dimanche 29 septembre 2013

"Patience ! Avec le temps...


...l'herbe devient lait."

Où en est-on ?
J'ai digéré la nouvelle, expédié ma fille à Londres (tout est ok, et just fantastic !), donné un coup de main à mon autre fille (qui attaquait la rentrée avec 2 nouveaux contrats d'assmat et son loustic qui ne veut pas aller dans sa classe "trop nulle !"), et remis les pieds dans mon atelier... il était temps !
J'ai aussi couru les administrations et autres bureaux d'aide sociale ... oh, je vois que vous vous souvenez à quel point j'adore ça ! Je me suis pendue au téléphone de longues minutes, et j'ai renvoyé une autre dizaine de candidatures pour des emplois tous plus bizarres les uns que les autres (mais ça fera sans doute un autre billet, ça)

A priori...
Je l'ai dans l'os.
Et là, je suis polie, bien sûr.
(En vrai, là où je l'ai, y a pas d'os, enfin, pas aussi profond, enfin, vous saisissez, pas besoin d'un dessin quand même !)
Je l'ai aussi en travers de la gorge.
Ouais, ça remonte haut.

J'ai signé - de mon plein gré - un contrat d'agent non titulaire, pas contractuel ni vacataire, la nuance est d'importance. Donc je rembourse.
Je ne peux pas remplir de dossier de surendettement, car je suis autoentrepreneur : la seule option ici est la liquidation judiciaire. Et je m'y refuse : ça fait 3 ans que je me bats pour faire exister ma marque, je commence tout juste à en récolter les fruits, et il faudrait que j'arrête ? No way.
Et quand je présente mon CV pour tout ce que je peux trouver à faire là, tout de suite, maintenant, j'ai des réponses aussi étranges que "On ne va pas mettre une enseignante au ménage, quand même..."
........
Quand j'ai une réponse...
Signalons le merveilleux : "Vous n'avez pas le bon âge : plus jeune on m'aurait donné des aides pour votre embauche, plus vieille aussi, mais là... et je vais devoir vous payer plus cher qu'un petit jeune qui débute, en plus."
En plus.

Mais...
Restons positifs, voulez-vous ?

Le titre exécutoire ne sortira qu'en mars 2014, ce qui me laisse une jolie marge de 5 mois.
Lorsqu'il sortira (je ne peux rien faire sans...) il me faudra plaider ma cause auprès du Trésor Public, et mettre en place un plan de remboursement. "Même si ça me prend 6 ans ? - Même. - Sans intérêts de retard ? - Sans."
Bon.
Si tu le dis.

Mes indemnités de chômage courent jusqu'à mi-février 2014. 
J'ai demandé l'agrément d'assistante maternelle, et vais reprendre les 3 contrats de ma fille, qui partira sur Montpellier au début de l'année prochaine.
Actuellement, j'ai un CDD de lingère/aide-soignante de nuit dans une maison de retraite, jusqu'au 30 septembre (mais peut-être plus, si le genou de celle que je remplace ne se remet pas...). Ça me rallonge mes jours d'indemnisation, et rajoute des lignes dans mon CV.
Et j'ai un marché de Noël qui se profile, le 17 novembre prochain, je recommence à faire du stock.

Autant vous dire que je ne sais plus vraiment quel jour on est, quelle heure est-il, qu'est-ce qu'on mange aujourd'hui...

Et on s'en fout pas mal hein ?!
Tant que je suis à l'heure au boulot...


vendredi 6 septembre 2013

Une histoire de roue


Au début je n'ai pas compris.
Une longue lettre, des phrases tarabiscotées. Des dates, plein.

J'étais passée en coup de vent chez moi : Zazoune s'en va à Londres, depuis lundi chacun de ses pas laisse une poussière d'étoiles derrière elle. Ça illumine son déménagement express.
Donc, partie tôt ce matin, une journée sans pause. Même pas le temps de passer aux toilettes. 19h24, je quitte le supermarché, non vraiment, j'ai trop mal au ventre, je m'arrête. Boîte aux lettres, la banque, une pub, encore la banque, et l'Inspection.
Arf, j'ai oublié : au début de l'été, ils m'ont ordonné de renvoyer une montagne de papiers pour calculer ma retraite... ça doit être un nouveau rappel.

Le Recteur de l'académie de Montpellier, Chancellier des Universités.
Mazette.
Mme Skrzypczak... avec un nom pareil, pas étonnant d'ignorer qu'il n'y a qu'un L à chancelier...
Objet : remboursement indemnité départ volontaire
Ils doivent payer une taxe sur les mots de liaison...
Je lis. Je ne ris plus.
Je relis.
Ça n'a pas l'air d'être une plaisanterie.

Ma première réaction, c'est mon ventre qui la livre, et ça soulage.
Ensuite, c'est la rage.
Mais ça ne s'arrête donc jamais ?

Depuis 21h, monte la détresse. Celle qui m'empêchera de me lever demain. 
Qui me roulera en boule, qui m'étouffera.

Pas d'issue en vue, ce soir.
Juste quelques mots.
"A ce titre, je vous informe que je demande à Madame la Directrice des Finances Publiques de l'Hérault de procéder à la récupération des 45 648.00 euros, somme dont vous êtes redevable envers l'État suite au non-respect des dispositions de l'article 8 du décret 2008-368."


mercredi 14 août 2013

Time out


Mardi 20, dernier marché nocturne.

J'ai hâte. Je suis fatiguée, ça ne marche pas très bien.
Pas du tout en vérité.
Ce n'est pas le produit-cible, sans doute : énormément de passage, de "Oh c'est trop beau/mignon/chouette !", mais pas d'achat. Je donne ma carte, je dis que j'expédie dans toute la France...
J'encaisse chaque départ comme un coup de poing au ventre, ça me laisse le souffle coupé quelques minutes... jusqu'au potentiel client suivant, qui s'approche, tâte, montre "t'as vu comme c'est chou ?!", et s'éloigne à son tour.

Le mercredi, après une courte nuit (je rentre vers minuit trente, m'endors difficilement, me réveille à 6h...) je suis cassée : hébétée, sonnée par l'effort fourni pour sourire, expliquer, argumenter... Je décharge la voiture, je la gare à l'ombre, j'erre, incapable de faire quoi que ce soit.
Le jeudi, le vendredi, je couds toute la journée, à toute vitesse, je crayonne des idées, je mets le bazar dans mes tissus, j'essaie, je rate, je m'énerve, je triomphe.
Samedi, dimanche, le rythme se ralentit, les pauses sont plus longues. Courses, plage, télé, ordi. Je pense à mon déménagement. A la rentrée. Je téléphone.
Lundi... En général, j'ai un tas de trucs administratifs à boucler. Ou du quotidien pas marrant, ménage, lessive, vaisselle, qui s'accumulent... Pas trop le temps de m'approcher des machines, et le soir, trop fatiguée pour être productive.
Et mardi arrive. Je me lève en espérant qu'il pleuve. Oh s'il vous plaît s'il vous plaît faites qu'il pleuve !! A qui peut bien s'adresser ce genre de prières ? Il ne pleut pas.
Si, il pleuvra 5 ou 10 minutes, le soir, en plein milieu du marché, sur le stand installé qu'il faudra protéger en urgence. Et sur les visiteurs qui courront se mettre à l'abri, et qu'on ne reverra pas de la soirée.
Comme je me force à y croire quand même, je mets la dernière main à tout ce que je peux. Urgence. Panique. Je dois partir à 16h15. Tic, tac, tic, tac...
Je charge mon coffre, je respire un grand coup. Et c'est reparti.

Mardi c'est le dernier.
Enfin.

lundi 29 juillet 2013

Memories


Il y a quelqu'un qui lit tout mon blog, petit à petit.
Je ne sais pas grand chose de lui (elle ?) : depuis que Google Analytics a changé de fonctionnement, je ne m'y retrouve plus, et les stats de Blogger ne me donnent qu'un minimum d'infos.
Les pages lues, les mots tapés sur Google pour arriver jusqu'ici, le nombre de lectures d'un même billet... Des fois, le titre ou la date de publication ne me disent rien. Du coup, je retourne le lire, moi aussi. Et je me souviens.
Comme le billet que ce visiteur a lu aujourd'hui, par exemple. 
Je me souviens comme c'était dur, à ce moment-là. Les galères s'enchaînaient, on n'en voyait pas le bout. Je connais la fin de l'histoire, je sais que ça s'est finalement bien terminé. Mais qu'est-ce que c'était dur...

D'autres billets, exhumés des tréfonds du blog par mon paléontologue mystérieux, m'ont replongée dans ces jours déjà si loin : larmes aux yeux, ou sourire sincère, chaque fois j'ai relu mes lignes avec un sentiment étrange d'empathie. Curieux, quand on sait que c'est moi, qui provoque cette envie de me serrer fort fort dans mes bras, en répétant "Ça va aller, tu verras, ça va s'arranger..."
J'étais déjà bipolaire, me voilà à la limite de la schizophrénie ! 

Plus sérieusement :
me voilà de nouveau à la croisée des chemins. Des décisions à prendre, des portes à fermer, d'autres que je n'ose pas pousser. Des contraintes. Des coups de pouce.
Je dois retourner travailler. Ça tombe bien, j'ai plusieurs offres d'emploi.
J'ai donné mon préavis : c'est lié aux propositions d'embauche. Mais depuis deux semaines, c'est un pieu dans le coeur, un poids qui m'empêche de respirer.
Je prépare mon troisième marché nocturne.  Ahurissante fréquentation ! J'en reste sidérée toute la journée de mercredi, incapable de faire quoi que ce soit, et mon week-end file à toute allure vers un nouveau mardi, un nouveau coup de massue.
Mes filles, mon fils bougent les lignes. Partir, rester, changer, accepter... Projets : je me sens incapable de les aider. Même si je leur fais confiance.

J'aimerais lire dans l'avenir, rouler ma propre boule de cristal, savoir si enfin, un jour, ça s'arrêtera. Ou si je m'habituerai. 
Mes jours sont troubles, mes heures sont comptées. Chaque nuit, apparaissent dans mes statistiques d'anciens billets, et ce sont autant de messages d'espoir et d'apaisement. Comme si le plus dur était fait.

Mon voyageur du hasard ne laisse aucune trace de sa patiente remontée du temps. Du coup, c'est ici que je le remercie. Grâce à lui (elle ?), j'attends, simplement : et c'est un nouveau jour qui se lève.

mercredi 17 juillet 2013

Y croire


Un peu découragée aujourd'hui.
L'impression que ça ne sert à rien, finalement.
Qu'on en revient toujours au même point.

Ma licorne est noire :
pas de paillettes, pas de rose bonbon...
Mais elle a le mérite d'exister.

Si si.
Il suffit d'y croire.

dimanche 30 juin 2013

Clinomanie


Cette semaine, télescopage et questionnement. Les pensées tamponneuses... ça existe ça ?

J'ai appris ce qu'était le lit de Procuste. Un fils de dieu de l'Olympe qui avait décidé que les humains sortaient tous du même moule (ha ha ha) et pour le prouver, les faisait coucher dans un lit : ceux qui dépassaient, il leur coupait les jambes, ceux qui étaient trop courts, il les étirait.
Aussi simple que ça.
Jusqu'où peut-on aller pour prouver qu'on a raison ?

J'ai appelé mon père. Qui m'a une nouvelle fois demandé si je "ne regrettais pas"... 
Honnêtement ? Je finis par ne plus savoir. 
Je suis entrée dans l'enseignement contrainte et forcée, pour nourrir mes enfants, avec en ligne de mire mon départ, à 45 ans. J'ai serré les dents bien des matins, j'y suis allée parfois en me répétant : "Pense aux sous, pense aux sous..." pour tenir le coup. 
C'est ça pour vous, un enseignant ? C'est le genre d'instit qui nourrit le fantasme du fonctionnaire, toujours en grève ou en vacances. Ce ne sont pas mes convictions.

Les aiguilles tournent. 
Je n'ai pas retrouvé le niveau de vie que me donnait mon salaire, même amputé par la saisie. "S'il le faut", je peux signer demain dans n'importe quelle crèche, n'importe quel établissement de santé : ce ne sont pas les contrats qui manquent. Je ne mourrai pas de faim.
Mais je retrouverai la boule au ventre, l'heure, le "Bonjour, ça va ?" quotidien et multiplié. Les autres...

Fin 2015, je peux même retourner en classe. Bouée ancrée au large. La limite de baignade autorisée. Combien seront-ils à penser que c'est encore la meilleure issue envisageable ?
Je suis pile à la moitié du parcours : il y a 30 mois, je démissionnais, dans 30 mois, je peux y retourner. 

J'ai une décision importante à prendre cette semaine. 
Superstition ? Seuls mes enfants sont au courant. Pas le meilleur moyen de recevoir des avis, ha ha ! Disons que, définitivement, je ne suis bien qu'au fin fond de mon lit.

dimanche 23 juin 2013

A la main


Grand chambardement de neurones.
Encore.

Le chômage tombe tous les mois.
Enfin.

J'ai retrouvé l'envie de créer.
Beaucoup.

Les jours passent, l'été s'installe. 
Bien.

Je rouvre les dossiers abandonnés.
Lentement.

Il est temps de penser à plus tard.
Aussi.

Retrousse tes manches, et avance.
Maintenant.


lundi 17 juin 2013

Ça f'sait longtemps...

Au début, j'ai cru que c'était mon nouveau débardeur.
La couture, la lessive, la coupe : ça me grattait juste à la bordure, je frottais un peu, j'oubliais.

Vendredi, ça brûlait. J'ai regardé dans le miroir : une belle plaque rouge, surélevée, comme une brûlure d'ortie. 
J'ai tout de suite tilté : Limoges, printemps 84, un dermato flegmatique, "c'est une allergie banale au soleil, restez à l'ombre, ça partira quand vous serez bronzée..." 
Euh, j'ai passé dix ans sous le soleil tropical, sans aucune protection, et sans aucun problème, et là, d'un coup, je ne supporterais pas les misérables 19°C du Limousin, et son ciel gris ?

Bah oui. A l'époque, j'avais dû me badigeonner de crème hydratante, avaler des antihistaminiques, et..... rester à l'intérieur. C'est parti en 10 jours.
Là, j'ai un peu râlé. Et j'ai oublié. Samedi, j'ai couru à droite, et aussi à gauche, sous un soleil de plomb, à 13h30 et à 16h, impossible de faire autrement. Et je l'ai payé, immédiatement. La tache rouge a doublé de volume, elle m'est remontée sous le cou et a coulé entre les seins. J'avais l'impression qu'un poulpe faisait sa sieste sur ma poitrine, ses ventouses suintant de l'acide chlorydrique, et plus je grattais, plus ça brûlait !

Rajoutons les doigts et les orteils gonflés, l'oeil droit à moitié fermé, les gencives saignantes et la mâchoire bloquée ; toute la peau (de tout partout !) hypersensible au toucher - très sympa pour s'allonger... Et des coups de pompe terribles, à ne plus pouvoir simplement me lever. J'ai adoré mon dimanche.

Il me reste une semaine, à vivre en chauve-souris.
Restons positifs : si j'en fais une tous les vingt ans, ça va, je m'en sors bien. Non ?

*lucite : c'est le petit nom de ma nouvelle compagne. Lucite estivale bénigne, plus précisément. Et on retrouve le terrain autoimmun... Grrr...


mercredi 12 juin 2013

"C'est parce que je suis grand..."


Il appuie sur le bouton d'appel de l'ascenseur depuis quelques semaines maintenant, et arrive à tirer la porte pour l'ouvrir. Alors, dis donc, pourquoi sa mère ne veut pas le laisser descendre seul, attendre en bas la voiture de la copine pour aller à l'école ? Hein ?

Il continue à triturer la langue française et ses mystérieux mystères : boulangerie, boucherie, charcuterie, ok, alors pizzarie ? Quoi ? PizzeRIA ? N'importe quoi !
Mais aussi : "Ma polaine, elle tient chaud !" / "J'ai lu En sel et Bretelle, à l'école" / "Il me fait de la crachure, le bébé !" / "Dessine des craies-en-haut, là, sur le château" ...
Et encore : "T'en as quelques-uns, des robots Transformers... - J'en ai quelques-deux et quelques-trois, même..." / "Elle t'aime beaucoup, Clémence ! - Oui, elle me-t'aime."

Il fait des cauchemars la nuit. Se met à genoux et supplie : "Mais parle pas anglais !"

Il répond au téléphone et parle, parle, parle : "Passe-moi ta mère, s'il te plaît." Il tapote quelques touches, et reprend : "Oui, c'est moi, c'est maman !" Je rigole, insiste : "Non, allez, passe-moi ta mère !" Il change de voix et dit : "Mais c'est ma mère, c'est *** !!" 

Il regarde s'éloigner sa tante, songeur, un peu triste. "On ne peut pas la laisser partir comme ça, Tatys ! - Pourquoi ? - Mais parce que j'ai envie de passer du bon temps avec elle !"  

Il prévient sa mère : "Ne recommence plus ! La prochaine fois, si tu me fais pleurer, je prends ton cadeau de la Fête des Mères, et je le donne à ma nouvelle maman !"

Il négocie. Dur. "Je dors dans ton lit ce soir. - Tu t'endors et je te porte dans ton lit. - D'accord, tu mets Gulli à la télé ? - Non, dors. - Bon, si tu mets pas Gulli, je dors toute la nuit ici, et si tu mets Gulli, je m'endors juste."

Il habitera à Paris quand il sera grand. Pourquoi ? Parce que Paris, c'est joli. Mais non, c't'une blague, il habitera là en bas, au 5e. "Comme ça, quand tu me manqueras, je viendrai, et quand même, j'aurai ma maison, et je me coucherai tard et je regarderai la télé, parce que tu me verras pas...."

Il regarde Donald aux prises avec Tic et Tac, sur l'ordi, et me prévient : "Là, tu vas trop rigoler, regarde, Donald il va..." Quel bonheur d'entendre ses explosions de rire !!

Mais ce que je préfère, c'est encore son câlin pour me dire au revoir. "Tu vas me manquer, ma super-Mémène."

Toi aussi, mon bonhomme. Toi aussi.


jeudi 6 juin 2013

N'en jetez plus

Prologue
Mon fils a actuellement de grosses difficultés au travail, parallèlement au harcèlement personnel dont il est la victime, l'ensemble du personnel du magasin a décidé d'une action collective en direction des patrons, totalement incompétents, et caricaturaux dans leurs excès.
Depuis samedi, nous tentons, à distance, de rédiger correctement les deux dossiers.
Autant dire que je me prends la tête.
Évidemment. 
_______________________________
- Bonjour, je viens chercher ma machine.
- Oui, oui. Qu'est-ce qu'elle avait au juste comme problème ?
- Bien, comme je vous l'ai dit au téléphone, elle ne cousait plus du tout... le fil s'enroulait autour du boîtier, sans former le point.
- Ah..
- ... ???
- Non, parce qu'en fait, je l'ai branchée, je l'ai lancée, et voyez (il me montre une bonne dizaine d'essais... tous parfaits) Même le jean voyez, pourtant je l'ai plié en trois...
- Oui, je vois. (et j'ai juste envie de pleurer)
- Je ne mets pas en doute votre bonne foi hein !
- Non non...
- Bien... alors ... à dimanche... ?!
- Oui. A dimanche.
________________________________
"Bonjour
J'ai expédié un colis au départ de Paris, le jeudi 30 mai 2013, depuis la boutique *** rue Maubeuge.
En voici la référence : **.***.***.**
Le jeudi même, la prise en charge a été indiquée sur le site de suivi et le vendredi 31, les indications successives étaient :
"11h prise en charge / 14h06 prise en charge en agence / 19h (je ne me souviens plus, il me semble quil s'agissait d'un départ vers l'agence régionale) / 23h19 Votre colis est en cours d'acheminement"
Je me suis reconnectée le dimanche soir, les indications étaient les mêmes.
Je suis rentrée à mon domicile, à ***, et là, en me connectant dans la nuit de lundi à mardi 4 juin, je lis "Retour à l'expéditeur" !! Toutes les mentions précédentes ont été effacées, et ne reste plus que la prise en charge à l'agence qui est maintenant datée de 11h !
Impossible de trouver sur le site le moindre numéro de téléphone pour vous signaler au plus vite le problème.
Je suis très surprise de cette mention, l'expéditeur c'est moi, mon adresse est à ***, le point de livraison est également à ***, vous avez 2 numéros de téléphone, 2 adresses mail (personnelle, et professionnelle) et une adresse postale, quel souci peut justifier que mon colis disparaisse on ne sait où, et surtout, sans que je sois tenue au courant qu'il y a un souci quelconque ???
Dans ce colis se trouvent des tissus et des vêtements réalisés en vue d'un marché professionnel le dimanche 9 juin : dans 4 jours !! J'ai pris mes précautions, j'ai expédié ce colis le 30 mai, comptant sur une livraison au moins ce mercredi 5 juin, ou demain : 5 à 6 jours ouvrés, ça me semble une marge raisonnable non ?
Je suis très inquiète de ne rien voir, ni avis, ni colis, ni signalement d'un problème...... Pouvez-vous me dire très rapidement ce qu'il en est, où est mon colis, et quand est-ce que je pourrai le récupérer ? Je n'ai fourni aucune adresse à Paris, puisque je n'y habite pas, si par extraordinaire le colis était revenu à la boutique où je l'ai déposé, comprenez bien l'urgence de retourner le chercher pour me l'expédier au plus vite !!!
Merci de me tenir informée."
_________________________________ 
"- J'ai un souci, la caf est sur mon compte mais je n'ai pas le virement du loyer, d'habitude ils se suivent... Il me manque 23 euros, tu crois que c'est ça le problème ?
- Appelle-les, demande si le loyer est retenu - ils peuvent pendant 24h, et si tu dois faire un versement, je peux te mettre un peu de sous en attendant ton rappel du chômage...
(elle appelle, me rappelle)
- C'est bien ça, tu peux me faire le virement alors ?
- T'as pas demandé si je peux le faire par téléphone ?
- J'ai oublié...
- Bon, j'appelle.
(j'appelle, la rappelle)
- Je peux le faire sur le net, il me faut ton IBAN et le BIC de ta banque
- ************ et DZOVFFFDR
- C'est pas bon.... mais je ne sais pas où.....
- Ah mince j'ai oublié un F !
(j'appelle le service validation, 11 minutes de musique à fond...)
- Nous allons vous rappeler pour une double vérification Madame.
(20 minutes à m'occuper niaisement près de mon téléphone, ils rappellent)
- Je vais vous donner un code de validation.
(ah non, elle finit par raccrocher sans me donner ce code... 
je rappelle le numéro psychédélique inscrit sur mon portable)
- 0..4..3..4..3..4..3..4..3..4..sfr bonjour, par suite d'un trop grand nombre d'appels votre demande n'a pas pu aboutir.. 0..4..3..4.. sfr bonjour...
(je la rappelle)
- Bon je vais y aller direct, ça ira plus vite !
(je vais à la banque, fais la queue, m'explique)
- Ah mais en fait, le service validation a entré le code directement, vous auriez pu faire le virement depuis chez vous...
___________________________________
- Bonjour madame, le site de suivi de mon colis indique qu'il est arrivé chez vous hier matin à 7h...
- Votre nom ? Comme le prénom ? non, je n'ai rien à ce nom. Rappelez demain. Après-midi.
- Bonjour monsieur, je vous appelle au sujet d'un colis dont j'ai perdu la trace, le site m'indique qu'il est arrivé hier au point de livraison, mais le point de livraison dit qu'il n'est pas là...
- En fait il est enregistré au nom de HELENE... Pas étonnant qu'elle ne le trouve pas ! Je vais le rechercher, je vous rappelle quand je l'ai retrouvé. 
...
- Je l'ai, il est arrivé à l'agence régionale effectivement hier matin à 7h. Vous l'aurez sans doute demain.. ou après-demain...
- Mais... il mettrait 72h pour faire 65 km ? C'est possible ça ?
- Disons que... on a déjà vu plus long encore...
___________________________________
"A L'ATTENTION DES RESPONSABLES DES TRAVAUX"
Depuis mardi matin, je demande à ce que l'accès à mon portail soit dégagé, pour me permettre de sortir ou de rentrer chez moi (au numéro **) sans danger.
C'est la 4e fois que je fais remarquer ce problème, je trouve vraiment extraordinaire, d'une part que ma maison soit la seule concernée DE TOUTE LA RUE !! d'autre part, que rien ne soit fait pour retirer ou aplanir ces tas de terre qui se trouvent tout au long du passage.
Il est inadmissible que je sois condamnée à ne pas sortir de chez moi tant que ces travaux sont en cours. Sachez-le, ma patience a des limites."
___________________________________

Épilogue (peut-être)
Je viens de passer 13 jours - éprouvants..- chez ma mère, elle s'est achetée une machine à coudre-brodeuse de compèt, jamais utilisée depuis sa livraison en janvier, et j'imaginais pouvoir réaliser quelques jolies choses à vendre sur le Marché de la Couturière, dimanche 9, où j'ai réservé un stand de 3 mètres pour la journée.
En théorie, ça aurait pu réussir.
Soupir.
Je vous laisse, j'ai un peu de couture qui m'attend.

dimanche 26 mai 2013

Réalisé sans trucage


Mes enfants comprendront ;o)

vendredi 17 mai 2013

L'oeil


Elle vient de traverser - elle aussi - un passage à vide.

J'aime son regard, ses intentions. J'aime les émotions qu'elle capte.

Sa première séance : un oisillon à peine tombé du nid. Elle n'avait pas tout à fait 18 ans, ses propres ailes se déployaient difficilement, douloureusement. 

Je crois en son talent.

vendredi 3 mai 2013

Sors de là

C'est reparti.
Je sais que, bientôt, très vite, le rythme va s'accélérer, s'emballer, échapper à tout contrôle.
Avant le crash.

Un élastique.
Tendu entre deux clous, épais, rassurants. Fichés profonds.
Mes enfants.
"Avance. Tu n'as pas le choix."

Depuis septembre, le vent faisait vibrer mes pas...
Mais la tension était forte, l'amplitude légère : je tenais droit.
Fin décembre j'ai trébuché.
Accrochée, recroquevillée, incapable de me redresser,
j'ai attendu que ma colère cesse de gronder,
que le fil ploie 
sous le poids 
j'ai touché terre
et je suis même descendue
encore plus bas.

C'est le printemps.
Le soleil m'aveugle et je tends à nouveau les bras,
je dois remonter, m'envoler, 
c'est plus fort que moi.

Ma trajectoire est verticale. 
Le funambule est projectile.

Comme un drogué tremble en retrouvant sa came
je frissonne, j'espère
j'attends

Sous mon pied l'élastique se tend.

dimanche 28 avril 2013

Le treizième sexe


Bien sûr, tout le monde a saisi la subtile allusion à 2013... bien sûr ...

*************
Second trimestre 2012/2013 - PROGRAMMATION
Les compétences acquises seront évaluées à la fin de la période 

Biologie : reproduction, génétique et généalogie
Histoire : la frise chronologique
Grammaire : le masculin et le féminin
Anglais : "What a wonderful world"
Calcul : addition, division
Philosophie : l'amour est-il indissociable du bonheur ?
Géographie : les déplacements migratoires
Conjugaison : futur, conditionnel, plus que parfait
Économie : les revenus d'activité dans le budget du couple
Éthologie : rôle et influence des réseaux sociaux
Théâtre : le jeu d'acteur 
Physique : attraction-répulsion, potentiel interatomique
Espagnol : VOLVER, revenir, devenir, recommencer
Littérature : la trahison et la réparation dans les romans d'amour
Arts Plastiques : Le cri, E.Munch

*************
Notes de l'examinateur :
A croisé un Prince Charmant fin janvier
Conte de fées pendant 8 semaines
Apparition du principe de réalité début avril --> brutal !
Retour à la case départ ce we
Dommage collatéral : les deux lapins sont morts



jeudi 4 avril 2013

Descendants


Grandir avec une mère bipolaire.
Intégrer ses valeurs.
Subir ses humeurs.
S'en sortir.
Essayer.

Je suis bordélique.
J'accumule un nombre invraisemblable de trucs parfaitement inutiles, les pièces où je vis sont envahies, sans vie, inaccessibles. J'entasse en répétant : "Faut que je trie, pour jeter..."

Je suis maniaque.
Je relave la vaisselle quand je ne l'ai pas faite, je range, organise, nettoie, vide, au centimètre près rien ne doit dépasser. Chez les autres. Les fourchettes ont toutes les dents vers le bas, dans le tiroir, et la tête dans le même sens : sinon je crise. Je déteste qu'on utilise mes affaires.

Je suis patiente, au-delà du raisonnable : j'encaisse beaucoup, longtemps, tout le temps. Les bizarreries des gens qui m'entourent, leurs différences, leurs humeurs diverses, j'observe, je note, je m'adapte. Je pense avoir acquis, à la longue, une forme de bienveillance que j'applique sans réfléchir : "on verra".

Je suis psychorigide, au-delà du raisonnable. Les gens qui ne rentrent pas dans mon système de valeurs, ceux qui s'imaginent pouvoir faire comme ils le veulent, sans suivre, sans entendre mes conseils et/ou mes ordres, ceux qui, c'est évident, n'y arriveront jamais... Où ? Là où moi je vais...
Ceux-là sont condamnés, sans appel. Désormais, quoi qu'ils fassent, ils sont catalogués "non". Et rangés dans la case "laisse tomber". 

Dans le dictionnaire, apparaît ma photo aux mots dilettante, velléitaire, procrastination. Mais additionnez les trois définitions, vous obtenez rien

Je me fous complètement du regard des autres. Ma tenue vestimentaire quotidienne est proche de celle du sdf de base, qui porte sur son dos l'intégralité de son dressing. Disons que je fais l'effort d'en changer tous les quinze jours. Ou trois semaines. J'essaie de me brosser les cheveux, au moins le matin. Autant dire que je n'y pense pratiquement jamais. Comme je m'en fous...

Je suis terriblement vulnérable à l'opinion que les autres peuvent avoir de moi. S'ils m'en parlent, s'ils essaient de m'en parler, je brandis mon misérable bouclier en carton mouillé, juste avant de m'enfuir pour souffrir dans mon coin. Rien ne passe : ni les critiques, ni les compliments. Je ne me reconnais pas dans celle que les autres voient. Jamais.

Je suis heureuse de ce que sont devenus mes enfants. Fière de leurs réussites. Paniquée par leurs choix. Et très souvent, furieuse, face à leurs personnalités, qui me heurtent, m'affrontent, me défient. Me lient.
C'est grâce à eux que je suis encore là.
C'est à cause d'eux que je suis toujours là.

Mais ils ont grandi avec moi.

lundi 1 avril 2013

Bonne année

Une invitation
qui se multiplie
s'étend
se répercute
se prolonge

"Tu viens déjeuner lundi ? Tu mettras les pieds sous la table..."
C'est Pâques, mais ni elle ni moi n'aimons l'agneau

"Tu me monkes, Tatys, tu viens manger avec moi ? 
- Il pleut, Bidibou...
- Bah, dis à Magali de te prendre dans sa voiture !"
Mais cette fille-là, elle n'aime pas manger chinois
à part le riz cantonais

"Mais non, t'en fais pas pour le dessert ! mais oui, même si tu as Evan avec toi ! On vous attend !"
Deux gnomes de presque 5 ans, pour le coup, je rajoute du poulet non ?

Une bouteille de vin
et 12 petits gâteaux à l'anis plus tard,
tout le monde est arrivé, 
on discute dans la cuisine
pendant que j'enchaîne les cuissons

Après les chips de crevette de l'apéro,
des nems au crabe, au poulet/menthe et au porc
des feuilles de salade, un flacon de sauce
Rien de compliqué
tout est acheté, tout fait

On attaque le riz cantonnais 
Du riz blanc cuit à l'eau vinaigrée
une petite boîte de maïs
une autre de petits pois
une petite omelette de 2 oeufs
et quelques dés de jambon

Avec ça ? le choix !

Des crevettes décortiquées
cuites dans de la sauce tomate
avec du piment
et un peu de sauce nuocmam
si vous en avez
je n'en avais pas
et c'était très bon quand même

Du boeuf - sel, poivre  
découpé en lanières
jeté parmi les tranches d'oignons
qu'on a fait revenir dans du beurre, de l'huile
et un peu de sucre
j'éteins avec un 1/2 verre de vin blanc
mais c'est un plaisir perso
de l'eau suffit

Encore des lanières
de veau cette fois
qui blanchissent dans la poêle
avant de les arroser de lait de coco
deux cuillères de curry
et un petit sachet de noix de cajou
oui, oui, celles de l'apéritif
en partie écrasées, presque en poudre
en partie entières
n'oubliez pas de goûter
pour rajouter peut-être du sel

Arrivent enfin les escalopes de poulet
découpées en cubes
enfilées sur des minibrochettes
enrobées d'un filet d'huile
saupoudrées de sel, poivre
et de graines de sésame
passées sous le gril
mais ne les oubliez pas
comme moi

En dessert
des bananes tranchées dans la longueur
poêlées dans du beurre et de l'huile
saupoudrées de sucre
et flambées
pour le plaisir des yeux
(du rhum chauffé à la casserole
qu'on enflamme d'une allumette en le versant
sur les bananes bien chaudes)

On a zappé les beignets de pomme
il y avait les gâteaux à l'anis
de la copine

Pour finir
pas de saké
mais une partie de cartes
comme je les aime 

Fêter le nouvel an chinois
le lundi de Pâques ...
Ce n'est pas un poisson d'avril !

samedi 16 mars 2013

J'ai de la chance


Un billet sous le signe de l'écriture, ça vous dit ?

Premièrement, j'ai reçu mes droits d'auteur pour l'année 2012... Hahaha... Bon, ça c'est fait.

Deuxièmement : je sors tout juste d'une crise plutôt... monstrueuse avec mon fils (unique et préféré, précisons) qui s'est soldée hier par ... un message très long de sa part, qui m'a... bouleversée ("Encore ? depuis le temps, tu devrais être immunisée, non ?" Non) et que je n'ai évidemment pas encore ... digéré.
Hahaha bis.

Troisièmement, le printemps étant ce qu'il est - plutôt pourri pour certains d'entre vous, pardon, mais ici, euh, le mimosas embaume et le ciel est bleu - comme chaque année j'ai des envies de rangement et de renaissance.
Je traîne donc beaucoup sur le Net, je m'inscris à des trucs, je me lance des défis...
Et l'un d'eux concerne l'opération "Price Minister - La BD fait son Festival". En très vite : on s'inscrivait pour recevoir une BD de la sélection du Festival d'Angoulême, en s'engageant en retour à écrire et publier une critique de cette BD sur notre blog.
J'ai choisi Marion Montaigne, parce que ça fait un moment que je la suis sur son blog, et que j'adore ce qu'elle fait.
J'ai reçu la BD le week-end dernier, bon je suis un peu à la bourre pour la critique mais elle est presque prête, demain ça devrait être ok.
Ah, je ne sais pas trop si je dois faire un Troisièmement-bis ou si je fais carrément (soyons fou) un Quatrièmement...
Toujours dans la veine Je Range Et J'aime Ça, je suis tombée sur un papier écrit il y a une grosse douzaine d'années -au moins.
Dans ma bonté immense (ne me remerciez pas...) je vous le recopie. Pfiou...

J'élève seule mes trois enfants. Maman solo, parent isolé, mère célibataire, foyer monoparental, appelez-moi comme il vous plaît, je suis seule à tout gérer depuis que j'ai divorcé de leur père.
Un malheur n'arrivant jamais seul, je dois bien reconnaître que je n'ai pas de chance avec eux. Jugez plutôt :
- mes enfants sont intelligents. Ils travaillent donc bien à l'école, et les deux grands poursuivent même leurs études. Ce qui entraîne au fil des années des camions entiers de fournitures scolaires, cahiers, livres et abonnements divers.
- mes enfants sont polis, aimables, et populaires. Pas une fête d'anniversaire sans qu'on les invite, pas un week-end, pas un jour de vacances sans entendre : "il veut que je dorme chez lui... elle demande si je peux rester manger..." Et bien sûr, gare aux invitations en retour, pour remercier : à seulement deux ou trois copains par tête, la maison est vite transformée en colonie de vacances... 
- mes enfants ont bon coeur : ils nourrissent les chiens, les chats, les clochards, les copains qui n'ont pas de goûter. Ils donnent leurs gants à celui qui a froid, leur veste à celui qui ne sait plus où est la sienne, leurs jeux à celui qui n'en a pas... Ils rappellent - sur le portable - parce que le copain n'a plus d'unités, ils ramènent celui qui a raté son bus, ils donnent un ticket de cantine à celui qui a oublié le sien.
- mes enfants sont robustes et en bonne santé. Ils ne ratent pas un jour d'école, et copient les leçons pour ceux qui sont moins résistants. Ils leur apportent les devoirs à la maison, remplacent le goal plâtré, le choriste enrhumé, la ballerine qui a une angine : même si on ne les appelle qu'une heure avant, ils sont toujours prêts. Ils montent les courses de la voisine au 5e étage, filent en vélo et en hiver poster le courrier du pépé d'à côté avant la dernière levée, ou sortent les chiens des autres sous la pluie - à leur âge, pensez, ce n'est rien...
- mes enfants sont honnêtes. Ils compostent leur titre de transport, signalent son erreur à la caissière même quand elle est en leur faveur ; ils tapent sur l'épaule du monsieur qui a fait tomber un billet, et courent après la dame qui a oublié sa carte téléphonique neuve dans la cabine juste avant eux. Ils n'oublient pas qu'ils n'ont plus l'âge pour le tarif enfant, et ne manquent pas de le rappeler à chaque guichet.
Forcément, avec eux, la vie quotidienne est chère, trépidante, et imprévisible. Je vous l'ai dit, je n'ai vraiment pas de chance : mes enfants sont formidables.