ma chef anorexique quand je suis descendue...

4e acte
- Regarde, c'est Mémène !!
Maxence regarde dans tous les sens, sans me reconnaître.
- Là, là ! Regarde, Mémène elle est toute bleue !
Maxence cherche maintenant les gens habillés en bleu, alors que je suis juste devant lui.
- Mais là ! Juste là ! Oui !! C'est Mémène !
Maxence me dévisage fixement, il ne me reconnaît toujours pas.
- Regarde, elle a mis un chapeau bleu Mémène ! et une robe de fée !
S'échappent alors de la bouche de Maxence quelques Oh! étranglés de stupeur... Il ne sait pas s'il doit rire ou pleurer.

A vrai dire, moi non plus.

5e acte
- Qu'est-ce que vous représentez, toutes habillées en bleu comme ça ?
- Honnêtement je n'en sais rien... La mer peut-être... Ou les couleurs de la Ville...
- En tout cas, ils ne vous ont pas raté cette année !
Et elle s'éloigne en pouffant de rire.

C*nnasse !
C'est ça, casse-toi avant que je te fasse bouffer mon tutu !!

6e acte
Un p'tit bouchon d'à peine deux ans se présente devant mon château gonflable.
- Pour entrer, il faut enlever tes chaussures, bonhomme...
- Et il faut dire bonjour à Ellen, rajoute le papa.
Je scanne à toute allure les deux visages mais rien à faire, je ne connais ni l'enfant, ni le père. Il a sans doute lu mon prénom sur mon badge.
P'tit bonhomme me tend ses deux bras, la bouche en coeur, les yeux brillants : je m'accroupis, cueille son baiser, souris, me redresse en disant :
- En plus, j'ai droit à un bisou, merci !
Et papa ajoute :
- Et vous pouvez avoir un bisou de moi aussi !
La bouche en coeur, les yeux brillants...
Euh...
Un pervers qui kiffe les grosses fées bleues.
Fuyons.




Oui je vous mets une photo. Vous n'avez vraiment pas de coeur...

samedi 16 avril 2011

20 ans que ça dure

La première fois que je l'ai vue, je ne l'ai pas vue.
Petit grain de folie perdu dans le gris, elle était minuscule, invisible, aussi impalpable que le rêve qu'elle réalisait.

La première fois que je l'ai vue, elle se battait. Nidée du mauvais côté de mon utérus replié, elle avait si peu de chances de l'emporter que la gynéco m'a dit : "Vous recommencerez dans quelques mois..."

Elle se trompait.

La première fois que je l'ai vue, je l'ai grondée. Tu m'as fait tellement mal mon bébé, oh la la, que tu es grosse, tu m'as fait mal... Elle s'en fichait, elle hurlait plus fort que moi.
Elle était aussi blonde que ses aînés étaient bruns, aussi déplumée qu'ils étaient chevelus, et si potelée, oh si potelée que j'ai passé toutes ses premières semaines à la croquer.

Ça a été un bébé extraordinaire, un trésor, un miracle chaque jour renouvelé. Elle était là et j'avançais. Sans rien dire, en souriant, simplement, elle traçait mon chemin. Au plus profond de ma solitude, elle me tendait toujours la main : Maman, viens...

C'est devenu une petite fille incroyable. Elle jouait aux poupées avec sa soeur, aux voitures avec son frère, elle vivait à cent à l'heure, en se retournant de temps en temps pour vérifier que je suivais. Si jolie avec ses boucles blondes et ses yeux verts, elle riait comme on respire, et je suffoquais de bonheur.

Elle a grandi en une seule nuit. Ou bien je me suis endormie : j'ai fermé les yeux un peu trop longtemps, et sur la pointe de ses larmes elle est partie. Pendant des années je l'ai cherchée, elle m'échappait dès que je croyais l'apercevoir, brume irréelle, violente bourrasque, coups de tonnerre et sombres jours, elle s'échappait. J'ai fini par ne plus la voir.

Les anniversaires se sont succédés, une petite étoile a illuminé brièvement sa nuit noire avant de filer, à son tour. Je me suis couchée, fatiguée.

Un jour, le miracle s'est renouvelé. Des petits doigts se sont accrochés aux siens, des yeux noirs ont planté leur regard dans ses paillettes dorées, elle a souri, elle a fondu, elle est revenue. Solide, intransigeante, obstinée et pourtant si fragile, elle a posé ses heures solitaires au milieu de nos vies, incontournable, elle mène sa barque tant bien que mal, sans bien comprendre parfois, mais décidée à réussir.

Je l'entends chanter quelquefois, et rire aussi. Et je me rappelle ce soir-là, il y a 20 ans maintenant... 20 ans.

vendredi 15 avril 2011

Le bon bout

Pas très présente ces temps-ci, à part pour me plaindre que je travaille trop.... hum... que je travaille tout court....

Certains individus (je ne cite aucun nom...) passent beaucoup de temps à attendre que le dernier épisode de la nouvelle saison de leur(s) série(s) préférée(s) sorte(nt) sur Internet, le suspense entre deux téléchargements est parfois insoutenable...

Moi j'ai mes propres séries homemade... Trop la classe ! Pas besoin de télécharger, mais usage intensif tout de même de l'ordi... surtout la boîte mail. Alors, dans l'ordre nous avons :

- Au revoir, au revoir, Président ! : une série à suspense, 3 saisons déjà, à base de riches qui gaspillent, de pauvres qui galèrent, c'est plein de personnages différents mais qui répètent souvent la même chose : "Je vous ai fait parvenir ces documents il y a quelques jours..." Au dernier épisode, l'héroïne misérable qui compte ses sous au centime, choisit de faire confiance à la méchante qui lui file les billets un par un, en disant chaque fois : "Oh je me suis trompée, je vous en ai trop donné, rendez-moi un zilliard et demi et vite !"

- Arlette la Maléfique : commencée à l'été 2009 celle-là, c'est plutôt technique, un peu comme les Experts, faut pas piétiner la scène de crime ... Il y a une équipe de pro qui ratisse tout ce qui leur tombe sous la main, depuis la ventilation de la salle de change jusqu'à la composition du sous-plafond, en passant par le sac-poubelle de la cuisine et l'évacuation par la fenêtre en cas d'incendie. La dernière fois, Arlette a décidé de ne plus se déplacer, elle a carrément exigé un cross-over avec les équipes de Montpellier-New York et Libron Thongue- Miami ! Diffusion le 4 mai prochain, pinaise, j'ai hâte d'y être !

- MythoMan : ouh, là c'est du lourd, 4 mois que ça dure, le petit-fils va-t-il enfin rencontrer son grand-père ? C'est aussi long que les Feux de l'Amour, des plans qui durent trois plombes sur un seul mail, des dialogues d'enfer : "Mais j'ai appelé Odile hier, elle devait te rappeler aujourd'hui... Bon je t'appelle demain !", des magouilles, des revirements, et les gros méchants de l'autre famille (mais si, du côté paternel, c'est quand même des gros méchants aussi !) à l'affût qui téléphonent pratiquement chaque jour, "Alors, t'es pas partie finalement ?" J'ai tellement envie d'aller lui pourrir la g... à l'autre crevard, avec ses messages mielleux je t'aime-ma chérie-tu me manques-je fais le maximum, et la chérie elle est prête à sauter dans l'avion alors qu'il n'a même pas un lit pour la faire dormir avec son bébé ! J'espère qu'elle finira pas lui exploser la tronche... mais bon... Ce genre de scénario, c'est prévu pour durer des années.

- La remplaçante : toute nouvelle série, bof, pas terrible en fait, chais pas trop si je regarderai jusqu'au bout, c'est toujours la même chose. Il reste 11 épisodes de 7h, ça tourne en rond : les collègues langues-de-vip qui se tirent dans les pattes, les vilains bébés pleurant non-stop qui deviennent des bouilles à bisous toujours à sourire, les parents qui dégainent leur carte C'est-les-dents ! chaque fois qu'on leur dit nez qui coule/fesses rouges/fatigue intense... Dans l'épisode d'hier, la remplaçante a carrément oublié de remonter la barrière du berceau ! Et l'autre, sourde qui ne branche jamais son appareil (ça me donne mal au crâne...) allait donner un bib de lait à la petite allergique aux PLV : ouch, le plongeon des deux auxi, de chaque côté, pour choper le biberon avant que la tétine ne touche les lèvres ! Mais bon, quand même, c'est trop lent, pas d'action rien, ça me fait bâiller.

- Cousons-Cousette : ça démarre doucement cette série, ils terminent juste les pilotes. Le week-end dernier, c'était un épisode rose paillettes sur des fées, avec des ailes en tulle et des broderies en pâte-relief, pour un baptême, sympa. Et puis, le truc de dingue : un magasin de tissus qui fait une nocturne ! avec apéro et nouvelle collection de printemps, ça déchire...

Ha ha ha, incroyable le jeu de mots, tissus/ça déchire, hihihi, hou hou... *essuie une larme* qu'est-ce que je suis drôle moi quand je m'y mets sérieusement !

mardi 5 avril 2011

Ô rage ô désespoir

Jeudi 31 mars, fin de mon contrat, la crèche toute entière passe me demander si je reviens demain... Le poisson est trop gros, la directrice appelle la Mairie : ils ont bien l'intention de prolonger encore de quinze jours.
Lundi 4 avril, la collègue que je remplace est chez son médecin, la nouvelle est encore officieuse : elle est en arrêt jusqu'au 2 mai. Nouvel émoi dans toutes les sections : mais comment on va faire , mais on va perdre nos congés ! Quelle horreur ! Nouveau défilé chez les Bébés : "C'est vrai que tu ne reviens pas ? il paraît que tu ne peux pas rester c'est vrai ? mais comment on va faire..."

Je vois s'éloigner mon petit séjour fin avril à Paris à la vitesse grand V.... Snif.
Mais, euh, comment dire, hum, Véro-que-je-ne-connais-pas-parce-que-je-te-remplace, j'te préviens : T'AS INTÉRÊT à être là le 2 mai !!!

Positive Way : bon ben la Zazoune, avec ce deuxième salaire finalement je peux te payer ton Pass pour la convention des Vampires, avec ton Ian Somerhalder, là-haut. On n'a pas tous les jours 20 ans....

dimanche 3 avril 2011

Peut-être mais en tout cas....

On regarde Extreme MakeOver. Émission dégoulinante de bons sentiments et de solidarité bien-pensante, qui fait pleurer dans les chaumières américaines et les autres.
Une famille généralement bien-très-beaucoup malheureuse, à qui l'équipe offre une maison refaite à neuf, et souvent, en plus, de l'argent : pour solder le crédit signé à perpétuité, ou pour payer l'université à la nuée d'enfants que ces parents inconscients ont dotés de cerveaux en état de marche.

Aujourd'hui, un couple, avec ses treize enfants adoptés (vi vi, TREIZE ! dont deux bébés handicapés) : ils ne tiennent plus dans la caravane où ils se sont réfugiés après le cyclone qui a détruit leur maison déjà moisie.
Jessica Alba, la star invitée cette fois, déclare à la caméra, la larme à l'oeil : "Cette émission me donne envie d'aider..."

Et Nanette d'enchaîner aussi sec : "Ben moi, cette émission me donne envie d'être aidée !"

Fou-rire.

Nerveux ?

dimanche 27 mars 2011

Fin de semaine

Carnaval des écoles samedi 19 mars.
Qu'il est mignon !
Quant à moi, toujours aussi fatiguée.
J'avais pourtant trouvé mon rythme, mais depuis vendredi dernier, nouvelle tempête.
Ça commence par un énième coup de téléphone à l'Inspection : depuis décembre, je n'ai jamais réussi à les joindre, et j'ai dû me déplacer pour remettre une deuxième copie des documents comptables, pour le solde de l'indemnité.
Comme d'hab, vendredi, pas de réponse. J'appelle la gestionnaire, on ne sait jamais après tout, même si c'est loin d'être une flèche... Ouch ! Uppercut, direct, mâchoire par terre : "Je n'ai aucune instruction de versement, non..." Mais vous voulez dire, pour mars ? "Non non, ni pour mars, ni pour avril..."
Alors là, ça craint. Parce que compter chaque sou, mendier un mini-découvert, reporter le paiement du loyer, bouffer encore et encore des pâtes, c'est prévu pour avril, à contre-coeur, mais pas le choix. Par contre, devoir attendre fin MAI ...!!! Oh ? Ça va pas la tête ?!?
Mail immédiat à la chef de service, sur le mode : "Oh, tu te bouges les fesses la grognasse ?T'as reçu les papiers, en double exemplaire et en mains propres en février, faudrait voir à te réveiller hein !" Lundi, toujours pas de réponse, pas moyen de téléphoner je bosse non-stop...
Mardi, j'appelle l'assistante sociale (celle qui a su venir me faire suer à domicile il y a deux ans) et lui explique tout le truc, en la suppliant de voir avec la chef de service où ça coince. Elle raccroche sans s'engager...
Mercredi, toujours rien, et le standard choisit de se mettre en boucle sur le message d'accueil, avec ses choix multiples Tapez 1, tapez 2, tapez-moi la tête contre le mur !! J'envisage de repartir à Montpellier : ça fait suer, pas d'argent à jeter pour l'essence et le péage. Dernier essai avant d'aller bosser, je rappelle, à tout hasard, et ô miracle : ça décroche ! Surprise, j'ai du mal à tout déballer, mais apparemment, tout va bien, le dossier suit son cours, la chef a transmis ses instructions... Tu parles ! Méfiante, je demande à lui parler, rendez-vous est pris pour le lendemain, à ma rentrée du boulot. Et comme par hasard, arrive en même temps un mail de la gestionnaire, réclamant ......... les documents déjà fournis ! Aussitôt numérisés, aussitôt envoyés...
Jeudi, retour du boulot, rien de neuf, le téléphone toujours aussi muet. Je réexpédie (c'est quand même la 4e fois !!) les docs, en les accompagnant d'un nouveau mail ultra-agressif, pointant les incompétences évidentes de chacun, et mon inquiétude de voir le temps passer.
17h35, je suis sur le point de partir les faxer, quand je reçois un ultime mail de la gestionnaire : "Merci pour les documents, j'ai fais (sic) le nécessaire pour mettre en place le 2e versement pour avril, bonne journée."
Voilà. Fin de la guerre entamée il y a plus de deux ans. Comme chaque fois, ça m'assomme, après un épisode euphorique où je saute partout en criant.
On rajoute une attente exaspérante d'une réponse de la PMI, pour visiter le local. Un rendez-vous mardi chez l'orthopédiste pour le genou de la Miss (opération du ménisque en vue). Un timing complètement à la masse, qui m'a fait débarquer à 10h10 à la crèche ce mercredi, "Bah tu commences à quelle heure Ellen ? à 11h30 ? Qu'est-ce tu fous là ?". Et les nez que je mouche toute la journée qui ont fini par me rattraper : WE catastrophique, nez bouché, mal au crâne, début de fièvre, insomnie de toute beauté...
Et puis cette conversation que j'aurais préféré ne pas entendre: "Ah mais Véro, elle ne sera pas prête pour reprendre le 8 avril...." Aaaargh !
Demain, et pendant 3 jours, je fais l'ouverture à 7h30. Ça va être beau ...

dimanche 20 mars 2011

Partir un jour

Voilà, la décision est prise : je déménage.
5 ans ici, avec des hauts et surtout des bas, les enfants qui sont partis, revenus, repartis, les uns après les autres, et Maxence qui n'a pas laissé sa part au chat...
Je tourne la page. Préavis le 31 mars, ensuite j'ai trois mois devant moi pour débarrasser les pièces et ma mémoire de tous ces trucs accumulés et gardés pour rien : certains cartons n'ont pas été ouverts depuis mon arrivée ici en 2006 !
Jeudi, Emmaüs vient faire un premier chargement des meubles les plus encombrants. Je revends la cuisine imposante, où je ne mets pratiquement plus les pieds depuis près de deux ans. Le projet ? Entrer dans la nouvelle maison avec une literie neuve, des armoires, et l'électro-ménager de base, cuisinière, frigo, lave-linge. Tout le reste à la poubelle, dans les friperies et chez qui-n'en-veut.

Hier soir nous avons visité une maison séparée en deux appartements, de 95 m² en bas et 140 m² en haut. Trop petit au goût de Nanette, qui partira de son côté. Mais idéal pour installer la microcrèche en bas. La proprio est emballée par le projet, qu'elle trouve génial. La maison est au croisement des deux cliniques et de l'hôpital : c'est la clientèle visée. Elle est refaite à neuf, les seuls travaux seraient l'installation de la salle de change et de la cuisine : tout le reste correspond aux exigences de la PMI et du SDIS, pour l'hygiène, l'évacuation, l'accessibilité, l'espace. Et il y a même un extérieur !
La proprio est d'accord pour attendre le 1er mai, sans payer le mois d'avril. Mais que demande le peuple ? Reste à convaincre la PMI... Si tout va bien, on pourrait ouvrir avant l'été.

Et partir d'ici.

samedi 19 mars 2011

P*$%tain de s£*#l$perie de m§*%rde !!

"Maman j'ai un problème avec mon ordi, hier je regardais mes séries et j'ai commencé à avoir un tas d'alertes de sécurité de System Tool et j'arrivais plus à l'enlever et mon fond d'écran a été bouffé, regarde il dit que je suis en danger et ma famille aussi et tout mon ordi..."

Ce qui semblait bizarre, c'est que quelque soit la demande, ce System Tool à la con ouvrait la page "Payez et vous serez guéri !" Un scan revenait sans arrêt : 38 virus, 7 chevaux de Troie, 6 spyware, une bonne dizaine de worms, et des tas de petites fenêtres en anglais MachinTruc est infesté, BiduleChose est infesté, pas possible de l'exécuter.
Au bout d'un moment, ma fille et moi on a fini par se demander si le virus n'était pas justement ce système soi-disant bienveillant, qui voulait nous aider à tout virer. Bingo ! Il ressemble tout à fait aux trucs habituels de Microsoft, mais en fait c'est bel et bien une cyber-arnaque, qui récupère du coup les coordonnées CB.

Dans mon infinie bonté naturelle (hum) je vous passe les détails des 3 heures passées hier soir à essayer tout un tas de trucs. Je ne suis pas une lumière en informatique, mais c'est comme la voiture, à force de réparer tout ce qui peut arriver à de vieux machins, je commence à m'y connaître un peu.
Le problème avec ce virus-là, c'est qu'il bloque tous les accès aux différents moyens de restauration du système sain. Il est vraiment coriace ! J'ai fini par tomber sur ce site, vraiment clair et simple, et en effaçant ce matin deux fichiers suspects du 17/03, ça a marché.

Alors voilà, c'est un billet qui n'intéressera pas grand monde (en tout cas je vous le souhaite !!) sans doute, mais commencer la journée avec une bonne nouvelle, ça me fait du bien...

mercredi 16 mars 2011

La fête à la grenouille

Je dois déjà me faire violence le matin pour me préparer et partir bosser. Seule l'idée du salaire qui va m'être versé me motive suffisamment...
Voilà maintenant que la météo s'y met !
Ce matin, mon trajet habituel de 15 mn et 15 km s'est heurté à des barrières "Route Inondée", puis à de grands gestes explicites "Passez pas ! L'eau ! L'eau ! Beaucoup !", pour finir par un détour conséquent (+ 20 km) et une heure de retard (qui me sera retenue, dixit la directrice).
Autant dire qu'à 14h30, en quittant les 5 bébés présents, je n'étais pas spécialement de bonne humeur en envisageant mon trajet retour. Je tente quand même de reprendre la voie rapide : peine perdue, demi-tour au bout de quelques kilomètres, route fermée.
OK. Va pour le détour. Cette fois je vais plus vite, puisque je sais où je suis. Trente km plus loin, dernier rond-point avant l'entrée de ville, je tourne... et je dois passer la première : début d'un embouteillage morne, rue après rue le même panneau, les mêmes barrières, et l'aiguille du compteur qui ne dépasse pas le 20 à l'heure.
40 minutes. J'ai mis 40 minutes pour faire les 3 derniers kilomètres qui me séparaient de la maison. Et les temps de trajet ne sont pas payés, eux !
Grrrr....