jeudi 5 avril 2012

Pressée


Une pause ?
Je travaille tous les après-midis, et je bricole tous les matins. Déménagement, aménagement. Si tout va bien - je répète : si tout va bien ... - on aura terminé la salle de bains, la cuisine et les 2 chambres en bas ce we. Vases communicants : les pièces correspondantes en haut seront bouclées aussi.
Déchetterie mon amie : une dizaine de trajets ces deux dernières semaines sont venus à bout de l'extérieur d'en bas. Reste à désosser le sommier et la cage des lapins, ce sera un chargement "long" : comprendre, qui dépasse du coffre ouvert. La pluie - qui s'installe - a retardé la phase II : l'extérieur d'en haut. Il faut attendre que ça sèche un minimum... Une autre dizaine de trajets en perspective.
Côté boulot : RAS. Équipe très reposante, c'est la première fois que personne ne dit de mal de personne, jamais. Et le respect de l'enfant, en tant qu'individu à part entière, est là. Juste à côté de l'humour, et de l'entr'aide. Ça me ferait presque regretter de ne pas être en CDI.
Mais non. Le mi-temps me va très bien ! Et je me projette de plus en plus à l'IFSI à la rentrée prochaine.

L'IFSI. Institut de Formation aux Soins Infirmiers. Où en est-on ?
Les tests psychotechniques de la société Prométhée... çui-là qu'on lui arrache le foie pi qu'il repousse à chaq'fois... Moi chaque nuit, je tourne et je retourne ma "stratégie", j'y repense, je soupire, je triomphe, j'ai peur.
Pour rappel : c'était un livret de 119 questions, à compléter en 2h. Ce qui nous donne déjà, au départ, moins d'une minute par réponse. Après avoir lu tout le livret (2 minutes en moins) j'ai décidé de commencer par l'épreuve d'attention, tant que mon esprit était frais et frétillant ... ! Du coup j'ai trouvé ça plutôt simple. Échauffée, j'ai continué avec les suites logiques, où j'ai complété les 2 premières pages, laissant la 3e pour plus tard, éventuellement.
Une pause (pour moi...) en avalant le vocabulaire, simple, presqu'ennuyeux. Un passage en géométrie, avec les points à relier : il me semble que j'ai eu un doute pour deux ou trois questions, sur seize. Puis j'ai espionné mes voisines : elles se prenaient la tête sur les calculs, et visiblement remplissaient le livret dans l'ordre. Pour moi, cette partie était du domaine de l'impossible ou presque. Ce n'est pas que c'était difficile, ou compliqué, mais je mets trop longtemps à calculer. J'ai donc misé sur le fait que beaucoup, autour de moi, étaient surentraînés à cette partie des tests (comme aux suites logiques) et répondraient sans doute juste à un maximum de ces questions, ce qui plaçait la barre très haut pour moi. Est-ce que ça valait le coup de perdre autant de temps pour si peu de points ? J'ai zappé toute la partie numérique sauf une question, histoire de montrer que je savais le faire. Et j'ai attaqué le test d'organisation.
Sur les forums que j'ai parcourus depuis, les avis sont unanimes : il est infaisable. A part les toutes premières questions, que j'ai résolues difficilement, les jetons, leurs boîtes, leur nombre, leurs couleurs ont flanqué tout le monde au même niveau : par terre ! Un autre test qui lui ressemble, avec des voitures dans un parking, couleurs, marques, options, cv... a été jugé tout aussi ardu. Du coup, il me semble que finalement, avec mes 6 réponses dont je suis sûre, je ne m'en sors pas trop mal.
Au début de l'épreuve, ils nous ont prévenu que les fausses réponses ne retireraient pas de point, mais seraient comptabilisées. Je me demandais à quoi ça correspondait. Toujours sur les forums infirmiers, j'ai trouvé ces explications : la meilleure copie est celle qui a le plus grand nombre de réponses justes. On lui attribue la note de 20/20. Viennent ensuite les copies qui ont moins de bonnes réponses, selon un barème décroissant. Par exemple, 20 pour 62 bonnes réponses, 19.5 pour 59, 19 pour 56, etc. Ensuite, on compte les réponses fausses, toujours par rapport à la meilleure copie notée 20. Admettons qu'elle ait 24 réponses fausses (on ne compte pas les non-réponses). La copie qui aura le moins de fausses réponses, par exemple 5, établira le barème par rapport à sa différence avec la meilleure copie (ici 19) et les points à accorder en plus aux copies concernées, par exemple + 4 points pour 19, + 3 points pour 15, etc.
Moi j'ai répondu à 69 questions, je suis absolument sûre d'au moins 50, je compte en gros une vingtaine d'erreurs. Soit 70% de réponses, dont 15 à 20% d'erreurs possibles. Certaines nuits ça me semble tout à fait prometteur, d'autres nuits j'imagine le pire, le 8/20 éliminatoire...


La culture générale ensuite.
1ère question, reformulez le titre, dégagez les idées principales, ça va, je suis tranquille, j'ai tracé 5 paragraphes suffisamment clairs et distincts.
2ème question, que j'ai traitée en dernier, les doutes s'installent. En y repensant, mon commentaire de l'extrait du texte était trop atypique. Il me semble qu'en muselant à tout prix ma propre vision des choses, pour mieux argumenter celle des auteurs, j'ai fini par perdre le fil rouge, je suis partie trop loin du texte. Et c'était pourtant le but de la question !
Et la 3ème question, "Est-il aisé de préserver son intimité ?"... A lire les forums, les brouillons de ceux qui ont eu ce sujet, et les commentaires des autres, je me suis plantée sur deux points : je suis restée dans le cadre de l'intimité médiatique, sans ouvrir sur la pudeur (d'un patient à la toilette par ex) ou la dépendance due au handicap, entre autres. Et je n'ai cité aucune référence, aucun texte, aucun événement d'actualité ou non, pour illustrer ma réponse.
Donc, je passe d'une "honnête moyenne" envisagée à la possibilité d'une note inférieure à 8/20, éliminatoire donc. A moins que le reste des candidats ait commis les mêmes erreurs, auquel cas mon orthographe et mon écriture (3 points tout de même) me sauveront du naufrage...


De toute façon, je ne me prends pas la tête (hum, ou si peu...) : si je suis admissible le 25 avril, j'irai à l'oral plus sereine qu'à l'écrit. Et si je ne suis pas retenue, tant pis, je n'y perds rien, à part les 78 euros d'inscription.
En attendant, je bricole, je travaille. Et je déménage !

lundi 26 mars 2012

Tant qu'à faire

Ça ne suffisait pas de traîner une fièvre tenace chaque soir depuis mardi.

Et la toux sèche mais bien irritante, celle qui t'arrache sans rien entraîner qu'une bonne grosse envie de vomir... Elle s'est invitée dans mes nuits depuis mercredi.

Sans parler de ce mal de crâne persistant, qui tape juste là derrière les oreilles, au-dessus des yeux douloureux, sous les cheveux qui piquent.

Et laissons de côté le corps entièrement concassé, à en crier à chaque mouvement, y compris cligner des yeux, ou changer de côté dans le lit.

Oublions aussi le nez bouché, rougi, gonflé, hypersensible à tout, à rien, qui se déclenche régulièrement tout seul comme un grand des éternuements parfaitement inutiles et totalement insupportables.

Je suis rentrée vendredi soir avec ce qu'il convient d'appeler un état grippal. Merci fiston, merci Zazoune.

Samedi, c'est ma voix qui s'est fait la malle. Pas un son. A peine un filet d'air pour chuchoter, mais alors : tout près tout près de l'oreille concernée.

Et aujourd'hui, après une journée plutôt chargée en objectifs et choses à faire (évidemment je n'ai rien pu faire...) où j'ai sombré vaguement plusieurs fois dans une sorte de coma de quelques minutes, "siestes" interrompues chaque fois par des quintes de toux à en cracher mes poumons, me voilà au lit. Tôt. 

Mais tant qu'à faire, disais-je...
Pourquoi ne pas rajouter une bonne nuit blanche ?
Celle où je me tourne et retourne depuis (maintenant) cinq heures et demie.

J'ai froid. J'ai trop chaud. J'ai mal à la tête. Et à peu près partout. Je tousse. Je m'étouffe. J'étouffe, parce que mon nez est bouché. Je suis crevée.

Je n'arrive pas à dormir. 

jeudi 22 mars 2012

Ça l'fait !

Après une nuit à peine entrecoupée de quintes de toux, et un réveil tardif par rapport aux précédentes (5h15, c'est mieux que 3 ou 4 non ?) mes idées sont plus claires, enfin.

Donc, hier : concours IDE, épreuves d'admissibilité. Les enjeux : au moins 8/20 aux deux épreuves, tests psychotechniques et culture générale ; et une moyenne de 20/40 pour être sélectionné.
Pas inaccessible.
600 et quelques candidats, 95 places en 1ère année, dont 10 reports, et 19 réservées aux aides-soignants/auxiliaires de puer. Il en reste 66 à décrocher.
1 chance sur 10.

Les tests pour commencer.
2h, 119 questions, une grille-réponse à noircir soigneusement car corrigée par l'ordi. Pas de points en négatif en cas de mauvaises réponses, mais elles sont comptabilisées quand même. Du coup, je n'ai pas osé répondre au hasard, comme mes voisines qui ont tout noirci.

Je parcours tout le livret avant de commencer, m'attaque à l'épreuve d'attention (11 questions).
5 dessins représentant des doigts, pouce, index, cinq doigts, pouce et index, index et majeur. Ils sont représentés en colonne, et 3 phrases accompagnent chaque colonne : pouce est au-dessus de cinq doigts, index et majeur est entre index et pouce, cinq doigts est au-dessus de index. Il faut indiquer combien de propositions sont vraies.
La difficulté est surtout de se détacher des mots (pouce, pouce et index, index se mettent vite à danser la ronde) donc je surligne chaque dessin et son nom en couleur, et l'exercice est bouclé en 20 minutes. 

Logique (17 questions) : un alphabet de 8 signes, comme du braille, présente des suites à compléter. Une fois chaque signe remplacé par une lettre de l'alphabet, pas de problèmes majeurs, ACEG? une dizaine de minutes encore. L'heure tourne quand même vachement vite.

Vocabulaire maintenant (19 questions). En exemple, une suite de mots censée représenter une progression : maigre - gros - gras - obèse. Puis des listes de mots numérotés. Pour chaque liste, 4 combinaisons de 4 chiffres, parmi lesquelles il faut retrouver la seule qui présente une progression. L'exemple le plus pertinent dont je me souvienne : compliqué - obscur - impénétrable - abscons. Sachant que les combinaisons associées étaient du style clair - table - noir - sabot. Quelquefois la logique était claire, d'autres fois les mots assemblés pouvaient faire l'affaire : le doute obligeait du coup à vérifier chacune des autres combinaisons. Un quart d'heure de plus. Il est 14h15, il me reste 5 séries !

J'attaque en vitesse l'organisation spatiale (16 questions) : des points à relier pour former des carrés, des triangles ou des trapèzes. Ces figures peuvent être déplacées ou renversées. Il faut retrouver la seule disposition de points qui ne permet pas de reconstituer les figures données en exemple.
Compliqué à décrire, mais relativement simple. Je mets à peine dix minutes, j'ai le temps de me pencher sur les questions numériques. 
9 questions qui tournent autour des fractions et des pourcentages. Un commerçant vend 2/5 d'un rouleau, puis 6/11 de ce qui reste. Il a maintenant 16 mètres. Combien avait-il de mètres au départ ? QCM de 4 réponses possibles, dont 3 chiffres et un maudit Autre réponse ! Je ne fais que celui où le type fait un bénéfice sur une somme placée au départ, je ne me souviens plus des chiffres mais ça tombait juste pour 1/5.
Puis 9 questions sur les perfusions, à diluer, à faire passer... Combien d'actif on retrouve dans 500cm3 dilué à 12%, et si ça passe en 2h quel est le débit ? Ciao hein, même pas essayé, ce genre de calcul doit se faire en mode automatique, et je n'ai pas ce bouton ! Sans compter que ça rapporte très peu de points, puisque tous les candidats (sauf moi !) sont hyper-entraînés là-dessus...

15h30. Plus qu'une heure. Les questions 17 à 31 sont des suites logiques à base de figures et dessins plus ou moins compliqués, j'y reviendrai si j'ai le temps. Il ne reste plus que le test d'organisation. En moyenne, il est donné pour 45mn. Quand je m'entraînais, il me fallait une heure pour tout finir. Je suis dans les temps.

Voyons ce monstre. Accrochez-vous.
7 casiers. 7 couleurs. Dans chaque casier, un nombre de 1 à 7 jetons, tous de couleur différente.
Jusque-là, il me semble que j'ai bien compris.
3 indications du type : dans le casier I se trouve 4 jetons. Le casier II a 1 jeton bleu mais pas de jeton brun.
Je trace un tableau de logigramme classique, y inscris mes déductions. C'est maigre. Et tout de suite, 2 questions !! 3 affirmations, indiquer combien sont vraies, 3 nouvelles affirmations, indiquer combien sont fausses. Le casier I est celui qui ne contient qu'un seul jeton... Bah, euh, tu viens de me dire qu'il en avait 4 ?? Le casier II n'est pas celui qui contient 7 jetons... Mais comment tu veux que je le sache, abruti ?
Je commence à m'agacer légèrement...
Nouvelles indications, tout aussi succinctes : le casier IV contient plus de jetons que le casier V, mais moins que le casier VI... Et nouvelles questions, les mêmes : des vraies ? des fausses ?
Je continue tant bien que mal, voici les 3 derniers indices pour remplir ces p%*§ains de casiers. Mon tableau a triste mine, il manque 2/3 d'infos au moins. Et d'un coup je réalise que je me plante depuis le début ! Il n'y a qu'1 jeton de couleur 1, mais 2 jetons de couleur 2, et 3 de couleur 3 etc. Du coup, si le casier II n'a pas de jeton brun, il ne peut pas avoir 7 jetons !
Je revois toutes mes réponses précédentes, m'embrouille encore plus dans les négations et doubles négations affirmatives, corrige sur la grille, me plante encore... Euh, tu peux me passer ton Tipp-exx s'il te plaît ?
Je tourne la page. Maintenant plus aucun doute ne subsiste .... Mais ?! Ils se fichent de moi en plus ?? Vous pouvez répondre à toutes ces questions ! Suivent 11 questions du genre : combien font les jetons orange plus les jetons bleus ? quelle est la couleur présente sur un seul jeton ? Quel casier a 3 jetons ?
Mais mais mais.... je n'ai aucune réponse !!! Je me rue sur mon pauvre tableau, le triture et le torture dans tous les sens, miracle, le violet il est tout seul, et une réponse à noircir, ouais ! pi du coup, le casier III a 3 ou 4 jetons, ce qui fait plus que les 2 ou 3 du casier IV, mais ça doit être 3 puisque le casier V ne peut en avoir que 3 ou 4 aussi... Je noircis en vitesse 4 réponses de plus, il reste 10 minutes, mais.... comment ça se fait, c'est le casier VI qui a le jeton violet, alors comment le II peut-il avoir 7 jetons ?
Je m'énerve franchement, essaie de trouver où je me suis plantée, l'heure tourne, la tension est palpable dans toute la salle. Tant pis. 
Je passe les 5 dernières minutes à tenter des calculs "en gros", mais sur son brouillon ma voisine à côté a trouvé 68 là où étaient proposés 88, 67 et 76 : trop risqué, je ne me hasarde pas à mettre "autre réponse" partout, ma feuille restera incomplète.
"L'épreuve est terminée. L'ÉPREUVE EST TERMINÉE ! MAD'MOISSELLE !!!" Euh, on est 450 dans la salle, et des mad'moisselles qui continuent à gribouiller il doit y en avoir un paquet, pas sûre que hurler dans le micro soit bien efficace, hein...
Je table sur 5 réponses fausses. J'en ai noirci 69 sur 119. Ça devrait le faire...

Il est 15h30, les tests psychotechniques sont passés. Je mets 20 mn à atteindre l'air frais. On doit être assis à 16h10 pour l'épreuve suivante.

mercredi 21 mars 2012

Done

Chuis rentrée.
Chuis claquée.
Chuis balade.

J'ai déjà eu 3 coups de téléphone.
Et raconté à mes deux filles.

Donc là je vais manger, 
pi aller me coucher.
Et demain, 
je vous raconterai.

Mais déjà,
culture générale sur ce texte.
Je ne suis pas du tout d'accord avec leur analyse.
Ça commence bien.

Changer de peau

Cesser de se traîner, le ventre à terre, enroulé autour du moindre obstacle.
S'envoler, survoler, adopter un nouveau point de vue, accepter les vents contraires.
Découvrir ses ailes nouvelles.

Cette robe est magnifique, vous ne trouvez pas ?  

La directrice a réussi à me donner mon mercredi matin. 
Faut que je me rendorme.

dimanche 18 mars 2012

Echéances

Le stress est là et bien là, la fatigue, l'humeur... La grippe a fauché successivement le fiston et la zazoune, s'agirait pas de la choper la semaine prochaine... Mais le grand lâchage des courses enfin "normales", après des mois de diète, commence ses ravages, je retrouve mes amis fidèles, mal au dos, à la bouche, brûlures et articulations douloureuses, mais qu'est-ce qui t'as pris enfin ? Dépose immédiatement ce bol de céréales ! 

Le carnaval des meuniers a été bien long jeudi, pas de nouvelles de celui des insectes de vendredi, et hier matin notre petit Woodywood Pecker a fait sensation à l'école... J'aime quand la machine à coudre fait naître de tels trésors ! Un rapport intime, une joie amoureuse, trop souvent gâchée par l'urgence ces derniers mois.

Les tests psychotechniques me bouffent le cerveau, impression détestable que je ne sais rien, que je n'y arrive pas, je ne retiens rien et c'est la colère qui l'emporte. Pression. Il me faudra un jour réfléchir vraiment à ces enjeux que je m'impose seule.

Agressive ? Je commence à l'être, ça m'échappe. Je vais bientôt devoir surveiller ces mots qui claquent tout d'un coup, qui s'échappent et flottent, écharpes légères et brumeuses, qui s'enroulent autour de mes gestes désespérés pour les récupérer. Non je ne suis pas de mauvaise humeur. Oui je suis fatiguée. Non tu n'y es pour rien. Excuse-moi.

Mon fils repart aujourd'hui. C'était bien, c'était bon de le voir, de le savoir dans le coin. Souvenirs mis en conserves, séchés au soleil et sagement alignés au coin de ma mémoire, j'espère le revoir très vite, j'enfouis mon nez tout contre ces dernières heures ensemble, et j'oublie le reste.

C'est un dimanche plein de brouillard. Les heures s'enfuient, je vais me lever, ranger mes feuilles et mon ordi, tant de choses encore à faire, hop, cette fois il faut y aller. Bouge.


mercredi 14 mars 2012

Jambe de chien


Carnaval demain après-midi. "Mets-toi un caleçon blanc, un haut blanc, des chaussures blanches, j'ai récupéré des tenues de meuniers, on lancera de la farine." Un défilé et 4h d'heures sup à prévoir.

Carnaval de mon ancienne crèche vendredi après-midi. "L'école impose le thème des insectes, on a pensé faire des abeilles et des coccinelles, on a acheté 15 mètres de tissu." Et moi j'ouvre ma grande g.. bouche pour me proposer de coudre les costumes, et ceux du spectacle de fin d'année tant qu'à faire. 42 chasubles, ailes et queues... 

Départ de mon fiston ce samedi. Je le trouve pleurant en silence, quand je rentre tout à l'heure. Je ne sais pas quoi faire, alors je pleure aussi. En silence.

Huit coussins de salon d'été et deux grands rideaux assortis, 17 mètres de bachette à couper, surfiler, coudre, livrer ce lundi. Il faut juste que je trouve l'énergie de m'y mettre. 60 euros à la clé.

Convocation au concours ce mercredi, à 13h30. La directrice m'autorise à partir à midi. Comment lui dire que je ne veux pas venir du tout ? Ma grande bouche reste fermée.

Visite de la PMI pour l'agrément d'assistante maternelle de Nanette jeudi 22. Il faut nettoyer, aménager, se projeter dans un futur qui ne survivra pas à l'année scolaire : c'est moi qui garde l'appart d'en bas, je dois rendre les clés ici à la fin du mois.

Je n'ai pas assez de 24 heures par jour pour tout ce que je dois faire.
Alors je ne fais rien.
Ou presque.

Meunier, tu dors, ton moulin, ton moulin va trop vite...

dimanche 4 mars 2012

Devenir ce qu'on est


Demain,
c'est le premier jour à la nouvelle crèche.
Plus près, moins longtemps,
moins bien payé
mais jusqu'en novembre.

La semaine prochaine, 
c'est le premier jour des vacances de mon fils.
Il vient passer un peu de temps avec nous
et ça me chauffe le coeur
parce qu'il me manque
souvent.

Le 21 mars,
c'est le jour du concours d'entrée
à l'école d'infirmières.
Oui, j'ai franchi le cap et je me suis inscrite
en souvenir de la petite fille qui bégayait :
"Je veux être pppu... ppppuéri...cultrice !"

Qu'il est loin ce temps
où je savais ce que je voulais faire de ma vie :
être maman, avoir de l'argent, m'occuper d'enfants

Qu'il est loin encore,
devant
tout ce temps 
avant que j'y arrive.

mercredi 29 février 2012

On y va


Téléphone.
Ma collègue... pas là... envoyer historique... procédure spéciale... 
J'ai compris qu'il s'agit d'un acompte (comme indiqué dans l'intitulé du virement), elle me précise que c'est 80%.  
Bien.
Sortons la calculette : il reste 870 euros à venir.

Et pour un éventuel contrat à mi-temps ? Plafond de 1.000 euros brut, on complète jusqu'à cette limite, 15 fois maximum. Pas plus de 110 heures par mois. Je prends. Mieux vaut tenir que courir, n'est-ce pas ?

Dernière procédure : la CAF. Qui attend mes revenus 2011 pour calculer mes droits au logement.
C'est parti.

mardi 28 février 2012

Réfléchir

Soulagement.
Interrogation.
Épuisement.

Très mal, très peu dormi. Une toux tenace, des scenarii qui tournent en boucle. Je me suis levée à 3h30, et lancée dans la couture pour me concentrer sur autre chose.

A la crèche ce matin, toutes les collègues avaient un avis sur accepter ou non le mi-temps proposé. 
J'ai rendez-vous jeudi matin, avant mon service, pour l'entretien d'embauche.

A la maison ce midi, le petit bonhomme s'est levé enfin guéri, après plus de 48h d'une gastro bien féroce, vomissements, diarrhée, fièvre, et une guerre impitoyable pour lui faire prendre ses médicaments. 

Sur Internet à 15h, le solde du compte était positif. Virement d'un acompte de 3.480 euros. C'est une somme qui ne correspond à rien, ou plutôt qui ne correspond qu'à de mauvaises déductions. Peut-être un versement de 4 mois à 870, soit il manquerait janvier, soit les 600 euros d'activité déclarée de janvier justement ne sont pas complétés. Ce qui ne joue pas en faveur du mi-temps à venir.
J'appelle aussitôt la cellule-chômage, sur répondeur depuis mon retour. Toujours le même message. Tant pis, mes questions attendront demain : je suis à nouveau en congé toute la journée.

Il me reste 600 euros de loyer en retard. Le directeur attend ma demande écrite et justifiée pour me rétrocéder les frais. C'est donc qu'il peut le faire ! Pas de gros mots, pas d'insultes. Pas encore. 

Merci de votre soutien, affiché ou non. Sincèrement. 
J'ai trop mal à la tête ce soir pour réfléchir ne serait-ce qu'une minute de plus. Je termine ce billet, le publie, vais me coucher. C'est plus sage*.


* pour les ceusses qui aiment bien comprendre ce qu'ils lisent, traduction de l'image :
Le savant sait que la tomate est un fruit. Le sage ne la met pas dans une salade de fruits.

lundi 27 février 2012

Au fait

Étape 1
Salaire viré sur le compte.
1.477 euros, janvier et février.
MAIS
Ma réclamation auprès du directeur (pour supprimer les frais abusifs qu'il a prélevés) n'a toujours pas abouti, je suis donc encore à découvert de plus de 300 euros.

Étape 2
Proposition d'un poste à mi-temps à la crèche de ***
1er mars au 30 novembre.
Plus près que celle actuelle.
MAIS
Pour ménager les susceptibilités municipales, il faut attendre qu'ils ne trouvent personne d'autre d'ici lundi.
Et puis encore une crèche, quoi...

Étape 3
La propriétaire part en vacances une semaine. 
Si je n'ai pas le rappel demain, on a rendez-vous mardi prochain pour régulariser.
MAIS
"L'annonce est sur Internet depuis 3 semaines et n'a toujours rien donné..."
Où est passée la promesse de me laisser le temps nécessaire pour vider les lieux ?

Étape 4
La permanence téléphonique de la cellule chômage ne fonctionne que le mardi et le mercredi.

samedi 25 février 2012

Ça y est ?


C'est une partie de cache-cache interminable.

Ne pas répondre au téléphone, plus aucun organisme ne me croit quand je réponds que je ne vais pas tarder à toucher mon rappel.

Ne plus ramasser le courrier que tous les 3 ou 4 jours, il n'y a que des enveloppes administratives qui menacent de coupures, poursuites, suppressions, et autres joies infinies.

Rapporter chaque jour les barquettes de la crèche, payer le lait avec des pièces rouges, ne plus faire qu'un repas par jour, éprouver un bonheur véritable quand le siège de la voiture "rend" une pièce de 50 centimes.

Bondir dès qu'une camionnette stoppe dans la rue, je ne supporterai pas d'attendre "la fin du mois" sans électricité ni eau, non, je ne le supporterai pas.

Passer des heures dans le bus, ou à l'arrêt, et rentrer épuisée de ces journées à rallonge, le faux sourire collé aux lèvres, parce que chaque jour, CHAQUE JOUR, les collègues demandent : "Et alors, ça s'est arrangé tes problèmes ?" et qu'il n'est pas question de laisser déborder les larmes qui menacent, chaque fois que je réponds : "Ben non..."

Sourire encore lorsque les mêmes collègues tiennent pour acquis mon bonheur d'être parmi elles, et ma reconnaissance éternelle d'être prolongée de 3 jours, encore, "et tu as postulé pour la saison hein !?", mais oui bien sûr, mon ambition ultime a toujours été de passer mes journées à changer des couches sales.

Calculer indéfiniment la destination de chaque centime qui roulera bientôt (bientôt ?) de mon compte vers les griffes crochues de chacun  de ces créanciers à l'affût, et pleurer de rage en constatant qu'il en manque encore, encore...

Nous sommes le 25 février.
Je n'ai qu'une question : est-ce que je recevrai mon rappel ?


mardi 21 février 2012

Oeuvres vives


Les derniers mètres à parcourir sont les plus difficiles.
Les dernières heures sont les plus longues.
Mon glaçon personnel fond peu à peu, 
et je me demande s'il en restera suffisamment 
pour aller jusqu'à mardi.
Ça m'empêche de dormir. 

Surprenant.

samedi 11 février 2012

Dominos



Chaque pas vers un but doit être un but en lui-même.

Impuissance.

Tranquillité, impassibilité d'une âme devenue maîtresse d'elle-même au prix de la sagesse acquise, soit par la modération dans la recherche des plaisirs, soit par l'appréciation de la valeur exacte des choses, soit par la suspension du jugement.

Hakuna Matata,
Quel chant fantastique !

Ataraxie.

Peu importe la hauteur du sommet :
pour déplacer une montagne
commence par soulever un caillou. 

Ces mots signifient
Que tu vivras ta vie,
Sans aucun souci

Quiétude absolue de l'esprit.

Ils ne savaient pas que c'était impossible alors ils l'ont fait.

État d'indifférence caractéristique de certaines névropathies, obtenu sans l'influence de neuroleptiques supprimant toute réponse réactionnelle.

Apathie.

Ce qui me bouleverse, ce n'est pas que tu m'aies menti,
c'est que désormais je ne pourrai plus te croire.

Philosophie
Hakuna Matata

Osef

Usure.

samedi 28 janvier 2012

Bureaucratie


Entre ce que je pense, 
ce que je veux dire, 
ce que je crois dire, 
ce que je dis, 
ce que vous avez envie d’entendre, 
ce que vous croyez entendre, 
ce que vous entendez, 
ce que vous avez envie de comprendre, 
ce que vous croyez comprendre, 
ce que vous comprenez, 
il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer.

Mais essayons quand même.



Le document envoyé par fax à Pôle Emploi, par le Rectorat, à la date du 5 janvier 2012, a été enregistré (en tant que demande, faut pas pousser quand même, faudrait pas nous donner l'habitude de voir les docs traités immédiatement...) a été enregistré, donc, le 19 janvier 2012 - je rappelle qu'il s'agit d'un FAX ! - a été enregistré, donc, et à la date du 28 janvier 2012, s'apprêtait à entamer son voyage-retour vers le CTAC de Bordeaux.
Kézaco me direz-vous ? Il semblerait que ce soit l'armée... Bordeaux ?? Really ? Why ??? *haussement d'épaules + moue désabusée*
Quand elle a ENFIN mis son coup de tampon sur mon document, et qu'elle a dit deux points ouvrez les guillemets : "On peut vous le faxer si vous voulez !", j'ai juste hurlé


NOOOOOOOOOOOOON !!!!



merci


vendredi 27 janvier 2012

Attendre

Saga indemnisation chômage, saison 2, épisode 4 (déjà ?) : "J'ai demandé à Pôle Emploi le relevé de vos actualisations depuis septembre, j'attends le document pour mettre en paiement, fin février, votre rappel."

Vous voulez dire, celui que vous m'avez annoncé pour la fin janvier ? Le paiement que j'attends pour régler mes loyers en retard ? Et aussi pour rembourser ceux qui m'ont donné des sous pour survivre en attendant ? Attendez... Laissez-moi le temps de bien comprendre. 

Dans le fond, je me trouve bien futile : tous mes prélèvements rejetés depuis le mois d'octobre (avec au passage 900 euros de frais bancaires, normal), les coupures diverses et variées commencent. On gère. 
Loyers qui s'accumulent  : novembre, décembre, janvier... On a dû manger celui de Nanette aussi ce mois-ci...
La MAAF est très claire : plus de prélèvements, plus de garanties, et payez-moi immédiatement toute l'année 2012 puisque vous ne pouvez plus payer petit à petit. Roule sans assurance ?
EDF gronde et menace, on en est au maintien d'urgence, tant pis si le chauffage est électrique, mets ta doudoune et dors sous 5 couvertures. 
Plus d'eau depuis lundi : on descend chez Nanette pour les WC, la vaisselle, se laver à l'évier (la douche n'est toujours pas installée), remplir la bouteille.
Le découvert augmente tranquillement, à coups de 6.30 euros pour chaque rejet, opérations comptabilisées 3 fois chaque fois, pour bien faire. Et les agios comme les intérêts adorent ce régime agrossissant.
Le réservoir de la voiture, lui, nous fait une bonne crise de boulimie. C'est juste le bon moment, quand le prix du litre de gazole fait la fête avec les nuages, et que 15 kilomètres me séparent de mon boulot :  certes, le bus passe toutes les heures, il y a juste 1h30 de décalage entre mon départ de la maison et le début de mes journées à la crèche. Plus le retour.
Pas évident de faire les courses. On en a un peu marre des pâtes-saucisses et des patates. Du coup on mange moins : c'est tout bénèf.

Mais tout ceci n'est rien. Bof, on a connu pire, ce n'est qu'une question d'habitude.
Non, le plus dur, c'est SFR qui nous l'a fait vivre. Ils ont coupé Internet. Et la télé. Et le téléphone. Mais surtout Internet.
Non, ça, ce n'est pas supportable.
48h et j'ai craqué : j'ai creusé le découvert de la Nanette de 41 euros. Ils ont maintenu la sentence. J'ai rajouté 50 euros sur la table. Ils ont brandi la facture de janvier, sortie la veille. J'ai tenu bon. Ils ont cédé. Cette nuit ils ont remis Internet.
Je vais pouvoir récupérer le mail du Rectorat, le faire remplir par Pôle Emploi, le renvoyer. Et attendre d'être payée.
Attendre ? Encore ? 
Ben... 

dimanche 22 janvier 2012

Heures


C'est une journée au goût particulier.
Dehors, le soleil est éclatant.
Le temps s'est ralenti, les sons m'arrivent comme étouffés.
Il faut que ...
J'ai des tas de trucs à faire, à partir de demain je n'aurai plus le temps.
Je ne fais rien.
Douceur du jour qui coule, entre deux chapitres d'un livre nul, trois blogs intéressants, une assiette, la sieste. Le petit claironne de temps en temps un majestueux "Mesdames et messieurs !" sorti d'on ne sait où.
C'est dimanche.
Il fait du bonheur.

jeudi 19 janvier 2012

Fengshui


Les choses étant ce qu'elles sont, et le temps qui passe n'arrangeant rien à l'état de mon compte en banque, il devenait urgent de trouver un boulot.
Un coup de téléphone surprise hier soir, un remplacement en vue en février : toujours la même crèche, on ne change pas une équipe qui gagne, ah si au fait : l'équipe a changé !
Le rapport avec le fengshui ? Mardi j'ai déposé religieusement nos derniers billets sur un morceau d'étoffe rouge, à l'est de notre maison... Trois mois que je ne le faisais plus... Trois mois de galères.
Le rapport avec le dessin là-haut ? Je commence lundi.

dimanche 15 janvier 2012

Chaque jour


J'ai deux billets de retard. Ils sont à l'état de brouillon sur mon disque dur, mais pas encore publiables.
En les attendant, en exclu mondiale interplanétaire, un petit bout de L4.... Livre 4 pour les intimes... Je vois bien Catherine Frot dans le rôle de Mme Truc, et Mélanie Doutey dans celui de la jeune. Ou Marina Foïs. Parce que je les aime bien.

Extrait.

"- Ben oui mais je ne crois pas en Dieu.
Vous avez tort.
Un silence. Comme chaque fois que Mme T assénait cette phrase, XXX attendit. Ce n'était jamais long avant qu'elle apprenne pourquoi, cette fois encore, elle avait tort.
Mais aujourd'hui, le silence s'éternisait. Absorbée par son ordinateur, Mme T semblait avoir oublié qu'elle avait pris violemment à partie sa jeune collègue, quelques minutes auparavant. Les joues encore cuisantes de l'échange, elle se leva, décrocha sa veste du porte-manteau, et s'enfuit dans le couloir, tremblante, au bord des larmes.
Mais quand cesserait-elle de s'écraser ainsi devant tout le monde ? Le souffle court, elle marchait d'un pas rapide vers l'escalier, les murs tristes glissaient tout autour d'elle, l'oppressant davantage. C'est décidé, quand je reviens je vais tout lui dire à cette vieille taupe ! Mais pour qui elle se prend, c'est pas ma mère hein, de quel droit elle me balance tout ça , hein ?! Ses larmes coulaient maintenant. Ce n'est pas ma mère, non, c'est celle de Julien...
Dans le bureau, Mme T tapait nerveusement sur son clavier. Une fois de plus, la petite s'était enfuie. Ça l'agaçait prodigieusement, et sa colère l'enveloppait d'un brouillard rouge et dense, elle aurait volontiers hurlé pour en sortir. Elle frappait chaque touche avec rage, sans réfléchir, rythmant ses pensées des petits claquements secs sous ses doigts, furieuse, hors de contrôle.
Petit à petit, le calme revint cependant. A midi, elle regarda sa montre, se leva, décrocha son gilet. Elle l'enfila, les yeux sur le fauteuil vide de XXX, et sortit.


Quand elles se retrouvèrent au début de l'après-midi, XXX dit posément :
Je ne crois pas en Dieu, parce que s'il existe, c'est dégueulasse, ce qu'il laisse faire sur la Terre. Regarde les gamins violés, les femmes battues, regarde tous ces pauvres gens qui galèrent pour leurs fins de mois, et les riches qui se goinfrent, tranquilles, pendant ce temps, et toutes ces racailles qu'on n'arrête même pas, ou qui ne font pas de prison... Et les maladies, et les guerres, et les famines aussi, et franchement, s'il y a Quelqu'un là-haut, qui regarde tout ça, et qui bouge pas le petit doigt, et que tu viens me dire « Il faut croire et accepter, t'en fais pas, tu seras récompensée... », ben chuis désolée, mais moi ça me va pas ! Et je préfère me dire que y a personne, plutôt que de prier un Dieu aussi cruel et injuste !
Elle s'arrêta net, un peu essoufflée, inquiète, étonnée d'avoir pu sortir sa tirade entière d'une traite. Mme T fixait son écran, qu'elle n'avait pas encore rallumé. XXX attendit un peu, puis plongea sous le bureau, appuya nerveusement sur le bouton de mise en marche, se rassit. Elle se mit au travail, très vite concentrée. Pour elle, l'incident était clos.
- Vous savez...
Elle sursauta, regarda l'heure au bas de son écran. 15H30. Mme T semblait n'avoir pas bougé depuis près de deux heures !
- Ce n'est pas vraiment que je crois en Dieu...
XXX attendait.
- Je crois ... qu'il y a une forme de justice. Je ne la comprends pas forcément. Je n'ai pas toutes les règles. Mais je crois, de toutes mes forces, en une sorte de … destin. Une responsabilité du sens que l'on donne à sa vie.
Elle leva les yeux. En face d'elle, XXX la fixait en silence.
- Vous êtes responsable. Si vous vous conduisez mal, vous serez punie. Et si vous vous conduisez bien, vous serez récompensée. C'est aussi simple que ça.
- Mais qu'est-ce qu'il a fait de mal, le gamin de deux ans que son beau-père a massacré à coups de poing hier soir ? Hein ? Tu peux me le dire ?
- Non je ne peux pas vous le dire, parce que je ne le sais pas. Je ne sais pas s'il a fait quelque chose de mal. Je ne sais pas pourquoi il en est mort. Je veux juste croire, fort, très fort, que son beau-père sera puni. Je ne sais pas par qui. Mais si je dois renoncer à y croire...
Mme T s'arrêta un instant, baissa les yeux. Les mots s'étranglaient dans sa gorge.
- Si je ne peux plus y croire... je ne peux plus continuer à vivre.
Elle regardait ses mains, croisées sur sa jupe grise. Le silence descendait doucement entre les deux femmes, de chaque côté du bureau. Puis quelqu'un frappa violemment à la porte, les faisant sursauter."

mercredi 11 janvier 2012

Marcher dedans


Quelquefois on ne sait pas si on doit rire ou pleurer.

Quelquefois l'émotion est si forte qu'elle paralyse avant de dynamiser.

Quelquefois on attend si longtemps que quand l'issue se présente, on n'arrive pas à réaliser et on continue à attendre.

Depuis hier matin, j'enchaîne les (mini)catastrophes. Rien de grave, quand on sait de quoi je suis capable ! Mais ça agace. La capuche montée impeccablement mais à l'envers, le paquet de céréales qui se renverse sur la table mais pas dans le bol, les 5 boutons cousus péniblement (je déteste ça...) en décalé par rapport aux boutonnières... et les embouteillages qui me font arriver en retard alors que je suis partie avec 10 minutes d'avance... et la sangle de ma capuche qui se prend dans la portière, manquant de m'étrangler quand je m'élance pour ne pas rater la levée du courrier de 16h, et le guichetier qui prend mon colis à 16h04...

Le soir, détente : projection d'un film à la médiathèque, une copine, une Zazoune, il est 21h, il fait froid sur ce trottoir, "maman ne me dis pas que tu as laissé tes phares allumés..." Course folle, comme si 30 secondes de moins pouvaient éviter la panne. Hhhhhh..... Hhhhhhh..... toussette lamentable et déchirante de la batterie à plat. Copine est partie. La tête et les jambes : la côte, ça muscle. Je t'ai dit qu'il faisait froid ?

Hier matin, permanence téléphonique de la Cellule Chômage du Rectorat. "On étudie votre dossier, pouvez-vous rappeler demain ?" Hum. Mercredi dernier, tu m'as dit que tu m'appelais en fin de semaine. J'ai déjà dû attendre jusqu'à mardi, mais soit. Attendons. Rappelons.
"Mme Hôtels-et-Cie-Famous-Game est absente, je peux vous renseigner ?"
Gloups. 
Ça commence mal.
"Ah oui, j'ai calculé votre dossier hier, nous arrivons à un total de 674  // *note à moi-même : la prochaine fois, m'asseoir avant d'appeler*//   jours d'indemnisation    // *note à moi-même : arrête de te faire peur toute seule bordel !*  //     d'un montant journalier de 30 euros" et des cacahouètes conséquentes mais pas assez pour faire 31 quand même.

Blanc.
Mon cerveau n'imprime pas.
Je suis restée bloquée sur les 674 jours qui font environ deux ans de sérénité. 

"Bruts."
Très bien merci Madame, oui oui j'attends la notification partie à la signature, au revoir bonne journée au revoir. Bonne journée. 
La Nanette est d'abord très contente pour moi, elle calcule à la louche un petit millier d'euros mensuels. Calculatrice. Ah ben finalement ça fait 900 chaque mois, oui. Mais bruts.

C'est déjà ça.

Bon je vous laisse, je dois aller récupérer ma voiture devant la Médiathèque. J'espère que je n'aurai pas de contravention...


dimanche 1 janvier 2012

Et l'emporter



Une belle année toute en couleurs
Une grande année, douce et vive
Que vos douleurs s'apaisent
Et renaisse la joie
Le bonheur est un passager clandestin 

mardi 27 décembre 2011

Ça n'a pas de prix

C'est le premier.
Le premier fini, j'entends.
Il est pour Nathalie.
Elle a bien besoin de couleurs et de rires dans sa vie, ces temps-ci.
J'ai commencé par elle, parce qu'elle habite près de chez moi.

Ensuite, je terminerai cette petite chouette.
Il ne reste plus qu'à fixer ses ailes, et puis mettre un bouton.
C'est pour Marie. Pour sa fille.
Vous pouvez lire ses aventures ici.
Je veux lui dire merci. 

J'aime bien imaginer sa petite puce toute neuve dedans.
Comme j'aime bien penser à Nathalie, se servant un café, disposant ses biscuits ou ses chocolats à côté.
Et j'en ai plein d'autres comme ça.

Je vais les terminer, un à un.
Certains ne sont qu'à l'état de projet.
D'autres sont à assembler. Ou à peindre. Ou à coller.
Ils ont tous une histoire, un but, un lien à raconter.
C'est pour ça que ça me prend du temps.

Mais ce n'est pas important.
Ce qui est important, c'est que bientôt, quelque part, quelqu'un ouvrira le paquet que je lui ai préparé en imaginant à chaque seconde ce qu'il en fera.
Pour que ce quelqu'un sache combien il compte pour moi.
Demain, ce sera peut-être toi.
Tu es sur ma liste.
Loin, plus loin que la maison de Nathalie.
Mais juste au bout de mes doigts.
Au coeur de mes pensées.

samedi 24 décembre 2011

Réveillon


- Qu'est-ce que tu veux manger ce soir ?
- Ben... des canapés... comme d'hab quoi !
- Bah oui : des canapés et des trucs d'apéro !
- Vous ne voulez pas changer un peu ?
- Bah non.
- Et toi Maxence, qu'est-ce que tu veux manger pour faire la fête, ce soir ?
- Des pateuh !! et du ja-mm-bôn !! et aussi un yayou't ! Mmm c'est bon ça !

11 euros le réveillon pour 4. Parce qu'on a quand même rajouté une bonne bouteille : de l'Ice Tea. Du vrai. Pas de la marque magasin.
C'est la fête après tout !

mardi 6 décembre 2011

Et l'on pendouilla Pierre


Lundi 28, mail de mon ancienne gestionnaire.

Bien sûr, il a fallu que les seuls courriers passés au travers de la réexpédition soient ceux de l'Inspection. Et repartis direct à Montpellier. D'où, bien sûr, ils doivent repartir à nouveau. 

Bien sûr, il a fallu aussi que ce jeudi, celui-là justement, le facteur passe à midi et pas avant. Parce que jeudi, Pôle Emploi ferme, à midi. Bien sûr.

Et bien sûr, à l'accueil le lendemain, il a fallu que je tombe sur la seule qui-n'a-pas-le-droit-de-prendre-les-documents-mettez-les-dans-la-boîte-devant-merci-au-revoir-au-suivant !

Évidemment, évidemment, qui peut croire un seul instant les mots jolis inscrits en grand sur la dite-boîte : "Le courrier déposé ici est relevé deux fois par jour." ? Ils doivent observer un calendrier local. Ou ils ne savent pas compter. Quoi qu'il en soit, bien sûr, il m'a fallu attendre hier pour lire enfin : "Nous avons reçu vos documents le 28 novembre 2011. Votre dossier est en cours d'étude."

Mardi 6 décembre. Rendez-vous avec mon conseiller pour l'emploi. J'en profite, bien sûr, pour demander où en est mon dossier.

Et bien sûr, il a fallu qu'elle m'explique, parce qu'à ce stade, j'avoue, j'ai un peu de mal à comprendre : " Oui oui, bien sûr, on étudie vot'dossier, oui, mais il manque les bulletins de salaire de l'année 2008... Vous n'avez pas reçu le courrier ? On vous l'a envoyé le 29 novembre..."

Là, il a fallu que je me retienne très fort. Vraiment très fort.
Bien sûr.