samedi 28 août 2010

Dernier week-end

Seule avec ma grande.
Soirée télé, Vivre sur une île.
Il fait chaud. Envie de rien.
Le fiston est arrivé ce soir, mais a filé direct à sa fête à Montpellier, sans s'arrêter. On le verra demain.
Séjour au camping pour Zazoune, qui va en boîte ce soir pour la première fois. Elle nous racontera à son retour, demain.
Et Max le Magnifique, toujours chez son père (deux semaines cette fois, c'est super-long...) revient lui aussi demain.
Sur mes listes scotchées au mur, peu de lignes barrées : bricolage, ménage, administratif... Je finirai demain......

jeudi 26 août 2010

Dans ta face

Après-midi écrasée de chaleur devant la télé.
Le film nul de la 6.

C'est le bisou du soir, après une journée bien remplie d'embrouilles en tout genre.
"Pourquoi papa il vient pas me voir ? Il m'aime pas ?"
Petit-garçon-qui-grandit-sans-papa écoute cette chouette consolation de sa Maman-qui-se-crève-à-l'élever-seule : "Mais des pères, tu en as deux, et celui qui est Notre Père à tous, il t'aime et te protège et pense toujours à toi..."

Commentaire instantané de ma grande : "Ouais mais Dieu il joue pas au ballon !"

lundi 23 août 2010

Rentrée

Ça y est, on y est.
La fameuse dernière semaine avant la rentrée.
Celle où on essaie de profiter au maximum des derniers jours de vacances, alors qu'on sait très bien, tout au fond de soi, que c'est fichu, qu'on est déjà (presque) rentré.
Que ça va recommencer.
La course.
La fatigue.
L'esprit encombré.
La rentrée.
Plus que quelques jours.
On y est.

Bonus Track
Une vidéo pour colorier les (futurs) jours gris
Ces mecs sont DINGUES !

jeudi 19 août 2010

A hurler

Gros coup de flip hier soir.
Le contexte : un paquet de papier toilettes acheté la veille, et disparu. En allant déposer les sardines au frigo, j'aperçois le paquet, et dit aux filles : "Ah, j'ai retrouvé les rouleaux de papier..." Je range ma boîte, vais vers l'évier pour y déposer les assiettes sales. Ma fille m'y rejoint, je me souviens parfaitement de la micro-conversation que nous avons eue.

Le soir, je trébuche sur le même paquet de papier, par terre dans le salon. Qu'est-ce qu'il fout là ce paquet ? Je finis par croire qu'il a des pattes ou des roulettes, il se déplace seul ma parole !
Et là, Nanette éclate de rire et m'affirme que c'est moi qui le lui ai lancé tout à l'heure !! Soutenue par Zazoune, qui semble trouver la situation très drôle.

Elles n'ont pas vu la panique qui m'a envahie. Je me suis réfugiée sous la douche pour ne pas hurler.

Alors quoi, c'est donc vrai ? Je fais des choses et je ne m'en souviens absolument plus après ? Pire : je colle par-dessus des souvenirs authentiquement faux ? Au détail près ? Pendant plus d'une heure, j'ai revécu mon trajet vers le frigo, ma phrase, mes gestes, la conversation au-dessus de l'évier... Une fois, cent fois, ballet infernal, intolérable.

Ma fille a rajouté : "Maman, on est DEUX à t'avoir vue !" Qu'est-ce que je donnerais pour qu'elles me fassent une blague...

dimanche 15 août 2010

De retour

2.700 kilomètres.
En 6 jours.
Et en changeant de programme à peu près tous les jours.
Plusieurs fois par jour.
Les vacances.
C'était cool.

Bon, vous allez devoir bosser un peu, si vous voulez tout savoir.
Je remonte jusqu'au jeudi 5 août, Carcassonne.
Et puis vous aurez samedi 7 à la fête foraine ; dimanche 8, le départ ; et les jours suivants, par étapes. Jusqu'au retour, vendredi soir.

Au boulot.

mercredi 11 août 2010

Danse avec les robots

15 minutes d'attente.
On sort tout juste de la Crêpe Volante, où les menus ont été engloutis plutôt rapidement, eu égard à la taille de chaque (grande) assiette.
Est-ce vraiment raisonnable d'aller se faire secouer l'estomac et le reste, si vite après le repas ? On pourrait légitimement se poser la question.
Mais il y a toujours 50 minutes d'attente annoncées pour Arthur et les MiniMachins.
Donc Robots.

Dans la file d'attente, les groupes se forment. " Pas question de faire le niveau 3 ! T'es folle ou quoi ? On vient de manger !" Allez... Ju-la-Méchante (au fait je n'ai toujours pas expliqué d'où lui vient son surnom...) aura beau faire les yeux doux, elle se fera le niveau 3 avec mon fiston : Zazoune et moi, on se cramponne à notre niveau 2, celui pour les + d'1,40m. Hum.

Ça hurle, les spots maléfiques scintillent à fond sur la Bamba ou Mon Amant de Saint-Jean. Limite ça me flanquerait mal à la tête ce truc, limite... Mais bon, il y a plein de gamins d'1,20m qui font la queue aussi, ça la ficherait mal de faire demi-tour sous leurs yeux... Courage.

On y est presque. Sous nos yeux, une blonde planquée sous sa mèche raide se fait décalquer son air bovin en quelques centièmes de secondes : son cri n'a pas le temps de la suivre, elle zig-zague dans tous les sens, ses jambes prêtes à se casser en deux à chaque demi-tour brutal de la machine, et sa copine brune n'a pas l'air plus enthousiaste. On dirait qu'elles les ont vu passer, les 2 minutes d'attraction ! Elles descendent en puzzle, tremblantes, et finalement, je me demande si je ne vais pas le faire, ce demi-tour... vers la sortie.

Allez quoi, 2 minutes, c'est rien, j'ai fait bien pire quand j'étais plus jeune ! Zou ! On y va. Tout le barda qui pourrait tomber : hop ! dans le sac, et le sac, hop ! dans le casier. Respire. Ditou et Ju sont sur la plate-forme d'à côté, ils se marrent comme des baleines, pas nous. On se regarde, Zoune et moi : "Mais qu'est-ce qu'on fout là ? Mais pourquoi on a dit oui ?"

Le manipulateur s'approche, nous lance : "Quel niveau ? - Niveau 2... " Stupéfaites, on se regarde, mais... mais... pourquoi on n'a pas dit niveau 1 ? Après tout, qui l'aurait su ? Misère ! Pas le temps de regretter : le harnais descend, se plaque sur nos cuisses, aïe, j'ai le bide écrasé ! A peine possible de tourner la tête vers ma pauvre voisine d'infortune, coincée elle aussi. A peine le temps de gémir une nouvelle fois sur notre sort, et c'est parti.

Premières secondes, ça va, bon ça secoue un peu, c'est un peu brutal, mais c'est un robot, en même temps, personne n'a parlé d'une douce balade à dos de Bisounours.
20 secondes : je commence à crier. C'est vrai quoi, tu pourrais faire un peu attention quand tu tournes, quand même, ho, chuis pas en fer moi ! R2D2 de mes bottes !
45 secondes, allez, je me suis habituée aux virages surprenants, aux demi-tours à l'arrache, aux flashes aveuglants. J'arrive même à entendre Khaled chanter son Didi, même si la chorégraphie ne suit pas du tout le rythme. Zazoune rigole elle aussi à côté, finalement ce n'est pas si terrible que ça.
1 minute. D'un coup d'un seul, ma tête est à l'envers. Sensation bizarre : pas le reste de mon corps ! Ah non voilà mon cou qui se retourne à son tour. Seul. Mais pourquoi mes pieds sont-ils à l'horizontale, près de ma joue ? Argh ! qui c'est qui tire la corde là-bas ? Mon torse est projeté vers l'avant, pendant que mes jambes se cassent vers le ciel, et que ma tête... voyons, où est ma tête au juste ? Ah je la vois, elle a roulé par terre tout en bas, quand le bras articulé de 7 mètres s'est pris tout à coup pour un marteau géant, et a cherché à planter nos corps tout raides tendus droits dans le sol.
Je - ne - suis - pas - un - clou. S'il te plaît Monsieur Wall-E, tu peux me descendre maintenant ? Ça fait 2 minutes là maintenant, non ? Non ? Encore 30 secondes ? T'es sûr ? Non parce que là, tu sais quoi, je ne tiens pas 2 secondes de plus, regarde, je fonds, je me liquéfie, je glisse et me répands sur le sol, fais gaffe tu vas glisser... rrllrrrrrglllrl...

2 minutes. 120 secondes. Voilà. Je rassemble les différents morceaux de mon corps, et mes organes qui sont partis se balader dehors. Je ramasse mon sac, et fourre en vrac toutes mes vertèbres dedans. C'est fini. On sort à l'air libre. 12.000 centièmes de seconde. C'est long. Paraît que j'ai hurlé non-stop à la fin. Rien entendu.
Au moins, je n'ai pas vomi mes crêpes.

mardi 10 août 2010

Arcachon

Grignotte regarde Winnie et Mickey.
Les premiers embouteillages.

Partis de l'hôtel ce matin à 9h30, petit détour par Auchan pour acheter un lecteur de DVD... qui ne marche pas ! Le capot au-dessus du disque a un défaut de fabrication, l'appareil le signale OPEN et ne lit pas, pas question de passer des heures le doigt dessus pour le tenir fermé. Demi-tour donc sur le parking, queue à l'accueil, re-queue au rayon, et un vendeur en pré-retraite qui ne comprend rien à rien et nous refourgue un nouvel appareil ("Mais on en a vendu 58 et vous êtes les premiers à nous le rapporter !") dont la batterie est complètement déchargée. On laisse tomber, on le changera de retour à la maison, la garantie est nationale, et il est déjà presque 11h.

Du coup, le périph bordelais est surchargé, et l'autoroute vers Arcachon bouchée : on arrive au parc de la Coccinelle à midi et demi. Maxoune est grognon, fatigué, affamé, et les attractions promises ne sont pas au rendez-vous, beaucoup sont réservées aux plus de 3 ans. Déception.
Heureusement, les tout-petits bébés cochons sont trop mignons, et ce manège où le bateau de chaque enfant file le long d'un circuit d'eau, trop chouette !

14h, autoroute, ça bouchonne toujours mais en face cette fois. Derrière ça ronfle, devant la Nanette meurt de faim. On s'arrête au McDo parce que j'ai peur qu'elle ne finisse par me bouffer une main... Clim, 280, banquettes en cuir : je ferais bien une 'tite sieste moi. Poitiers semble si loin !

Rendez-vous sur le parking du Futuroscope : autant prendre les billets pour demain de suite, ça nous évitera la queue. Pfff... mauvaise idée, si j'avais su........

lundi 9 août 2010

Birthday

Le petit poisson d'avril a bien grandi, mais c'est son frère qui fête ses 13 ans aujourd'hui.

Timing serré : Grand Chef rentre manger à midi pétantes, dort un peu à 13h, heure où nous comptons repartir.
Il est 11h30, juste avant de partir chercher les steacks pour midi, ma soeur ouvre une boîte de fondant au chocolat, remue deux-trois ingrédients, enfourne le tout. Dix-huit minutes, qu'y disent sur la boîte : juste le temps de faire les courses non ?
Ça sonne : c'est pas cuit. On remet 8 minutes. Pas cuit. Allez, pas de chichis, 10 minutes de plus.
"Viens voir..." la pâte englue le couteau, "...t'appelles ça fondant ou pas cuit ?" Fou-rire. Un dernier passage au four de 5 minutes, et le gâteau s'en va refroidir sur la table du jardin.

Et donc, après plus de quarante minutes de cuisson, quand on le découpe un peu après 13h..... ben.... disons que c'est un fondant qui fond vraiment... beaucoup.... !!!
Cela dit, il était quand même très bon !

samedi 7 août 2010

Ratatouille

Pas très loin de chez nous, on a une fête foraine fixe qui ouvre début juillet, pour fermer mi-septembre. On y a traîné des heures et des heures, depuis 10 ans qu'on est là.
Ça ouvre à 20h, il y a régulièrement des feux d'artifice, et l'ambiance est chouette. Maxence adore les lumières, la musique, les gens qui déambulent, il drague toutes les poussettes qui passent, et tape même dans les "grandes" de 8 ou 10 ans.

Au début, je n'avais ni permis, ni voiture. Le premier été où ma soeur est venue me rendre visite, on a donc programmé une "Soirée EuroPark", entassés à 7 dans sa Mazda.
Condition incontournable pour avoir le droit d'y aller : manger la ratatouille qu'elle avait préparée ! Quand on sait que seules elle et moi aimons ça...
Depuis, chaque fois (oui, CHAQUE fois !) qu'on y va, immanquablement on demande : "hé ! Tu as fini ta ratatouille ??"

Ce samedi, l'objectif était : tester la Machine à Danser. Les demoiselles (Zazoune et sa copine Ju-la-méchante) s'installent, virent les tongs, glissent leur pièce, et c'est parti. Premier essai, éliminées direct, hum. Deuxième essai, elles ont compris, et décrochent deux parties gratuites. Cool !

On déambule, on s'arrête devant les trampolines, l'Adrénalyn, les Bulles d'eau : la prochaine fois, on essaie (ce sont des bulles en plastique gonflées d'air, on se glisse dedans et on avance sur l'eau)

Mais le grand moment a été la chasse au Mickey. Les vitrines avec des pinces, vous connaissez, où il faut attraper des peluches. Franchement stressant, quand Mickey en peignoir s'élève, se rapproche du trou, ... et glisse entre les crochets ! Même le petit poussait des cris de désespoir. Génial !

Retour dans la nuit noire, en chantant et en scrutant le ciel puisque c'est la Nuit des Étoiles filantes. C'est beau comme au planétarium. Chouette !

Il est minuit. On devait se coucher tôt, pour partir tôt demain. Soupir.
"C'était une bonne soirée, hein ?"
Oh oui !

jeudi 5 août 2010

Concert à Carcassonne


3 mois qu'elle a pris les billets.

Elle a attaqué le compte à rebours sur son Twitter et sa page FaceBook.
Elle a offert une place à sa meilleure amie, pour son anniversaire.
Et elle a même commandé une tenue spéciale aux 3 Suisses, "derniers jours de soldes monstres".

Jeudi matin.
Elle n'a presque pas dormi, a du mal à émerger quand je la réveille à 8h.
45 minutes de trajet par l'autoroute, le concert débute à 21h30 mais elle veut être aux premières loges, donc nous partirons à midi.
Ou plutôt 13 heures : finalement sa soeur nous accompagne, avec Mister Monster, forcément ça chamboule l'intendance.

Trois quarts d'heure de route, 40 minutes pour trouver une place : cherchez l'erreur... Il fait chaud, on embarque le sac du McDrive, j'ai faim, et surtout soif. Mais elle est trop excitée pour manger, elle nous presse, se fâche parce qu'on vérifie qu'on a bien tout emporté dans la poussette.
J'ai le temps de faire 100m avant de dire : "Tu as pris tes billets hein ?"

...

Damned.
J'ai chaud, ta race.

mardi 3 août 2010

Et demain ?

Chaque nuit, je me couche (tard...) en me répétant la liste de ce que je ferai le lendemain.
Chaque matin, je me réveille (tôt...) pleine de bonne volonté.
Et les heures s'écoulent.
Pas de coups de téléphone.
Pas de courrier.
Un minimum de cuisine.
Un soupçon de rangement.
Une ombre d'activité.
Une illusion.
Du rien.

Il y a pourtant une foule d'urgences qui deviennent chaque jour un peu plus urgentes. Modifier le contrat EDF avant d'être coupé, voir le toubib pour régulariser la prolongation actuelle, écrire pour redire ce que je fais le 5 octobre prochain, commencer le traitement, déposer la voiture pour la vidange, nettoyer le frigo, laver les oreillers, retourner à la MGEN...

J'allume l'ordi, lis mes messages, checke mes blogs préférés, vérifie sur FaceBook que mes enfants sont encore en vie. Et puis je joue. L'année dernière c'était Tout Le Monde Veut Prendre Sa Place. Cette année c'est MonLégionnaire. 3 questionnaires gratuits tous les jours, et si je me débrouille bien, j'en gagne d'autres. Mais surtout, il y a : le Momentum.
Rhhââaah. Une course en réseau, en temps réel. 12 questions, tu réponds t'avances plus vite, tu te plantes tu tombes carrément par terre, tu réponds pas tu fais du surplace, et les autres te dépassent. Aaargh ! Si tu te places premier ou deuxième, hop ! une course gratuite !
Je peux y passer plusieurs heures. Je râle quand je tombe, je gueule quand l'autre abruti me double d'une semelle, je crie quand je gagne. Je dis : "Attends, je cours !" quand mes gamins me parlent. Et ils soupirent.

Le soir arrive.
Je me couche.
Et je répète : "Demain, il faut ab-so-lu-ment que j'aille à..."

lundi 2 août 2010

Plein été

"Bon, on va se promener ?"
Oui mais il pleut...
Pas grave.
Les éclairs roses, dans le ciel plombé par le soir qui tombe, c'est beau.
Ça fait un peu peur, aussi.
"On n'a qu'à aller au Cap d'Agde..."
Le port noyé sous les grosses gouttes.
Une crêpe bien chaude, délicieuse.
Et le petit bonhomme, tout juste revenu de chez son père, est tellement sage, tellement beau !
Il faut rentrer.
Plus d'embouteillage, voilà déjà la maison.
Presque trop vite.
Premier jour d'août.
Entre espoir et nostalgie, une journée en pointillés.
Doucement.
Retrouver l'envie d'y croire.
Et se coucher.

vendredi 30 juillet 2010

Y voir clair

J'inaugure ce matin une nouvelle catégorie. Je vais essayer de décrire ce que je ressens parfois, en utilisant volontairement des images, des comparaisons, pour tenter de faire partager cette folie qui me ravage lentement.

Je commence par le plus fréquent. J'ai l'impression d'utiliser la vie de quelqu'un d'autre. Je suis face à un tableau de commandes dont je n'utilise pas la moitié, parce que je ne sais pas à quoi servent tous ces boutons. Je fais illusion, plus ou moins bien, dans mes différentes manoeuvres, mais en réalité ce n'est pas mon véhicule, et je ne sais pas tout faire marcher.
Ce qui m'apporte, évidemment, un énorme sentiment de culpabilité : je ne suis qu'un escroc, planquée derrière mon écran de contrôle. Personne ne se rend vraiment compte de ma nullité, et j'avance, tant bien que mal, à l'abri dans ce personnage qui n'est pas moi.
De plus en plus, je ressens l'urgence de rendre cette vie, de retrouver celui ou celle qui aurait dû être à ma place, pour lui dire : "Tiens, j'ai déconné, je l'ai vraiment abîmée, essaie de la faire réparer... si tu peux..."
D'autres fois, me prend l'envie frénétique de claquer la portière, de m'enfuir en abandonnant ce gros machin inutile et encombrant, de courir loin, le plus loin possible de cette carcasse.
Comme une de ces "voitures de l'an 2000" qu'on imaginait glissant sur des rails, je suis prisonnière d'une trajectoire que je n'ai pas vraiment choisie.

mercredi 28 juillet 2010

A l'attention d'un mauvais perdant (qui se reconnaîtra)

Tu peux bien t'en prendre au monde entier, renverser le plateau de jeu, accuser les autres d'avoir triché, tu peux pleurer, te replier sur toi-même, et te plaindre à longueur de temps, il n'en reste pas moins que tu as perdu la partie.
Tu avais de très bonnes cartes en main, tu aurais pu l'emporter, et triompher, comme d'habitude, écrasant de ta suffisance tes pauvres adversaires.
Mais tu as joué comme un crétin, parfois sans réfléchir une seconde, d'autres fois élaborant des stratégies fumeuses et tarabiscotées, qui ne brillaient que pour toi.
C'est fini pour cette fois-ci, les comptes sont faits, les jetons sont rangés, ta poche est vide, et tu cries vengeance.
Je n'ai pas de conseil à te donner : j'ai moi-même perdu très souvent à ce petit jeu-là. Je voudrais juste te mettre en garde : si par hasard, tu étais invité bientôt à une nouvelle partie, prends ton temps avant d'accepter. Laisse tomber les calculs, savoure le plaisir d'être simplement assis, en compagnie de tes amis, et qu'importe de perdre... Souris.

mardi 27 juillet 2010

1.000 bornes

Trois jours.
C'est le temps qu'il m'a fallu pour envisager de pouvoir mettre par écrit ce voyage infernal.
Je suis rentrée jeudi. J'ai dû m'y reprendre 3 fois pour terminer.

Je passe sur la fin de mon séjour chez la mère de Sophie, j'aurai sûrement l'occasion d'en reparler. Sautons directement à jeudi matin, 2h26, je me réveille. Mon sac est déjà dans la voiture, le plein est fait, les filles m'attendent à la maison.
J'ai recopié l'itinéraire de retour, parce qu'il me manque presque 50 euros pour prendre l'autoroute tout du long comme à l'aller : 25 que je préfère garder pour l'essence, au cas où, et 20 qui ont "disparu"... Je prévois donc de passer par la nationale, ça devrait me rajouter deux heures de route mais bon, rien d'insupportable.

3h du matin, je démarre, il pleut. Pas cool, depuis que Maxence a cassé la manette des essuie-glaces, je galère à les lancer.
Et voilà un rond-point tout à coup qui surgit de nulle part dans le noir, je freine et dérape, j'embrasse la bordure du terre-plein. Aucun panneau, pas de lumières... je râle, lâche : "Ça commence bien !!" Prémonition ?

Autoroute en version gratuite, il pleut de plus en plus, j'ai 25 euros devant moi "au cas où", je décide de les utiliser pour aller jusqu'à Dijon. J'ai mis mon sac sur le siège passager, et pour me tenir compagnie je lui parle comme à un auto-stoppeur. On roule à 100 à peine, la pluie tombe maintenant en rideau, heureusement il n'y a presque pas de camions à dépasser. Je suis étonnée par le nombre de voitures qui roulent à cette heure, souvent vite... La région est truffée de radars, et les coups de frein devant moi sont réguliers : je me concentre. Du coup, ça fait à peine 2h que je roule, et la fatigue est déjà là. Je m'arrête pour dormir, quelques km avant la sortie : il est 5h45.

7h : des hollandais se disputent juste devant mon capot, ça me réveille brutalement, de mauvaise humeur. Il pleut toujours aussi fort, du coup je repars de suite. Péage, il y a de plus en plus de voitures, petit embouteillage. Douze euros cinquante. Je me plains à mon sac.
Première nationale. La route des vins, ce serait plutôt sympa sans cette pluie qui commence à me taper sur les nerfs, et les traversées de villages à 50 km/h. En réalité, avec les feux et les piétons qui traversent en permanence devant moi (je me bagarre toujours avec mes idées parano...) je ne dépasse pas 35 km/h.
Tout à coup, un abruti sort d'un parking et fonce sur ma portière droite, je l'évite de très peu. Il me faudra plusieurs minutes pour retrouver mon calme, Monsieur Sac n'avait pas sa ceinture, il commence à descendre sous la boîte à gants.

Les villages défilent, le compteur s'enroule autour de ses kilomètres, Beaune, 22.625, Châlon, 666, Tournus, 685, Mâcon, 717... Il est plus de 9h, et je n'ai même pas fait 100 bornes, misère ! Je dois faire le plein, et pipi aussi. Villefranche enfin, je sors, m'arrête au premier centre commercial. Il est onze heures moins le quart. Avec l'autoroute, je serais sans doute déjà en Languedoc. Mon sac me conseille de penser à autre chose. Oui, depuis quelques dizaines de km, il s'est mis à me répondre.
30 euros de gazole, toilettes, un petit tour à Auchan pour acheter de quoi manger, parce que finalement, j'ai peur de ne pas être à la maison pour déjeuner. Hum. Heureusement, il y a le rayon discount : 2 gâteaux industriels, 3 bonbons, et une bouteille de Yop plus tard, il me reste 84 centimes en tout et pour tout. Pas de cabine téléphonique pour appeler mes filles, je reprends la route en serrant les dents.

11h et demie, nouvel arrêt : "Oui, je suis sur la route, ben c'est un peu dur mais ne t'en fais pas, je suis à 80 bornes de Lyon, j'arrive d'ici 4 ou 5 h je pense, oui oui, ça va, t'en fais pas, vraiment... Dis, tu crois que Kathy à Montpellier pourrait me prêter 10 eur..." Ça a coupé. Je rappelle, c'est le répondeur. Tant pis. Il faut que je me concentre : ne pas louper l'A46, gratuite, qui me fera contourner Lyon, jusqu'à Vienne.
Évidemment, je me perds, me retrouve en centre-ville, avec des directions qui auraient aussi bien pu être rédigées en russe ou en chinois... Après une demi-heure de colère noire, de demi-tours, de feux, de stops et de crises de nerfs, je m'engouffre sur l'autoroute vers Marseille, tant pis si elle est payante, j'ai juste envie de hurler que JE M'EN FOUUUUS !
Tunnel de Fourvière. Embouteillage. Automobilistes apparemment lobotomisés qui déboulent de partout, coupent ma voie, me collent aux fesses, klaxonnent, disparaissent... Je serre les dents. Péage de Vienne, "section à péage", je dois sortir. Je pleure doucement, m'engage dans le premier rond-point.

De longues parties à 2 voies, pour dépasser, et puis ces traversées désespérantes à 30km/h. Le soleil est de plus en plus chaud maintenant, je regretterais presque la pluie. Et la litanie reprend, 22.828, Valence, 22.900. Un camion polonais joue au con devant moi, il accélère en zigzaguant sur les double-voies, et roule à 30 quand la ligne continue me bloque derrière lui. Ça dure depuis une bonne cinquantaine de km, quand j'arrive enfin à le feinter, sur des zébras. Ouf ! Je n'en pouvais plus, de son petit manège.
Village suivant, panneau de limitation, je rétrograde, ralentis, jette un oeil au rétro... Mais ?! Qu'est-ce qu'il fout cet abruti ?
Je n'arriverai pas à raconter en étant spirituelle, ou agréable à lire. Je tremble encore quand j'y pense. Ce crétin m'a tout simplement poussée, sur une bonne centaine de mètres, avant que j'arrive à me dégager en accélérant à fond pour me réfugier sur le trottoir. Il a traversé le village à fond de train, des gens se sont lancés à sa poursuite mais ils sont revenus, disant qu'il les avait menacés avec une barre de fer, à son volant. D'autres ont prévenu les gendarmes, qui ont débarqué très vite, enfin je crois, j'étais dans une sorte de stupeur où je ne savais plus vraiment ce qui se passait autour de moi.

C'était un camion polonais, il paraît que porter plainte n'aurait pas servi à grand-chose. Je suis donc repartie. Jusqu'à Montélimar, quelques dizaines de km plus loin, j'ai répété en boucle à Monsieur Sac : "ne pas passer par Orange ni Avignon, ça fait un détour, ne pas passer par..." Des ronds-points, des feux, des zones commerciales, des feux, il me semblait ne plus voir que ça, ça me donnait envie de vomir. Panneaux verts, Orange Avignon Nîmes, panneaux, feux, ronds-points, Orange Avignon Nîmes... Le soleil, les panneaux, les ronds-points, "ne pas passer par Orange ni Avignon", et ces camions que je ne voyais plus, que je ne voulais plus voir, terrorisée, je roulais à des km derrière pour ne pas les doubler.
Des gendarmes ont fini par m'arrêter. Contrôle des papiers, ça va Madame, oui oui, j'ai eu... un petit ennui... vers Valence... Je pleure, encore, j'essaie d'expliquer malgré tout. J'aperçois le plus jeune qui s'éloigne, parle à sa radio. Il revient, pose sa main sur mon épaule et j'ai juste envie de le mordre furieusement, NE ME TOUCHE PAS ! "Vous devriez peut-être appeler quelqu'un, pour venir vous chercher.. Vous n'êtes peut-être pas en état de rouler..." Merci mais je veux juste rentrer chez moi. Vite. S'il vous plaît.
Et je repars. Il doit être 15h environ, je suis une voiture avec un beau jeune homme qui me fait des clins d'oeil dans son rétro extérieur. 84, Vaucluse, ah non mon petit, je ne veux pas aller à Avignon, ni à Orange... Tout à coup, dans le rond-point, il tourne encore, revient sur ses pas. Surprise, abrutie de fatigue, je fais pareil, mais le laisse partir tout seul. Que se passe-t-il ? Sur les panneaux, on ne lit plus que "Orange" maintenant, plus de Nîmes. Encore 15 km pour m'en convaincre, Mondragon, et je fais demi-tour moi aussi, jusqu'à La Palud. Un coup d'oeil à la jauge, ça commence à bien faire ces histoires, il ne me reste plus qu'un tiers de réservoir, pourvu que je ne me perde plus... A la Maison des Régions, le plan sommaire me renvoie sur Pont-Saint-Esprit, à droite.
Revoilà la pluie, revoilà mes larmes, je me mets à hurler, toute seule avec mon sac, je me cogne la tête sur la portière, espérant me réveiller, c'est un cauchemar, je ne suis pas encore partie en fait, si je me cogne assez fort sur le radiateur près de mon lit je vais me réveiller !! Je vais finir par me réveiller...

J'ai échangé les camions contre les touristes, une file désespérante qui serpente sous les platanes à 40km/h... Au loin, devant, une estafette de la gendarmerie tourne le remake des Louis de Funès, elle coince tout le monde à une allure d'escargot, et je continue à hurler ma rage par les vitres grandes ouvertes. Bagnols-sur Cèze, la ville entière est en travaux. Tresques, Connaux, ah oui, c'est exactement ça, tous des CONNEAUX !! Pouzilhac, le joli château me calme un peu, allez, je reviendrai le visiter avec les enfants, allez, ça va aller ... Regarde, Monsieur Sac, Remoulins, le Pont-du-Gard, on arrive, on y est presque, regarde Monsieur, il y a même marqué Montpellier !

Nîmes. Il est presque 17h. Je me perds, encore, manque traverser le centre-ville, retrouve de justesse les boulevards extérieurs, vers le sud. Zones commerciales, des feux. Une dame frisée s'immobilise à mon niveau, côté passager, me fait signe de baisser la vitre. Son fils est presque sorti par sa vitre, il crie : "Madame ! Eh ! Madame !" en gesticulant. Je ne comprends rien. Enfin, me montrant mon pneu arrière, elle me dit qu'il est crevé. Bravo. La totale. Je n'ai pas de roue de secours.

2 km plus loin, Massa Pneus, sur le côté. Je me gare sur le parking. Je suis incapable de descendre de cette voiture. Monsieur Sac me prend dans ses bras, me tape sur l'épaule, me murmure que ça va aller. Je descends enfin, et suis prise de tremblements. 14 heures que je suis au volant. Je ne sais pas comment j'ai pu aller jusqu'à l'accueil.
"Bonjour Madame, j'ai un problème, j'ai crevé un pneu, je n'ai pas d'argent, est-ce que je peux vous laisser ma pièce d'identité en caution et revenir vous payer demain ?" Elle repêche chacun de mes mots dans le flot de larmes qui les accompagne, les assemble, hésite. Refuse.
Un peu plus loin, Feu Vert. "Bonjour Madame, j'ai un problème, j'ai crevé un pneu, je n'ai pas d'argent, est-ce que je peux ..." Mes larmes la noient, elle y oppose au plus vite un barrage épais : "Il vous faut voir ça avec Samuel !" J'avance comme une automate vers l'atelier, ressors mon discours. Il réfléchit, et me demande : "Vous avez roulé dessus, le pneu crevé ?" Ah non je me suis trompée, il ne réfléchissait pas, apparemment... Je me retiens de répondre : "Non non, j'ai pris la voiture sous mon bras, bien sûr..." Il rajoute : "Il va falloir changer les 2 pneus vous savez..." Oui, je sais que tu vas profiter de la situation, c'est juste pour ça que je ne vais jamais chez Feu Vert, d'habitude... "Et j'espère que vous n'êtes pas pressée, parce que je ne peux pas vous faire ça avant 19h !"

Je gare la voiture devant l'atelier, leur donne les clés, rappelle les filles, qui sont catastrophées au bout du fil, et veulent me rejoindre. Puis je me réfugie dans les toilettes du Carrefour d'à côté, évacue 10 litres au moins, en bois autant au robinet. Je m'assois dix minutes au milieu de la galerie, compte 6 caddies, et retourne devant l'atelier. La voiture est sur le pont, mais personne n'y travaille. Personne ne travaille nulle part d'ailleurs, ils partent tous les uns après les autres, et moi j'attends. Enfin, un apprenti s'approche, démonte et remonte les pneus en quelques minutes, descend la voiture. Je récupère les clés, rappelle les filles, et je m'enfuis, une facture de 80 euros danse devant mes yeux.

Lunel, Montpellier. Je galère encore pour retrouver le sud, savoure 14 km d'autoroute gratuite. Le soleil se couche, et bien sûr je le prends en pleine poire. Encore quelques voitures devant moi qui roulent à 70, je piaffe, double en faisant hurler mes vitesses. Fabrègues, Gigean, Fête de l'Âne dimanche, tiens, on pourrait y emmener le petit. Loupian, Mèze, mais bon sang, elle est où cette putain d'A75 ??! Nous ne sommes plus que deux sur la route, devant, un monospace qui semble aussi soulagé que moi d'être débarrassé de la mamie escargot de Montagnac.
Non. Je ferme les yeux, respire un grand coup. Il ralentit aux lignes continues, accélère aux zones de dépassement. Je sens la panique qui monte, pas maintenant, ne pas y repenser maintenant ! Et tout à coup, on tombe à 50km/h, puis 40... Je vais exploser ! L'autoroute est à deux ronds-points de là, je grimpe sur le premier pour dépasser le monospace, j'escalade le deuxième pour contourner la voiture sans permis, je m'engouffre sur l'autoroute, je me rends compte que je suis en train de hurler. Encore, encore, sans fin, je fonce à 130 km/h et je crie à me casser la voix. Neuf kilomètres. Je suis à neuf kilomètres de chez moi. Chez moi.

Il est 21h30 quand j'arrive. J'ai parcouru 1.000 kilomètres. En parlant à un sac.

samedi 17 juillet 2010

En vacances


J'habite avec deux gros chiens : un au chocolat, l'autre à la vanille. Le deuxième est très vieux, il claque des mâchoires pour attraper les mouches. Il croit toujours que j'en veux à Sophie et donc, pour la défendre, il m'attaque. Il m'aboie dessus, et limite il me croquerait, si jamais je ne comprenais pas que non, on ne lui parle pas sur ce ton !

Mais le premier, c'est pire. C'est mon cauchemar. Non seulement il me lèche et me bave dessus, comme l'autre, mais en plus il a l'arme nucléaire : il pète. A intervalles réguliers. Sous mon nez. Genre ces diffuseurs de désodorisants à détecteur de présence, mais lui il diffuse pas de la rose...
Quand je suis sur le canapé, calée dans l'angle, à comater devant la télé, il se couche juste en dessous de l'accoudoir, le postérieur à l'aplomb de mon nez. Et pssshit.

Et je ne parle pas des poils sur le pantalon, du bruit permanent de climatiseur position ON, du jouet baveux posé en offrande sur mes pieds, de la piscine autour de son seau pour boire, de ses rots et ronflements, et de son obstination à me suivre voire à me précéder partout où je veux aller. Non merci Brownie, t'es gentil mais je n'ai pas besoin que tu m'aides pour m'allonger sur le transat... C'est bon le chien, je n'ai pas trop peur aux toilettes, t'es pas obligé de m'y accompagner... Tu permets que je descende l'escalier ? je voudrais arriver en bas sans rien me casser, t'es sympa...

Ouais j'aime pas les chiens. Mais ça se voit tant que ça ?

lundi 12 juillet 2010

Laisse-moi partir

Sculpture de Frère François Martin

Cette nuit, je prends la route.
Ça fait des semaines que j'en rêve, et puis chaque fois j'ai une bonne raison de rester, encore.
Sophie va accoucher. Elle m'attend chez sa mère, pour que je la ramène chez elle, et qu'elle puisse mettre au monde sa petite fille, tranquillement, sans pression.
Je dois aller la voir depuis le mois d'avril, déjà.
Cette nuit, c'est le départ.
Mon sac n'est pas fait, bien sûr, mais le réservoir est plein de gazole, les niveaux ont été refaits, je suis passée à la banque retirer de quoi payer les péages. J'ai même acheté un kit triangle-gilet de sécurité. Et j'ai fait la sieste.
Les filles ont fait le plein au supermarché, et j'ai dit au revoir au p'tit bonhomme en le couchant ce soir : je ne le revois pas avant le 24 juillet.
Cette nuit, c'est l'autoroute sombre, les silhouettes de camion dans les phares, les vitres grandes ouvertes sur le vent caressant. Ce sont les chiffres du compteur qui défilent, les panneaux qui s'enchaînent, les lignes blanches qui me chantent leur chanson sans fin.
Mes idées s'imbriqueront les unes dans les autres, sans faille, sans trou noir, elles illumineront ma route, et j'avancerai comme libérée, au coeur d'un labyrinthe familier, dont les murs caresseront chacun de mes pas.
Cette nuit, je pars.

dimanche 11 juillet 2010

Scotchée

Ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé : ne pas lâcher un livre tant que je ne l'ai pas fini...
Cette semaine, on a traîné à France Loisirs sans trop savoir quoi prendre, rien de bien tentant. On se décide finalement pour L'impossible pardon (mon fils saura pourquoi), de R. S Meyers. J'attends ce matin pour l'ouvrir : le p'tit bonhomme n'est pas là, il est 7h40 et je n'arrive pas à me rendormir.
Ouch! C'est une claque dans la figure, et comme dit Stromae "quand tu crois qu'y en a plus y en a encore !"
Pas facile à résumer, l'histoire est racontée alternativement par deux soeurs, après le meurtre de leur mère par leur père ivre. Au passage, il a blessé grièvement la plus jeune. Au fil des années, on assiste au lent travail de sape de la culpabilité et du remords, sans issue envisageable.
Finement analysés et partagés, des états d'âme sans concession ; un regard féroce sur l'Autre ; un cri déchirant, permanent, qui hurle en silence tout au long des 446 pages : comment se construire sur l'absence ?
Comme d'hab, je vous mets mes extraits préférés.

"Quand maman m'a demandé de lui sauver la vie, je n'ai pas du tout été surprise. Dès ma première semaine à la maternelle, javais compris qu'elle n'était pas le genre de mère à porter des colliers de nouilles. En gros, maman me considérait comme une servante miniature.
Passe-moi un Pepsi, Lulu.
Sors le lait pour les céréales de ta soeur.
Va au magasin m'acheter un paquet de Winston.
Et puis un jour elle est montée d'un cran.
Ne laisse pas entrer papa dans l'appartement.[...]

Même avant son départ, papa n'était pas d'une très grande aide. Il avait ses propres problèmes. Mon père voulait des choses qu'il ne pouvait pas obtenir, et, par-dessus tout, il désirait ma mère. [...]

Jamais je ne m'étais doutée que les filles prendraient possession de moi à ce point, ni que la moindre de leurs chutes me laisserait des bosses.[...]

Essayer de garder des souvenirs de maman revenait à vouloir attraper la pluie."

dimanche 4 juillet 2010

Anniversaire


Ça fait quatre ans que nous avons emménagé ici.
Virés de la maison louée depuis 2000, parce que les proprios-héritiers voulaient faire une affaire juteuse avec un promoteur inconscient.
Résultat : le projet d'immeuble, 14 logements, 2 étages, 21 places de parking n'a jamais vu le jour, les 400.000 euros en jeu n'ont jamais été versés, et la mairie a interdit toute démolition, toute construction sur le terrain, déclaré instable.
La maison est toujours là, elle s'abîme, et moi je ricane.
Pour une fois que des vilains pas beaux se font choper...

jeudi 1 juillet 2010

Générations

Dans la mythologie grecque, Mégère ("la haine") est l'une des trois Erinyes, déesses chargées de punir les auteurs de crimes tout au long de leur vie jusqu’à les rendre fous. Ce sont des créatures hideuses, ayant des serpents pour cheveux, munies d’ailes et de fouets et dont le sang coule par les yeux. Le nom de Mégère est devenu un nom commun qui désigne une femme violente et agressive.


A ma grande

Ces temps-ci je suis la pire des Mégères. Je n'arrive pas à te transmettre sereinement ce que j'ai appris en vous élevant, et j'enrage de te voir commettre les mêmes erreurs que les miennes.
Bats-toi Nanette, défends-toi et n'oublie pas d'exister à part entière, tu n'es pas juste la maman de Maxence ! Il a besoin de ta force et de ton assurance. Tu en as à revendre, ne m'écoute surtout pas quand je m'acharne sur toi.
Tu as cette grande chance et cet immense malheur d'être mon aînée, celle qui a tout pris en premier. Et par toi me voilà à l'échelon supérieur : grand-mère, quel honneur, quelle difficulté !
Ne te laisse pas faire, ne me laisse pas te détruire : il ne faut pas que l'histoire se répète, je t'en prie protège-nous tous les trois, que ton enfant reçoive en héritage tout l'amour qui nous unit malgré tout.
Il faut que tu l'entendes : tu es ma fierté, ma première réussite, le premier combat que j'ai remporté. Tu portes en toi la force qui m'a ouvert la route, il y a longtemps. Je l'aperçois quelquefois dans les yeux de ton fils.
Ne laisse personne éteindre cette flamme.
Surtout pas moi.