dimanche 29 novembre 2009

Grand Maître et Petit Maître

Ça swingue fort dans la famille Nous-mêmes.

Nouveau craquage du fiston, à l'approche des Fêtes sa fragilité se réveille. En pleurs au téléphone depuis mardi, il a fini par arriver ici jeudi soir. On gère, espérons juste que cette fois on a réagi à temps.

Presque fin de varicelle. Ces dix derniers jours ont été particulièrement longs, bébé chouigneur qui pétait la forme par vagues de 40 minutes, trois fois par jour... et par nuit. Je crois que les dents sont venues pimenter les dernières journées : 3 grosses molaires sont désormais parfaitement visibles.

Ma douce Nanette est complètement paumée : son nouveau stage est en halte-garderie, 100 enfants différents qui tournent sur 12 places. Les gosses hurlent non-stop, l'équipe est blasée, la directrice la terrorise. Le chouette projet d'établissement (respect et soutien) reste... un chouette projet ! L'évaluation pratique du 9 décembre se rapproche à toute vitesse, et tout ce qu'elle rêvait de mettre en place s'écroule jour après jour. Cette formation est vraiment à hurler !

Mon projet de microcrèche avance à grand pas. Je devrais dire saute à grands bonds, peut-être... A chaque nouvelle étape, un nouvel obstacle. Je m'étonne moi-même, je n'ai toujours pas craqué.
J'ai vu l'Inspectrice mardi dernier, elle transmet ma demande de calcul. J'espère connaître le montant d'ici deux à trois semaines : je ne veux pas m'y attendre avant, marre de surveiller le facteur.

Et notre arc-en-ciel dans cet horizon plutôt grisouille : la Zazoune est a-mou-reu-se. Raide dingue de son nordiste. On l'a reçu dix jours en milieu de mois, et elle part le rejoindre mi-décembre : il l'emmène à Londres ! Oui, carrément !
C'est un gentil, ils sont mignons tous les deux. Ça me fait drôle de la voir comme ça, mais j'adore son sourire enfin installé, et je lui souhaite d'avoir trouvé le bon.

La roue tourne.
Doucement.

lundi 23 novembre 2009

Attaque de l'agent VZV

Attention, Code Rouge enclenché, je répète : attaque de l'agent VZV, Code Rouge enclenché !

Il en a PAR-TOUT le 'tit père...
Ça a commencé jeudi soir, tiens un bouton de moustique sur l'oreille, on rebranche le diffuseur...
Vendredi 11h, "tu as vu, il s'est fait piquer sur le sourcil ?" Ah tiens, aussi sur le menton...
Vendredi midi : ouverture de couche, oooooh ! Attaque identifiée, soulevons le tee-shirt : iiiiiih !

Varicelle Zona Virus.
Varicella Zoster Virus, in inglish, ça sonne bien non ?

En tout cas ce qui sonne, ce sont nos oreilles. Parce que depuis la première dizaine de boutons de vendredi, ben le 'tit pépère, il en a sorti quarante-douze-mille millions. Au moins. Partout.
Et s'il a commencé par se frotter surtout les cheveux, on a eu très vite droit à la Saturday Night Fever. En direct live. Dance et effets surround inclus, free.

Ça me rend dingue. Il chouigne en continu. Il pousse des cris perçants en se réveillant.
Il se traîne et se frotte à peu près partout. Aussi quand il est dans les bras.
Il dort par paquets de 20 minutes. Même la nuit. Mais juste 3 fois aujourd'hui.
Il ne mange presque plus, et son ventre grogne de faim, on l'entend de l'autre côté de la pièce.
Il est défiguré. Vraiment.

C'est une véritable mission-commando pour le doucher, le sécher, le désinfecter, le lotionner. Heureusement qu'il avale son Prim Alan et son Dol Iprane sans rouspéter : je ne supporterais pas un décibel de plus.

Code Rouge enclenché. Alerte maximale, ce soir vos troupes en embuscade sont chargées de prendre le relais, si les forces maternelles venaient à être décimées.
Et vous feriez mieux d'aller dormir ! Tant que vous le pouvez...

jeudi 19 novembre 2009

Voilà


Je sais que j'ai maigri quand :


- je chope des ampoules à cause de mes sabots qui flottent autour de mes pieds dégonflés

- je dois remonter ma culotte sous mon pantalon, qui ne sait retenir que le centre et pas les côtés cet abruti

- je boutonne ma chemise rouge sur la poitrine, et on voit même pas entre les boutons

- je pars à 11h31 de la maison et j'arrive à choper le bus de 11h45, même pas essoufflée derrière la poussette la classe

- je me chatouille du bout des doigts quand je veux me gratter là juste là sous le menton, oui là sur le deuxième menton ben où il est passé ?

- je m'asseois (oui moi je m'asseois, je ne m'assieds pas, et alors ?) sur les toilettes sans faire déraper la lunette qui ne tient plus que par une vis

- j'arrive à enfiler sans contorsions mon pantalon tout juste lavé séché

Ici dans le Sud, ils disent : "Ouh la la, t'as décollé toi dis donc !". Je ne comprends pas cette expression. Quand tu grossis, tu atterris ?

Ou tu colles...
Chais pas trop.

mardi 17 novembre 2009

Communiquons

Que fait ce gamin assis sur sa couchette les pieds dans son panier ?

Je lui ai dit : "Mets tes chaussures dans le panier."

...

Que fait la CAF avec les documents qu'elle me réclame et qu'elle doit avoir en douze exemplaires vu le nombre de fois où je les lui ai remis ?

"Selon les documents que vous nous avez fournis le 27 octobre 2009 (attestation de congé longue durée), vous êtes actuellement sans activité professionnelle ou en congé longue durée. Pour étudier vos droits, nous vous demandons de fournir les documents cochés ci-dessous :
- une attestation de congé longue durée"

...

dimanche 15 novembre 2009

Lécher le plat

Aussi je fais très bien le gâteau à rien.
A ne pas confondre avec celui à la vanille, au chocolat, à la poire... : le gâteau à rien, on n'y rajoute, ben, RIEN !
C'est mon aînée qui l'a baptisé comme ça, le jour où elle a fait son premier gâteau toute seule.

Donc, ça se rapproche du gâteau au yaourt, parce que j'utilise une mesure (qui peut être n'importe quoi : une tasse, un bol, un ramequin,...) pour tous les ingrédients.
Ça marche par 3 aussi : 3 oeufs, 3 mesures de sec, 3 mesures de mouillé.

Je verse 2 mesures de farine pour 1 mesure de sucre, je rajoute de la levure (c'est censé être la moitié du sachet mais perso, je ne sais pas faire, ça m'étonnerait que toute la poudre qui tombe fasse seulement la moitié du sachet...) et, si j'en ai, de la cannelle en poudre (j'aime bien le goût).
Je casse 3 oeufs au milieu, je mélange, quand ça devient trop sec je verse 2 mesures de lait et 1 mesure d'huile. Je rajoute (quand j'en ai) de l'essence d'amandes amères et de l'eau de fleur d'oranger (pareil, juste parce que j'aime le goût) et une lichette de rhum.
Beurrage du plat avec les doigts, farinage, je verse la pâte, et hop ! 40 mn max au four à 150.

Les jours fastes, je rajoute du chocolat noir fondu, ou de la poudre d'amandes, ou des morceaux de pomme/poire, ou de la noix de coco.
Mais là, c'est plus du gâteau à rien, hein.

Poulet qui déchire

Ça me fait penser que je dois recopier mes recettes (qui réussissent...)
Pour la tradition... Hum.
Nan, en fait c'est pour que mes enfants qui sont loin n'aient pas besoin de m'appeler pour me dire : "Le vin, tu en mets à quel moment ?"
Et je caresse le secret espoir qu'un jour, je mettrai les pieds sous la table... Re-hum.


Or donc, commençons par : le poulet à la crème et aux champignons.

Il faut des escalopes de poulet (ou de dinde, ça commence bien !), de la crème fraîche, des champignons, un oignon et du vin blanc.
Je coupe les oignons en lamelles, les fais revenir dans du beurre et de l'huile à feu doux. Je mets ensuite les escalopes dans les oignons, les fais cuire. Je coupe les champignons en lamelles aussi, les ajoute quand la viande est blanche. Je rajoute la crème fraîche, que je dilue avec le vin blanc. Sel, poivre, encore dix minutes de cuisson à feu très doux et c'est prêt.

Championne de la cuisine ultra-rapide. En général je lance en même temps la cuisson du riz, et en vingt minutes les deux sont terminés.
Par contre, les quantités, euh, moi je fais ça à l'oeil, et des fois au goût.

Pancrêpes

Quand on a oublié la recette des pancakes, mais qu'on a la flemme d'aller en chercher une sur le Net, qu'est-ce que ça donne ?
Un drôle de truc, entre pancake pas cuit et crêpe trop épaisse...
Mangeable...
Quand on a faim..

Je déteste faire des crêpes, ça prend un temps fou, chuis coincée devant la plaque sans vraiment rien pouvoir faire d'autre.
Les pancakes c'est mieux, ça cuit en un rien de temps, c'est rigolo les bulles qui se forment à la surface et hop ! ça se retourne sans problème !

Chuis déçue.
En plus on n'avait même pas de sirop d'érable.
Pour te dire, il en reste : ça veut tout dire hein ...

vendredi 13 novembre 2009

Bougez avec la Poste

Nouveau rebond d'énergie aujourd'hui.

Comme mon avocate s'obstine à ne répondre que quand ça lui chante, je vais poursuivre seule mon beau-frère à Quimper. Je suis allée chercher un formulaire pour demander une injonction de payer au Tribunal, manque de bol je suis arrivée pile à la fermeture et ils ont refusé que j'y entre. Pas grave, j'y retournerai lundi, et l'enverrai dans la foulée, puisque la Poste est juste à côté.

L'huissier aux Antilles, pareil : silence radio depuis lundi, où elle m'a dit qu'elle appellerait mon avocate pour tirer au clair cette histoire de copie et d'original. Je suis fatiguée d'attendre que ça bouge. J'ai préparé deux demandes aux deux tribunaux, ici et à Nanterre, où ont été jugés l'abandon de famille et le divorce. J'y explique que mes démarches pour récupérer cet argent n'aboutissent pas, que l'avocate et l'huissier ne s'investissent ni l'une ni l'autre. Je réclame un original et un second original de chaque décision de justice, et je demanderai à mon frère, qui habite là-bas, de saisir un autre huissier pour moi.

La Sécurité Sociale : toujours pas de carte Vitale, toujours pas d'immatriculation de la Zazoune (et par conséquent de carte Vitale perso pour elle, depuis 2 ans et demi), pas de rectification de leur énorme bourde (pas sûre d'avoir raconté ?? Ils ont enregistré ma énième demande pour la zazoune comme une naissance, à mon foyer, d'une MOI moi (mon nom mon prénom), le 16 septembre (ma date anniversaire) 2009, et ont expédié cette demande à la Caisse de la Charente (???), qui m'a renvoyé ICI dans l'Hérault un calendrier des vaccinations obligatoires de la 1ère année !! Et le plus absurde est que ce courrier est tamponné de plusieurs dates, s'échelonnant du début à la fin du mois de .... juillet 2009.... Sont fortiches à la MGEN, respect !)
Sans carte Vitale, les différentes consultations sont à payer, je dois poster les feuilles de soin, attendre qu'ils les traitent, attendre encore qu'ils me remboursent (en se servant généreusement au passage : une consultation toubib à 22 euros m'est remboursée 13...) attendre davantage qu'ils me postent le relevé de remboursements, et enfin fournir ce relevé à la MAAF, qui le traite en 3 jours pour la partie mutuelle.
Donc, courrier rageur, menace de porter ce dossier aussi haut qu'il le faut s'ils ne trouvent pas au plus vite le moyen de faire leur travail correctement.

Enfin, j'ai confirmé le rendez-vous du 24 novembre avec mon Inspectrice. C'est à elle que je dois remettre ma demande de calcul d'indemnité de départ. En retour, elle doit s'entretenir avec moi, m'informer du caractère irrévocable de la démission, et s'assurer que j'ai connaissance de toutes les autres options qui s'offrent à moi. Oui, j'ai déjà eu ce rendez-vous il y a presqu'un an. L'impression d'avoir perdu 10 mois ? On verra, si mon indemnité prend en compte l'année 2009 pour le calcul, non, finalement, ce sera un mal pour un bien.

C'est une nouvelle période "active" qui commence. Je sais déjà que je la paierai par plusieurs jours, voire plusieurs semaines de descente. J'espère pouvoir lancer un maximum de démarches avant de plonger. En général, décembre ne me réussit pas trop : allez, pour une fois, ce sera un mois merveilleux. Allez.

mercredi 11 novembre 2009

Alex Plosion


Zazoune en savant fou, 2e prix de déguisements Halloween 2006


Petite conversation privée entre soeurs.

"Oh la la il a vachement grossi (le père de Maxoune) depuis cette photo !
- Ouais.. mais il a remaigri cet été quand même...
-Bah ... maintenant qu'il peut choper sa copine !!"

Les mêmes, dans l'autre sens.

"Il a dit qu'il me filerait son Viewty (téléphone) à Noël...
- Bah... faut que tu restes avec lui jusqu'à Noël alors !!"

Et moi qui pensais leur avoir appris que quand on Aime c'est pour Toujours...
Hum.

lundi 9 novembre 2009

Horatio est un gros nul, en fait.


J'ai (enfin !) reçu les résultats de mes examens du 12 mai.
Après 5 visites au secrétariat du service, 6 coups de téléphone, et deux plaintes auprès de mon médecin traitant qui aurait pu se bouger lui aussi pour les récupérer non mais !

Donc, arrivée au courrier la semaine dernière d'une volumineuse enveloppe marronnasse, et d'une autre beaucoup plus fine et blanche.
La première contenant copie des résultats. La seconde, facturation (119 euros.... de ma poche encore) de la première. Enfin, des examens de la première. Non, même pas, de la journée d'hospitalisation : les 2 labos qui ont bossé m'ont envoyé leurs factures respectives en juin. Il y a arnaque ou bien ...?

Passons. Ouvrons. De préférence calmement. Rappelons-nous que je n'ai RIEN. Ce sont les examens qui le disent.
Sauf que.

Pour commencer, le myélogramme est hémodilué. Après recherches sur mon ami Gogol (je ne vous les mets pas toutes, ça m'a pris plusieurs jours de lecture, ce cours est le plus synthétique - hum) il paraît que ça tient surtout au préleveur, et que dans ce cas le myélogramme ne peut être interprété correctement, il doit être ... refait !! Oh put**n, non alors !
Ma moelle est "peu dense, probablement hémodiluée, sans anomalie qualitative en dehors d'une dysérythropoièse hypochrome." Mais comme nous travaillons sur un extrait sans grains médullaires et sans mégacaryocytes.... voilà quoi...
De plus, le peu d'érythroblastes présents (14%) est de forme hémoglobinoprive. Comment il a dit déjà ce couillon de toubib ? Ah oui, "des anomalies à différents stades..."

Deuxième point noir : il m'a fait passer un test au Synacthène ; j'étais convoquée à l'hôpital à 9h, à jeun depuis la veille. Déjà, ce genre de test doit se faire à 8h, parce qu'après le taux chute dans la journée. Première anomalie.
Mais en plus, on m'a collée dans un lit, sans rien me dire, sans rien me faire surtout (quand on sait que le cortisol est l'hormone du stress, hum) et vers 11h, une infirmière m'a quand même prévenue qu'on ne trouvait pas mon dossier, on ne savait pas au juste pourquoi j'étais là...
Un peu avant midi, le grand patron est enfin arrivé, et a prélevé la moelle. Et ENSUITE, le test a commencé !! Prélèvement à 12h10, injection, nouveau prélèvement à 12h40, et un dernier..... dix minutes après ! Apparemment, ils étaient pressés de me mettre dehors...

Ce test, c'était pour vérifier une éventuelle insuffisance surrénale lente. Quand j'ai revu le médecin le 17 juin, il n'avait pas les résultats. Il a téléphoné à Montpellier pour obtenir ceux du myélogramme, mais n'a pas pris la peine de rechercher aussi ceux du test ACTH.
J'avais un taux de cortisol à 6.5 (ce qui est relativement bas) au premier prélèvement, puis après stimulation il a quadruplé en une demi-heure (24.6). A 12h50, il était déjà à 28. En général, on attend un simple doublement dans les 60 minutes suivant l'injection...
Mais je vous rappelle que je n'ai rien. Seulement ces anomalies, discrètes, hein... Ne nous y attardons pas, voyons.

Rajoutons quand même, si vous voulez bien, les anticorps anti-nucléaires à 160, et les anticorps antiADN (ceux du lupus, qu'a mon fils) à 19 : sachant qu'ils sont normaux en dessous de 20, mais douteux de 20 à 25... et qu'ils étaient à 86 à la dernière recherche... Mais là encore, je pense qu'il n'avait pas ces résultats, seulement ceux des prises de sang de mon dossier, vieux de deux ans déjà ! Plus d'un mois après...

Le médecin-conseil de l'Éducation Nationale m'avait conseillée d'aller consulter sur Montpellier. Il m'a même donné le nom d'un professeur interniste là-bas. Je n'avais pas voulu y aller, parce que cet abruti de toubib avait réussi à me convaincre que tout ça, ça n'était que dans ma tête.

Je ne suis pas sûre d'avoir vraiment envie de repartir chez les toubibs, à nouveau.
Mais par contre, j'irai lui dire ce que je pense de lui. Et de son diagnostic à la con.

mardi 3 novembre 2009

J'y arriverai

Il y a des semaines avec et des semaines sans, des jours avec et des jours sans ; il y a même des heures avec, au milieu de beaucoup d'heures sans. Mais chaque heure gagnée est une victoire personnelle sur cette saloperie de dépression.

J'essaie de téléphoner à ceux que je n'ai pas contactés depuis longtemps. Pas facile, pour la plupart, ce sont des anciens collègues, en vacances, et la conversation tombe inévitablement sur la classe.

J'ai appelé ma mère, j'ai écrit à mon père. Les deux m'ont dit ne pas me comprendre, les deux ont réussi, en dix minutes, à pointer que j'étais nulle et que je ne savais pas y faire.

J'ai envoyé un mail avec les dernières photos de mon petit-fils, mais au moment d'écrire, le trou noir, la panique, et les larmes qui ont brouillé ma première intention.

Oui, je suis vivante, non je ne suis pas morte, oui ça fait longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles, non je ne vais pas mieux.

Non, je ne peux pas faire plus.

Quels mots pourront vous faire partager le trou noir qui me ronge de l'intérieur, la bête immonde qui rôde, prête à me sauter dessus si je baisse la garde une minute ? J'ai peur de craquer, je me cramponne de toutes mes forces au bord du précipice, paralysée de trouille, paniquée à l'idée que je pourrais tout simplement tout lâcher, et cesser enfin de me battre à chaque instant.

Je me cache. J'affiche un sourire sur mon visage, je traverse ma journée bien planquée derrière toutes ces choses à faire... dont je ne fais pas la moitié. Je mens, je triche, je ris et j'attends que revienne le soir, et mes heures solitaires, méfiantes, dans mon lit, à l'affût des ombres hideuses et de mon fantôme effrayé : j'ai peur de m'endormir, je me bats en silence et mes cauchemars hurlent à ma place.

J'ai fermé les yeux. Je ne sais pas si je tombe ou si je vole.
J'attends.

J'y arriverai ?

dimanche 1 novembre 2009

Chat noir !

Je ne résiste pas au plaisir de mettre une photo de Max la Fripouille, déguisé pour son premier Halloween.
Il a fièrement remonté les allées, sa queue traînant dans les feuilles mortes, prenant soin de croiser les gens par la gauche, hin hin hin.
Et si la photo semble floue, c'est que sa mère elle-même tremblait de peur en la prenant, ouuuh !

samedi 31 octobre 2009

Et ensuite ?

Ça y est, j'ai reçu samedi dernier ma notification d'attribution d'un congé longue durée. D'une durée d'un an à plein traitement, il court jusqu'au 4 janvier 2010. Ensuite, je peux en demander le renouvellement par périodes de 3 mois, pendant encore deux ans, à demi-traitement.

Deux portes s'ouvrent avec cette notification. La première : ma situation administrative est régularisée ; depuis le 14 décembre, je devais faire prolonger mes arrêts-maladie ordinaires chaque mois.
La deuxième : mon année professionnelle est donc validée avec un salaire complet. Je vais pouvoir demander une indemnité de départ volontaire, quand mon congé s'arrêtera, basée sur un traitement annuel complet. Si je compte 18 années d'ancienneté qui multiplient le mois payé 2 300 euros, ça me fait une IDV à un peu plus de 40 000 euros net environ.

Si l'on en croit certaines pages du Net, depuis la rentrée 2009 les premières indemnités ont été versées, 10 à 12 jours après l'acceptation de la démission. Si je choisissais cette option, je demanderais une confirmation de ma demande de démission, à la date du 5 janvier 2010, et (en croisant fort fort les doigts...) je devrais normalement toucher l'indemnité dans la foulée. Hum.

Autre option : la directrice du jardin d'enfants où Nanette a fait son stage part à la retraite en janvier. Pour l'instant, la Mairie a de grandes difficultés à trouver un(e) remplaçant(e) : c'est une structure trop insignifiante pour une direction, 12 enfants de 2 à 4 ans, tous petits locaux, pas d'évolution possible... Si personne ne se bouscule au portillon, je vais tenter ma chance. C'est une bonne transition entre l'Éducation Nationale et la microcrèche. J'ai déposé un CV et une lettre de motivation la semaine dernière à la DRH, on verra bien s'ils me contactent.

Si je renouvelle mon congé, je dois me décider avant le 4 novembre : 2 mois avant le 4 janvier... C'est la semaine prochaine. J'ai passé une bonne partie de ces dernières nuits à chercher sur le Net une réponse à mes questions. Je me lance et démissionne ? Je reprends 3 mois de congé à demi-traitement ? Je demande ma retraite anticipée ? Je retourne à l'école (non je rigole...) ?

Ce soir, l'Euromillions est arrivé à 100 000 d'euros. ÇA, ça serait une bonne solution !

dimanche 25 octobre 2009

Il dort

Il dort, et il mange aussi.
Et il joue, et il remplit ses couches.
Il apprend. Tout le temps.
Il rit, beaucoup. Il pleure. Fort.
Il tombe, se cogne. Il court partout.
Il lit, téléphone, zappe, surfe.
Il se cache derrière les rideaux et souffle sur le radiateur.
Il est épuisant.
Il a un an.
Déjà.
Seulement ?

lundi 19 octobre 2009

Accroche-toi !


Quand tu crois que c'est fini, ça repart pour un tour...

Festival de bonnes nouvelles, de mauvaises, de bonnes, de mauvaises, de mauvaises, de mauvaises, de mauvaises.

J'ai insisté auprès de la CAF pour rencontrer quelqu'un de compétent, à propos de la création de ma microcrèche. Mercredi il y a quinze jours, coup de téléphone d'un monsieur charmant, attentif, et surtout très intéressé par mon projet. Une Commission se réunit justement le 23 octobre, quelle chance, CAF, Conseil Général et Mairie ensemble, strike ! Si mon business plan se tient, j'ai de fortes chances d'être financée.
Sauf que ... mercredi dernier, ma proprio m'a fait savoir qu'elle refusait finalement de passer en bail professionnel, ça lui coûte trop en impôts. Donc je n'ai plus de local...
Il me reste à en trouver un autre. Peut-être que j'en profiterai pour y ajouter un jardin ou une cour. Mais ça risque de faire grimper le loyer.

J'ai harcelé l'huissier aux Antilles, alternant les supplications et les coups de gueule, dernier coup de téléphone lundi dernier, elle m'a promis de voir le dossier pendant la semaine et de me rappeler vendredi. Entretemps je lui envoie un fax, résumant tout ce que je sais du triste sire (boulot, adresse, biens saisissables...) et répétant que je veux SURTOUT faire appliquer la condamnation d'octobre 2002.
Vendredi, j'ai appelé toutes les deux heures, à partir de midi heure locale, parce que euh... comment dire... je me méfiais de ses promesses. Chaque fois, ça sonnait dans le vide. A 21h (soit 15h pour elle), prise d'un doute, je demande à ma fille d'appeler de son portable : et là, miracle, l'autre conne décroche dès la première sonnerie !!
On ne peut pas se permettre d'appeler la Guadeloupe depuis un portable, donc ma fille a raccroché sans rien dire, et j'ai rappelé illico du fixe.
Bah oui.
Comment vous savez qu'elle n'a pas décroché ?
Plan d'attaque : je rappelle aujourd'hui, et si elle me fait le même plan, j'enchaîne sur la Chambre des Huissiers pour porter plainte et réclamer des dommages et intérêts... ça fait 7 ans que cette étude fait obstruction, séquestrant en plus les originaux de mes jugements, ce qui m'empêche d'aller trouver un autre huissier.

Ma grande a commencé son premier stage fin septembre, au jardin d'enfants (et sans voiture ça veut dire traverser la ville en bus, génial) et hop ! la deuxième semaine, le même gros méchant virus qui nous avait étendues, sa soeur et moi, la semaine précédente, l'a terrassée à son tour.
Le toubib l'arrête une semaine entière pour ne pas contaminer les petits de la garderie, et hop ! elle en profite pour refiler le vilain crobe tout pas beau à son bébé !
Elle a repris lundi dernier (le stage, pas le crobe...), nous laissant de chouettes journées avec le nez qui coule et les médicaments à donner à un petit bout pas franchement coopératif. Bravo !

Fiston, qui s'était amouraché souvenez-vous d'une collègue enceinte jusqu'aux yeux, me téléphone en pleurs dimanche dernier : elle a perdu le bébé (décollement placentaire à trois semaines du terme, c'est dur), et lui est paumé dans ses sentiments, quitter M., consoler A., se replier tout seul dans son coin... Pas facile encore une fois de l'aider par téléphone. Mais quelle idée d'aller s'installer si loin !

Et enfin, parce qu'après tout ce n'était pas assez compliqué ma vie perso je trouve... début septembre je me suis emmêlée dans mes dates de règles et d'ovulation quand un vieux copain s'est proposé pour me consoler (bon là je vous raconte ma vie totalement privée de chez privée mais sinon vous n'y comprendrez pas grand chose : je n'avais pas eu de rapports depuis décembre 2007, ça ne me manquait pas, mais quand l'occasion se présente, hein...) et j'ai été la première surprise fin septembre de ne pas avoir mes règles.
Test positif lundi 5, saignements jeudi 8, hôpital vendredi 9 pour tout le week-end. "Fausse couche (très) précoce, on va vous donner des comprimés, et si nécessaire, curetage dimanche ou lundi".
Je suis ressortie dimanche dernier, utérus apparemment vide, mais la tête pleine de nouvelles questions.

Lundi, 8h, le réveil sonne, la semaine commence.
On est reparti pour un tour.

mercredi 30 septembre 2009

Solstice d'automne

Une espèce d'accalmie.

Les nouveaux cachets sont peut-être mieux adaptés...

J'ai d'abord passé une semaine à pleurer, doucement, tranquillement. Comme une souffrance qui s'évacuait. Après les grosses colères des jours précédents, ça m'a soulagée.
J'ai ensuite passé une autre semaine à m'interroger. La psy m'a offert une panoplie de questions (presque) existentielles, du genre "Pourquoi considérer l'EN comme toxique ?" ou encore "Et qu'est-ce qui se passerait si vous le disiez ?"

Où en sommes-nous ?

J'ai changé de numéro de téléphone. Personne, à part les enfants et une amie, n'a le nouveau numéro. Je n'ai pas parlé à mes parents, mes soeurs, mes amis et relations depuis plus d'un mois. Pas le temps ? Pas le courage ? Pas envie... Sans doute un peu des trois ensemble.

Le déménagement se passe plutôt mal. Je n'arrive pas à rassembler énergie, temps libre et motivation. Alors les choses traînent, le bazar s'accumule, je m'énerve. Dans la nouvelle cuisine, j'ai monté deux placards. Le four attend toujours là-haut, et la plaque de cuisson aussi.

Mister Monster continue à sortir des dents en rafale, il dort plutôt mieux mais c'est difficile de tenir des horaires réguliers, sommeil repas sorties, et sa mère n'aide pas trop au truc... Le soir, elle est surexcitée, épuisée, amorphe, bavarde, affamée. Elle alterne ou superpose, son fils la copie, et moi je suis au bord de l'explosion régulièrement. Mais dans l'ensemble, on gère les crises, chacune fait des concessions.

La Zazoune s'est lancée à fond dans ses cours, c'est rigolo de la voir s'acharner, elle tient (presque...) le rythme d'un devoir tous les deux jours. Là elle attaque la partie artistique, croquis, techniques d'expression, ombres fusain sanguine et tout et tout, allez, c'est dit, je vais faire avec elle ! J'ai ressorti mes liens Internet trouvés pour me remettre au dessin. On verra ce que ça donne...

Mon fils est complètement fou ! Il s'est lancé dans un drôle de truc, avec femme enceinte et petite amie à ne pas faire souffrir, saupoudrez d'un peu de MSN et de disputes/brouilles/réconciliations, faites chauffer à forte jalousie, et dégustez plutôt tard le soir, quand mamoune est épuisée et voudrait juste se coucher tôt.

Je continue donc à avancer doucement sur le chemin : de plus en plus la retraite revient sur le devant de la scène. C'est la solution la plus raisonnable pour me libérer en douceur, en continuant de percevoir un revenu minimum (environ 700 euros mensuels).
Ah, au fait, sur le plan des sous, toujours rien côté tribunal, rien côté avocate, rien côté huissier antillais : du coup, j'ai appelé la Guadeloupe mercredi dernier, et je me suis bien défoulée sur celle que j'ai eue (enfin !), quand elle a eu la malheureuse idée de me dire "Votre dossier est trop vieux, c'est pour ça qu'on ne le traite pas..."

Je vois ma psy demain, mon toubib jeudi, mon avocate en début de semaine prochaine, puis ce sera la commission pour l'attribution du congé longue durée. Octobre sera déjà bien entamé.

C'est l'automne, les feuilles craquent sous les pieds.

Photo prise par ma grande - Fierté !

mercredi 23 septembre 2009

Atchoum !

Voilà, c'est la loi des séries, il nous manquait les crobes, ayai, c'est fait...

Dans la nuit de dimanche à lundi, fièvre et insomnie pour la Zazoune et moi. La veille du jour où Mister Monster ne fait pas de sieste, bien sûr. La grande rentre en larmes de ses cours, mauvaise journée, les nez coulent à flots lundi soir.

Hier, on se lance quand même dans l'expédition "on te rejoint pour manger à midi" : on en profitera pour faire les courses à Géant, en échangeant les points fidélité parce que c'est carrément la dèche ici.
Donc, à 11h et demie, 30 mn à pied pour rejoindre l'école, et encore 15 autres pour le centre commercial, sous un soleil de plomb pas du tout de saison.
Le mal de crâne monte en puissance. Du coup, on se contente de manger, on fera les courses au Petit Casino en la raccompagnant.

Puis retour, toujours à pied, toujours dans l'optique d'économiser les sous du bus. 3 euros c'est un repas chez nous. On lâche la demoiselle à la porte de son école, on remplit le panier de la poussette qui du coup pèse une tonne. Il est un peu plus de 14h, la sieste sautée commence à peser au petit loustic, seulement quand il manque de sommeil celui-là impossible de le tenir en place, il faut qu'il galope partout en poussant des hurlements de joie.
Le retour est archi-pénible, on n'a plus de forces ma pauvre Zazoune et moi, et nous habitons en haut d'une côte...

15h, enfin arrivées, il faut ranger les courses, changer le monstre, le calmer suffisamment pour qu'il accepte de s'endormir, répondre au fiston que non, là vraiment ce n'est pas le moment désolée, on s'écroule enfin, frissonnantes sur nos lits respectifs, la fièvre est de retour, on éternue à tour de rôle, voilà, c'est ça, c'est juste ce qu'il nous fallait : tomber malade !

Ce matin, Vicks, Doliprane, mouchoirs, pull et chaussettes... On va attendre que ça se passe, comme d'hab, en croisant les doigts que ça ne se transforme pas en grippe.

Heureusement, par chance, Mister Monster a laissé sa place à Dr Petit Coeur : une semaine qu'on ne l'avait pas revu celui-là... Mais il s'est mis à éternuer...

samedi 19 septembre 2009

Tic Tac Boom

"Vous êtes une véritable bombe à retardement... Il faut absolument qu'on évite l'explosion... Je vous mets sous neuroleptiques... Si vous êtes d'accord..."

Trop tard.

Actuellement, je pète un plomb en moyenne tous les deux jours. C'est un bon rythme. Journée de merde samedi dernier, lundi, mercredi, et hier.
J'attends demain avec impatience.

Hier c'est le téléphone qui a morflé. Explosé par terre. Mais pas de rire. Ma fille non plus, réfugiée sur le lit avec le petit.

Pour l'instant, j'arrive à éviter les êtres vivants.
Pour l'instant.
Selon ma psy, je serais parfaitement capable de massacrer mon ex-mari à mains nues.

Et c'est parfaitement exact.

mardi 15 septembre 2009

"Où tu vas ??"

C'est la question qui revient le plus souvent ces temps-ci à la maison...

"Au parc"
Parce que Mister Monster a de l'énergie à revendre, lui. Tôt le matin, toute l'après-midi, et même la nuit

"A Montpellier"
Faire le ménage et coller les deux derniers lés de papier peint qui manquent encore dans la chambre là-haut

"Chez le toubib"
Pour traverser sans dégâts cette période intense et stressante, et finaliser le dossier du congé longue durée, commission le 4 octobre

"A Monoprix"
Parce que sans voiture, les courses c'est presque tous les jours maintenant, à pied, et c'est galère

"A la CAF"
Marteler et harceler sans relâche, les dossiers sont tous bloqués, aussi bien pour moi que pour les deux aînés

"En ville"
Pour récupérer la nouvelle Box, enfin arrivée au relais

"A côté"
Les cartons ne vont pas se vider tout seuls, et Mickey ne veut pas me prêter son balai magique, celui de Fantasia, qui lave partout sur une musique de folie

"Chez l'avocate"
Dossier ? Pièces justificatives ? Avis ? Photocopies ? Entre ma fille et moi on n'en sort plus

"A la Poste"
Transfert d'adresse, de comptes, courriers à poster en pagaille.... N'oubliez pas de prendre un ticket....

"Là-haut"
Parce qu'avec ces journées de dingue, je n'ai pas encore pu installer la nouvelle cuisine en bas, et donc je continue les allers-retours dans l'escalier

"A la bibliothèque"
Rares moments d'évasion, et balade pour le petit monstre qui galope sur les kilomètres de planchers lisses

"Au lit"
Ça, c'est la réponse que j'aimerais donner bien plus souvent
Snif


mardi 8 septembre 2009

Quelque part, un fleuve quand on dérive


Je laisse à l'abandon
Cet amour que j'ai porté
Voulu au plus profond
A-t-on vraiment le choix
Quand on nous coupe les bras

Tu laisses à l'abandon
Par amour et par raison
Des milliers d'espérances
Aux portes de l'absence
Comme un merveilleux don

Voir une main qui se tend, quelqu'un à suivre
Et quelque part, un fleuve quand on dérive
On compte une raison de vivre
Pour bien des raisons, bien des défis
Même s'il faut vivre avec ce poids
Même s'il faut vivre que pour ça
Tu vivras
Tu vivras

Je laisse à l'abandon
Avec toi tous les espoirs
Qu'il me restait à croire
Et te voir t'en aller
Est la pire des prisons

Tu laisses à l'abandon
Au prix de mille souffrances
Ton rêve sans défense
Pour l'effrayant silence
Des instants qui s'en vont

Voir une main qui se tend, quelqu'un à suivre
Et quelque part, un fleuve quand on dérive
On compte une raison de vivre
Pour bien des raisons, bien des défis
Même s'il faut vivre avec ce poids
Même s'il faut vivre que pour ça
Il vivra
Il vivra
Il vivra...